La Commission européenne a exigé mercredi de la France des réformes, notamment des retraites et du marché du travail, en échange du délai de deux ans accordé pour ramener son déficit dans les clous européens.
Bénéficiant du même traitement, l’Espagne doit elle aussi aller plus vite concernant sa réforme du marché du travail, entamée en 2012. L’objectif est de faire face à un des chômages les plus élevés d’Europe, qui touche plus d’un jeune sur deux.
Dans le cadre des recommandations économiques de la Commission aux pays de l’UE, celles pour la France étaient particulièrement attendues cette année, alors que la deuxième économie de la zone euro est en récession, voit ses déficits se creuser et son chômage exploser.
Bruxelles a donc demandé à Paris de prendre des mesures dès cette année pour réformer son système de retraites et le ramener à l’équilibre « pour 2020 au plus tard ».
L’exécutif européen recommande à Paris « d’adapter les règles d’indexation, les âges minimum et de taux plein, la période de contribution et les régimes spéciaux, mais en évitant d’augmenter les contributions des employeurs ».
« Il n’y a pas de surprise, nous sommes dans la droite ligne de ce qui avait été annoncé », a réagi le Premier ministre français, Jean-Marc Ayrault en promettant des « réformes que nous ferons à notre manière ».
Le gouvernement français veut proposer à l’automne une nouvelle réforme des retraites, après celles de 2003 et 2010.
Une concertation va s’engager avec les partenaires sociaux lors d’une conférence sociale les 20 et 21 juin.
La Commission a également renouvelé sa demande de réforme du marché du travail et d’ouverture de certaines professions comme les notaires ou les taxis. Elle souhaite aussi que Paris supprime les tarifs réglementés sur le gaz et l’électricité et ouvre le secteur du transport ferroviaire domestique des passagers.
Dans un autre domaine, elle demande à Paris de poursuivre ses efforts de simplification de la fiscalité: élargir la base de l’impôt sur le revenu, ramener les taux de TVA proches de la moyenne européenne, transférer une partie de la fiscalité sur le travail vers l’environnement et la consommation.
« C’est un message d’exigence », a estimé mercredi le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, lors d’une conférence de presse.
Mais « il n’y a pas de surprise concernant l’analyse de la Commission car il y a un dialogue avec les autorités nationales », a souligné une source européenne. Le président français François Hollande s’était engagé mi-mai à Bruxelles à poursuivre les réformes, « non parce que l’Europe le demanderait mais parce que c’est l’intérêt de la France ».
La Commission a aussi fait le point sur l’assainissement des finances publiques des Etats membres.
Outre la France et l’Espagne, elle a accordé deux ans de plus à la Pologne et à la Slovénie, et un an aux Pays-Bas et au Portugal, pour ramener leur déficit public sous le seuil des 3%, confirmant ainsi qu’elle voulait desserrer la bride de l’austérité.
Mais elle a donné des calendriers précis. Pour la France: 3,6% du PIB en 2014 et 2,8% en 2015, après 3,9% cette année. Pour l’Espagne 5,8% en 2014, 4,2% en 2015 et 2,8% en 2016, après 6,5% cette année.
Actuellement, 20 pays sur 27 dans l’UE sont concernés par la procédure d’infraction pour déficit excessif. La Commission a proposé que cinq d’entre eux, l’Italie, la Lettonie, la Hongrie, la Lituanie et la Roumanie sortent de cette procédure.
Selon les prévisions de la Commission, le déficit italien doit être à 2,9% cette année et 2,5% en 2014, bien en-deçà de la barre des 3%. Mais « la dette publique reste très importante en Italie, c’est une très lourde charge (132% prévu en 2014). Voilà pourquoi nous ne pouvons pas dire que l’Italie peut relâcher ses efforts », a mis en garde M. Barroso.
La Commission veut en revanche que la Belgique soit mise en demeure de corriger son déficit, constatant que ce pays « n’a engagé aucune action suivie d’effet pour mettre un terme à sa situation de déficit excessif ».
Les recommandations seront discutées lors du prochain sommet des chefs d’Etat et de gouvernement fin juin, avant d’être approuvées formellement par les ministres des Finances des 27.
« Il n’y a pas de surprise, nous sommes dans la droite ligne de ce qui avait été annoncé », a réagi le Premier ministre français, Jean-Marc Ayrault en promettant des « réformes que nous ferons à notre manière »:
Oui, en laissant la patate chaude aux suivants et en profitant de sa retraite d’apparatchik de 40kE/mois, garantie par l’état, totalement méritée compte tenu des fantastiques services rendus à la nation !
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La réforme des retraites est inscrite dans les GOPÉ depuis plusieurs années, ce que révèlent Asselineau et l’UPR depuis plusieurs années également.
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Oui.
Ce sur quoi je veux en outre attirer l’attention c’est le fait que l’évolution du système vers l’universel fait franchir un pas vers la fiscalisation du système et donc sur la main mise de l’état sur les reserves existantes lesquelles donc viennent en deduction de la dette, ce que souhaitent les allemands.
Les engagements de retraites changent de nature dans le nouveau système, ce que personne ne souligne. Ce ne sont plus des salaires différés. L’universalisation et la destruction des regimes specifiques est l’étape la plus importante , elle est plus importante que les autres mesures si on voit les choses sous mon angle.
Je ne me souviens plus du nom du pays qui a accompli ce tour de passe passe , je le retrouverai un jour.
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