La défaite historique de la masse des 90%; la France divisée, asphyxiée.

D’ici quelques semaines l’opinion prendra conscience de la nouvelle et pitoyable défaite des 90%.

Les 1% , avec l’aide de leurs  mercenaires de toutes origines ont une nouvelle fois infligé une raclée  historique à la masse des habitants de ce pays.

Je dis bien « masse » car c’est de masse, divisée, non structuréee, non consciente d’elle même, braillarde  qu’il s’agit. Personne n’a structuré cette masse par une parole de chef ou par une vision de leader: personne n’a éclairé les combats, personne n’a joué le moindre rôle stratégique. Ce fut de la révolte à l’état pur, spontex , guère très différente de celle des Gilets Jaunes, aussi triste, désespérée et pitoyable. Peut être un peu plus disciplinée, rien de plus. Une révolte de résignation honteuse.

Macron m’a t-on rapporté avait expliqué à ses sponsors qu’Hollande s’était trompé en craignant le pouvoir de la rue et il avait employé l’expression: « la rue c’est un tigre de papier »; il avait ajouté : « les institutions de la France sont fortes et en face il n’y a rien ».

Et bien sur dans son cynisme il avait, il a eu raison. Macron n’a pas de jugement, il boite du cerveau,  mais là, chapeau il a vu juste:

les syndicats sont faibles , non représentatifs, tenus par le fric dont ils manquent et les honneurs auxquels ils aspirent Leurs compétences intellctuelles sont périmées, dépassées, défaillantes. Ce sont boutiques en bout de course qui ne tiennent que par les béquilles que leur offrent de temps à autres les pouvoirs publics, voire le Medef.

les partis présentent une telle configuration que c’est un boulevard que de leur passer au travers.  Le trait de génie de Mitterrand qui a favorisé et arrosé le Front National, la bêtise  de Chirac et Sarkozy qui n’ont pas vu le piège et au lieu de phagocyter le Front l’ont intronisé comme seul parti  d’opposition, l’ambiguite de Mélenchon coincé entre la représentation de classe et son universalisme , la mort du PS tout cela a crée une situation durable propice à toutes les audaces. Et Macron a eu cette audace.

Je ne parle que pour mémoire des corps constitués, des médias, du sénat etc , tout cela est à la botte pour des raisons diverses mais tristement convergentes.

Le mécontentement est majoritaire, Macron n’a qu’un socle de 28% à 30% mais cela lui suffit puisqu’en face il n’y a rien.

Il a choisi de rompre la tradition républicaine qui consistait à ne pas abuser de la pseudo légitimité d’une élection par défaut, il a utilisé à fond le mensonge , la propagande, le cynisme, la violence et il peut sabler le champagne avec Brigitte, Bernard Arnault  et ses sponsors: mission accomplie.

Le peuple a subi une défaite historique en 2008 quand  on lui a fait payer les pertes du capital bancaire et de la plouotocratie, quand on a socialisé les pertes des 1%

Il a subi une seconde défaite historique quand pour faire face à la dette des pays périphériques européens et à la nouvelle déconfiture  du système bancaire  on lui a imposé l’austérité

il a subi une troisième défaite quand les élites s’étant rendu compte de l’imbécillité de l’austérité pour faire face à une crise de la dette, ces élites ont choisi la voie des réformes à long terme, voie qui n’est rien d autre que celle de la « boiling frog », la grenouille ébouillantée: la destruction des avantages acquis lors des Trente Glorieuses,  la régression sociale systématique , de la destruction des fonds commerce des classe moyennes,  et finalement de la hausse du taux d’exploitation  des salariés.

il a subi une quatrième défaite , sournoise, subreptice quand la Banque Centrale des Guelfes Noirs a pris le pouvoir et imposé une politique  monétaire dissymetrique anti-sociale et délibérement favorable à la ploutocratie; suppression de la rémunération de l’épargne des classes moyennes, distribution de crédit  gratuit sans limites aux  riches et ultra riches pour d’abord soutenir la valeur de leur pratimoine et ensuite gonfler sans scrupules cette valeur par l’inflation programmée des cours  de Bourse.

La dernière étape de la descente aux enfers des Français se prépare bien sur;  ce sera celle qui consistera  à lui faire payer, à lui le pôvre, le coût de la reconversion idéologico-climato-réchauffiste du capital.

 

Rédigé par 
Bruno Bertez
 18 décembre 2019

Les problèmes de la France sont multiples – et ne relèvent pas tous uniquement des dépenses sociales. Et Emmanuel Macron n’est pas la solution.

Il semble évident que la France a un problème de dépenses sociales – et ce n’est pas le seul problème puisque la dépense publique totale s’élève à 58% du PIB. La pression fiscale en France est de 48,4% et non de 46% comme on le dit.

La France n’est ni libérale ni néo-libérale. C’est un système bancal, où la liberté du marché est réduite à un croupion. Les ajustements, bloqués par des rigidités largement enracinées, sont imposés à une seule partie de la société, ce qui rend les sacrifices trop lourds et disproportionnés.

La France a vécu sur et dans un système qu’elle n’a plus les moyens de se payer. Elle s’est interdit de poursuivre dans cette voie à deux niveaux :

– l’ouverture mondiale qui impose la compétitivité ;

– l’intégration européenne qui impose à la fois la stabilité du change, la stabilité des prix et le plafonnement des dettes.

Les frais généraux hypertrophiés de la nation, une administration pléthorique, le boulet du stock de dettes, une charge démesurée de répartition sociale – tout cela concourt à peser sur le taux de profitabilité du capital. Ce taux est bien sûr très inférieur à celui des Etats-Unis, mais aussi à celui de l’Allemagne.

Le cercle devient vicieux

La faible profitabilité du capital est aggravée par la masse énorme de capital non-productif, fictif, de poids mort qui plombe le pays. S’y ajoute un secteur des services parasitaire qui draine le surproduit.

Dans ces conditions, le capital voit peu d’occasion d’investir productivement. Nous sommes absents de tout ce qui marche : le capital fait la grève, il se vend à l’étranger, il se loge dans les activités stériles et le cercle du mal français devient vicieux.

Tous ces chiffres attestent d’un pays et d‘un système qui sont en bout de course.

On a fait le tour de ce système et on a fait le tour des expédients pour le financer –puisqu’étant soumis aux contraintes de l’Union européenne, le recours à l’inflation et à la dette est maintenant difficile.

La France a choisi de se battre sur le ring mondial des poids lourds alors qu’elle n’est que poids moyen et elle a choisi de s’arrimer à l’Allemagne sans en avoir la spécialisation économique.

Emmanuel Macron a certainement une conscience claire de tout cela… et si lui ne l’a pas, ses conseillers l’ont.

Le déficit social se creuse

Le problème, c’est son biais idéologique et sa légitimité partielle. Macron a été élu et mis en poste notamment par le grand capital financier international et global – donc il pense en fonction des besoins de ce capital. Macron « pense BlackRock » : ce n’est pas une plaisanterie, c’est réellement un mode de pensée, très différent du mode de pensée rhénan par exemple.

Alors que le diagnostic doit être global – un diagnostic « du tout », un diagnostic national – notre Macron ne voit que des solutions partielles. Des solutions de classe.

Elles consistent à financiariser la France, à l’anglo-saxonniser, à augmenter considérablement le taux d’exploitation de la main d’œuvre, à reprendre les avantages acquis, à laminer les gains sociaux et à standardiser/banaliser la société française.

Ce faisant, il fracasse le consensus social déjà fragilisé par des décennies de communo-socialisme ; il brise les solidarités, il pulvérise nos arrangements politiques et il révèle toute la pourriture cachée du système. Il s’installe dans le cynisme.

Les solutions qu’il impose en voulant « montrer qu’il en a » et qu’il ne cédera pas – ces solutions, même si elles passent, seront des victoires à la Pyrrhus. Le pays sera ingouvernable, déchiré, éclaté, les impulsions ne seront pas transmises.

Les déficits économiques et financiers seront remplacés par les déficits sociaux, par le populisme.

Macron creuse le déficit social.

Les coûts imposés par les dysfonctionnements seront considérables. La France sera noyée par les dépenses de tentative de reproduction et de maintien « pacifique » de son système.

Il n’est de solution au mal français que du tout.

Pourquoi ? Parce qu’avec les solutions partielles, les solutions de classe, les gains que l’on fait d’un côté sont reperdus ailleurs. Tout système engendre à la fois des charges/dépenses pour tourner et des charges/dépenses pour se reproduire, pour se maintenir.

Macron réussira peut-être à faire mieux tourner le système, mais celui-ci ne pourra se reproduire. Il se fissurera, il s’enfoncera dans le clivage. Les laissés-pour-compte le seront de plus en plus ; ce que l’on gagnera en économie on le perdra en politique et en social.

La seule solution adaptée et éthique est celle qui, fondée sur une approche globale, nationale, propose un nouveau pacte social, dans lequel les intérêts et la dignité de tous sont restaurés.

Pour l’instant, la France est un pays asphyxié, en bout de course.

[NDLR : Retrouvez toutes les analyses de Bruno Bertez sur son blog en cliquant ici.]

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4 réflexions sur “La défaite historique de la masse des 90%; la France divisée, asphyxiée.

  1. Votre description de la spoliation pilotée des classes populaire et de la situation générale catastrophique est comme toujours ciselée. Mais votre pronostic en terme de défaite populaire complète me semble trop pessimiste. La quantité de personnes décidées à mettre en oeuvre des blocages sévères me semble proche de la masse critique, même si la grande majorité a peur d’agir (de se montrer, d’etre blessé, de perdre son salaire, de perdre son emploi etc..). Pas certain que Hollande ait eu si tort que ça pour une fois: Macron est tellement odieux qu’il va réussir à faire ce que ses prédécesseurs avaient su éviter, réveiller le tigre qui dort.

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