Editorial: un monde capitaliste sans capital! Nous crevons de la disparition du qualitatif derrière le quantitatif.

Et le pire: il confondent monnaie, crédit, capital et épargne!

La crise des repos est l’une des manifestations de la crise qui se déroule sous la surface: les plaques tectoniques du système bougent. Les illusionnistes  des banques centrales, écopent , mais les fuites peuvent surgir de partout. Jamais la comparaison n’a été aussi justifée: argent=liquide=liquidité. Tout cela c’est du mercure; il coule insaisissable.

Mais ici à l’inverse de ce qui se passe sur un navire en difficulté, les liquidités ne pénétrent pas, non elles fuient, elles se dérobent, elles disparaissent. C’est bien la preuve si en était besoin  que nos magiciens , qui croyaient qu’il y en avait pléthore, ne savent pas ce qu’ils font et encore moins ce qu’ils disent.

L’argent, la monnaie il y a 19  ans qu’ils ne savent plus ce que c’est, ils ont été dépassés par leur manipulations génétiques. Ils croyaient qu’il y avait des réserves par trillions et ils s’aperçoivent tétanisés, muets , pétrifiés que l’on en manque. Y a-t- preuve plus flagrante  de leur incompétence maléfique? 

Ils ne connaissent plus le système dans lequel ils vivent, ils méconnaissent la monnaie de ce système, la monnaie internationale, hors sol et hors juridiction qu’est le « dollar » qui vit , circule, puis  meurt hors de la vue de la Fed.

Ils sont adorateurs du veau d’or, du fétiche en soi , ce qui les conduit a le reifier et a croire qu’il vit en dehors de ses mouvements. Ils n’ont pas compris la diffference entre la monnaie zombie qui n’existe que dans les livres de comptes et la vraie monnaie, celle qui irrigue, fertilise, catalyse les échanges.  Bref ces zozos marchent sur la tête. 

Et le pire: il confondent monnaie, crédit, capital et épargne! Pour eux tout cela ce ne sont que des quantités, des chiffres, pas des qualités. Nous crevons de la disparition du qualitatif derrière le quantitatif.

Comment peut on oser affirmer que le mal qui mine le système depuis des décennies c’est l’excès d’épargne; de quel esprit malade cette imbécillité peut elle sortir?

A force de mentir, ils ont fini par croire à leurs mensonges, ce qui est bien le signe d’un esprit malade.

Depuis la dérégulation financière conçue comme moyen d’augmenter la croissance par le recours à la dette, ils ne cessent de faire baisser les taux d’intérêt ! Ce sont eux qui font baisser les taux d’intétêt pour rendre  les dettes attrayantes, supportables, pour éviter les faillites, pour éviter l’asphyxie des finances publiques, pour se payer le beurre et les canons et que nous disent ils? Ils nous disent: les taux bas proviennent, sont causés par l’excès d’épargne dans  le monde!

Ils créent de la fausse monnaie pour acheter les dettes à long terme des gouvernements à hauteur de dizaines de trillions, ils en font baisser les taux et donc les couts et ils osent nous dire: les taux bas sont une conséquence de l’exces d’épargne. Ils ont les mains rouges du sang du crime financier qu’ils commettent et ils nous disent ce n’est pas nous…

Dans un systeme de monnaie de crédit , même Keynes l’avait compris , les taux ne sont pas le point d ‘intersection des courbes d’offre et de demande d’épargne, ils ne sont pas le prix qui égalise l’épargne et l’investissement.

Le crédit fait concurrence à l’épargne et c’est lui qui la dévalorise, on n’a plus besoin d’elle, on s’en passe et au lieu de faire appel aux capitaux propres, on fait du levier, on rachète les fonds propres par les buy backs et le Private Equity , on décapitalise. Décapitaliser c’est acheter , racheter le capital, réduire sa masse  en vendant la dette. vendre de la dette c’est en gonfler le stock

Voila le système pervers dans lequel nos apprentis sorciers se démènent comme de vrais diables. Car ce sont des diables. Même pas des Malins.

Le capital, le vrai capital capable de supporter  et de garantir des risques , capable de s’investir pour longtemps, capable de se  passer de rémunération le temps de mise en  rentabilité ou en cas de mauvaise conjoncture, ce vrai capital est très rare, super rare, super-super rare.

Tout est financé par de la dette, par du court terme, par de la monnaie gratuite que l’on « roule » par exemple sur le marché des repos. La crise actuelle des  repos c’est le revélateur de l’incroyable iceberg de leverage qui est dans le système, sous le niveau visible, c’est le révélateur du vrai manque: celui de capitaux propres, celui de la vraie épargne  destinée  à s’investir, à prendre des risque réels, pas des risques de marché, pas des risques spéculatifs. L’autre visage du leverage qui engloutit/ détruit  l’économie c’est l’insuffisance de fonds propres, c’est la rareté absolue du dénominateur du ratio de dettes ou de levier; 30/1, 30 de dettes  contre 1 de capital par exemple!

Le vrai capital est  tellement rare, que l’on n’a plus de matelas pour absorber les risques et que ces risques il faut les faire supporter par les banques centrales c’est à dire en dernière analyse par les contribuables; il faut les mutualiser, les socialiser. Le vrai secret  du système c’est cela c’est un  système capitaliste sans vrais fonds propres, sans capital, et faute de capital, le risque  on le refile à la société, au public et cela devient un capital Canada Dry, un capital fictif.

Le capital fictif est un capital infirme il n’a pas l’assise du vrai capital, il ne peut supporter les pertes sans mettre en danger tout le système, et c’est pour cela qu’il a besoin d’une promesse d’un « Put » donné par les banques centrales. Le capital fictif est infirme il lui faut les béquilles des banques centrales.

C’est ce qui s’est passé en décembre 2018 quand les marchés ont « vomi » et que personne ne pouvant en supporter les conséquences, notre triste Powell de la Fed a été obligé de se ridiculiser en promettant d’absorber, de régurgiter  ce vomi. Toute la pourriture.

On a empilé 257 trillions de dettes dans le monde, face à une vraie masse de fonds propres que l’on ignore! Quel est le leverage réel personne ne le sait, on ne veut pas le savoir . Et c’est pour cela  que l’on a des centaines de trillions  de dérivés bidons incapables d’assumer une vraie chute des marchés car  personne n’a le  matelas de capital pour amortir. Miracle du dynamic hedging qui permet l’illusion d ‘assurer sans avoir  de tampon ou de répondant.

Pour jouer à faire semblant de couvrir les risques attachés aux dettes et à tout le capital fictif, , on est obligé » de sonner à la porte des banques centrales, on est obligé de  mendier;  encore un peu de dette si’il vous plait pour financer nos spéculations longues avec de l’argent court. Non seulement les banques centrales solvabilisent le levier des emplois longs financés par du court mais et c’est le plus scandaleux, ils prennent les risques de cette pratique du levier à leur compte en promettant de continuer toujours c’est ce qu’ a dit Powell encore il y a quelques jours: on peut compter sur lui pour avoir de quoi financer son levier!

Les banques centrales ne manipulent pas seulement les taux, la quantité de monnaie, elle manipulent la perception et donc la réalité  du risque ; elle financent le vice, la déviance du système.

Nous sommes immergés dans le levier, dans le leverage  c’est à dire dans l’insuffisance de  capitaux propres, et les capitaux propres ont, bien sur, un lien avec la vraie épargne.

 

 

 

 

 

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