Derrière les taux négatifs et la spoliation de l’épargne se cache un agenda social pourri.

En incidente l’article ci dessous aborde la question des rapports entre les banquiers centraux et les gouvernements.
Comme c’est une question centrale j’y reviens. Elle est importante pour la conduite des affaires.
« Bienvenue dans ce monde nouveau dans lequel nous ont plongé les gouvernements, via leur bras armé que sont les banques centrales. » écrit Nicolas Perrin. 
Nicolas ne traite pas cette question des rapports entre les gouvernements et les banquiers centraux mais sa formulation pourrait suggérer que les gouvernements détiennent le pouvoir et que les banquiers centraux exécutent leur agenda. 
Ce n’est pas ainsi que les choses se sont passées historiquement ni lors de la mise en place des banques centrales, ni dans celle  des banques centrales indépendantes. 
Les gouvernements sont dépensiers et donc faibles. La soi disant démocratie ne reflète pas la souveraineté populaire et dans tous les cas les peuples souverains, les sociétés civiles sont trahies par les politiciens  non pas au profit des banquiers mais au profit des élites politiques elles mêmes . Ce qui laisse intacte la question de savoir qui servent les politiciens bien sur. 
Ceux ci veulent rester en place et ils sont toujours à la fois au service des classes dominantes et en même temps démagogues. Elles distribuent et dépensent ce qu’elles n’ont pas le courage de prélever par l’impôt. Donc par veulerie , lâcheté, appétit du lucre  et médiocre volonté de puissance les politiciens  se mettent dans la position de dépendre, d’être les obligés des banquiers. Si la banque ou les marchés coupent les ressources, les gouvernements tombent. 
Attention , je fais de l’analyse abstraite, hegelienne. Ce que j’expose c’est une structure.
Ceci est un schéma théorique,  mais il a été parfaitement vérifié par l’histoire réelle, concrète, celle qui n’est pas un narrative à usage publicitaire.
Il faut par exemple lire l’histoire des USA avec les mises en garde des pères fondateurs et celle de la France. 
Un auteur comme Toussenel l’explique de façon magistrale et très documentée. Drumont aussi l’explique bien, mais il dérape sur l’antisémitisme car il confond le pouvoir du fétiche qu’est  l’argent avec ceux qui souvent exercent ce pouvoir.
Les fermiers généraux, les banquiers ont pris le vrai pouvoir et ils ont maté, ils ont compromis les gouvernements. Les gouvernements sont structurellement en situation de dépendance. On l’a vu bien sur en Europe en 2012 et 2013. 
Dans les années 20 et 30,  les penseurs réunis dans la société du Mont Pélerin ont voulu protéger la propriété contre les visées/atteintes  confiscatoires des « démocraties et autres régimes autoritaires démagogues », ils ont developpé un ensemble cohérent de philosophie sociale, économique, monétaire, dans le but de protéger la propriété et les libertés individuelles contre les états.
L’idée étant qu’il n’y a pas de liberté individuelle sans défense de la propriété et sans développement de marchés libres ou s’expriment les préférences des individus. Cela donné naissance à ce qu’on peut appeler la pensée Autrichienne.
Dans cette réflexion ils ont considéré que la multiplication des autorités internationales, non nationales au dessus des états pouvaient protéger la propriété  et garantir les libertés. 
L’existence de banques centrales indépendantes, orthodoxes, à monnaie saine  faisait partie des recommandations mais avec l’idée que la monnaie ne devait pas être un monopôle, les monnaies devaient  être concurrentes. Ce qui devaient obliger  à la discipline. 
Tout cela est bien sur théorique car le pouvoir de l’argent est tel que qu’une kleptocratie/ ploutocratie s’est développée qui a, non seulement pris le contrôle des banques centrales mais également des gouvernements pour déboucher sur une nouvelle forme de capitalisme qui n’en est plus un et qui est le capitalisme  financialisé dans lequel les ploutocrates et les politiciens vivent symbiotiquement. A un tel point que l’on ne sait plus qui commande et qui obéit.
On ne sait plus qui est le bras armé de l’autre.  C’est ce système pourri que je désigne sous le nom de « capitalisme financialisé monopolistique crony d’état et de banque centrale réunis »! 
L’indépendance des banques centrales n’est qu’une façade, qui sert à les protéger des exigences des peuples, cette indépendance les met à  l’abri des pressions populaires mais elle n’est que formelle car ces banques centrales sont au service d’intérêts particuliers, tout comme les gouvernements le sont eux même.  
Je vous passe pour ce jour le combat entre les sous-classes dominantes, les unes sont nationales les autres internationales ou globales quand elles défendent l’idée d’un Nouvel Ordre Mondial placé sous la coupe de la finance et de ses institutions mondialistes non élues.
Rédigé par 
Nicolas Perrin
 16 décembre 2019

Les taux négatifs sont absolument contre nature – et ils ne nuisent pas uniquement à votre épargne. C’est la société tout entière qui en pâtit.

Dans notre précédent article, nous avons rappelé trois évidences :

– pour les épargnants, des taux d’intérêt plus bas impliquent de faire plus d’économies pour maintenir ses revenus futurs ;

– la politique de la BCE ne fonctionne pas : toutes ses tentatives pour relancer la croissance économique et de créer de l’inflation en Zone euro se sont soldées par un échec ;

– cette absence de transmission de la liquidité à l’économie s’explique par le fait que les banques estiment qu’une augmentation des prêts aux ménages et aux entreprises présente un risque trop élevé. Elles préfèrent perdre un peu d’argent en déposant leurs réserves excédentaires à la BCE à -0,5%.

Aujourd’hui, j’aimerais rappeler une quatrième évidence : les taux négatifs n’auraient jamais dû exister.

Les taux d’intérêt négatifs, cette anomalie historique

L’arrivée des taux négatifs n’a été anticipée par personne car ils sont contraires à tout ce que nous enseigne l’histoire financière.

Le 2 août, Bruno Bertez rappelait ceci :

« Les taux négatifs sont le meilleur baromètre du dérèglement du système et de son dysfonctionnement. Le dérèglement est en train de s’accroître sans espoir de retour. »

 « Bienvenue dans un monde où je m’enrichis en empruntant et je m’appauvris en épargnant, où le feu ne brûle plus et l’eau ne mouille plus », écrivait de son côté Philippe Alezard sur Contrepoints le 27 septembre :

« L’épargne ne rapporte plus et la dette ne coûte plus. Le risque et le temps ne sont plus rémunérés. Mon banquier va me payer pour que j’emprunte et en contrepartie va taxer l’argent en dépôt sur mon compte. Bienvenue dans le monde des taux d’intérêt négatifs. […] C’est le cercle infernal : plus les taux baissent, plus le stock de dette s’accroît, plus la charge de la dette diminue et plus le déficit budgétaire augmente. »

Bienvenue dans ce monde nouveau dans lequel nous ont plongé les gouvernements, via leur bras armé que sont les banques centrales.

En prenant encore un peu de recul, on peut même considérer que les taux négatifs sont en quelque sorte la fin de notre civilisation.

Voici ce qu’en disait Jeff Deist, du Mises Institute, le 18 septembre dernier :

« Les taux d’intérêt négatifs sont le prix que nous payons pour les banques centrales. La destruction du capital, économique ou autre, est contraire à toute impulsion humaine. La civilisation nécessite une accumulation et une production ; la dé-civilisation se produit lorsque trop de gens dans une société empruntent, dépensent et consomment plus qu’ils ne produisent. Aucune société de l’histoire de l’humanité n’a précédemment eu l’idée de taux d’intérêt négatifs. Par conséquent, à l’instar des banquiers centraux, nous sommes tous en territoire inconnu. »

Les dirigeants banques centrales seront les boucs-émissaires de notre ruine, alors qu’ils ne sont que les supplétifs des gouvernements

Les récentes dissensions au sein du directoire de la BCE attestent du fait que les autorités publiques sont conscientes des risques que font encourir les taux négatifs à nos sociétés.

Les autorités publiques se gardent bien de le dire, mais elles savent pertinemment que si seuls les critères économiques avaient été pris en compte, la Zone euro n’aurait jamais dû exister.

Le problème, c’est qu’il n’est désormais plus possible de faire machine arrière, et que les dirigeants de la BCE et leurs camarades de jeu feront sans doute mauvaise figure dans les livres d’Histoire, comme l’expliquait Natixis le 16 octobre.

Voici comment la banque résumait la situation :

« Le passage pratiquement général dans les pays de l’OCDE à des taux d’intérêt nuls, et probablement durablement, va très probablement conduire à des déséquilibres majeurs. Dans 5 ans, 10 ans, l’observation de ces déséquilibres conduira à une critique sévère des politiques monétaires menées aujourd’hui.

Ces déséquilibres financiers peuvent être :  

– la ‘ruine’ des épargnants et futurs retraités ;

– la ‘ruine’ de l’assurance-vie ;

– les bulles sur les prix des actifs ;

– la perte de productivité avec des investissements peu productifs, avec la survie des entreprises inefficaces. » 

Cerise sur le gâteau, les taux négatifs ne peuvent exister que grâce aux pressions à la baisse sur les salaires à l’échelle de l’OCDE.

 

Le 22 mars, Natixis décrivait ce « mécanisme ingénieux » dans les termes suivants :

« La faiblesse des salaires permet que l’inflation, donc les taux d’intérêt, soient faibles, ce qui permet à la dette de progresser. Il n’est pas sûr que l’équilibre où les salaires auraient été plus élevés et l’endettement plus faible n’aurait pas été préférable ; l’équilibre actuel est en effet inefficace (profitabilité inutilement forte, endettement élevé). »

Bref, le travailleur-épargnant-contribuable-futur retraité perd sur tous les tableaux !

La « nouvelle génération » de décideurs nous sauvera-t-elle de la ruine ?

Voilà l’avenir radieux que nous réserve le « choix de la facilité » – pour reprendre les mots Simone Wapler –, c’est-à-dire le fait pour les gouvernements de repousser indéfiniment les réformes tous azimuts en faisant exploser le déficit budgétaire et la dette publique, sous l’œil bienveillant des banques centrales.

Ce n’est pas la nouvelle patronne de la BCE qui va changer quoi que ce soit à l’affaire. Pour Christine Lagarde (accrochez-vous), mieux vaut en effet une politique de taux d’intérêt très bas pour soutenir l’activité économique, plutôt que de rémunérer l’épargne à sa juste valeur… voire carrément « la protéger » !

On ne saurait être plus clair… au moins les historiens sauront-ils gré à Christine Lagarde d’avoir annoncé la couleur !

En France, il n’existe à ma connaissance que deux partis politiques assez courageux pour prendre cette question à bras le corps. Le premier, c’est Objectif France, le parti dirigé par le chef d’entreprise Rafik Smati.

Le second, c’est le ML2D, parti fondé par Loïc Rousselle et Simone Wapler.

Il va sans dire que je leur souhaite beaucoup de succès.

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