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Mon cher lecteur,
Les banques sont en déroute, les assureurs aussi.
Comme ils tombent tous en même temps, cela se voit moins… Mais cela fera plus mal à terme.
Mais personne n’en parle : s’il vous plaît, faites suivre cette lettre à votre carnet d’adresses et à vos proches.
Le cours d’AXA a été divisé par 2 depuis le début de la crise… Tout comme le secteur entier de l’assurance européenne. En France CNP est le maillon faible avec une baisse de -70 % qui est inquiétante pour nos fonds euros d’assurance vie.
Tout comme les banques, les assureurs ont besoin de capital et il va leur en manquer affreusement.
Je vous expliquais en novembre dernier que la réglementation des assureurs dite Solvency 2 fragilisait les assureurs. En effet, un changement de réglementation il y a tout juste un an, a facilité l’investissement boursier pour les assureurs…
Tout d’un coup, il y a eu un appel d’air réglementaire incitant les assureurs à investir en Bourse…Au pire moment.
Ironie du sort, les présentations de résultats des assureurs au cours du mois de février, juste avant l’effondrement des marchés, étaient flamboyantes grâce à cet allègement réglementaire.
Ils peuvent s’en mordre les doigts jusqu’au coude aujourd’hui.
Nous avons donc des assureurs fragilisés au moment même où ils vont devoir signer des gros chèques dans tous les sens avec un refinancement impossible pour un moment au moins.
Le grand retour de la loi Sapin II et du gel de vos assurances vie
Nous rentrons typiquement dans le cadre d’application de l’article 49 de la loi Sapin 2 de 2016 qui permet de geler vos assurances vie pendant 6 mois.
Le projet était à l’origine à durée indéterminée et je suis assez fier d’avoir lancé un énorme barouf grâce à une pétition signée par 300 000 personnes qui avait contribué à faire reculer – un peu – le gouvernement.
Bien sûr, cette limite de 6 mois peut encoresauter…Mais il faudra passer devant le parlement, il faudra en parler, mettre les problèmes sur la table, publiquement.
Il se pose malheureusement un autre problème bien plus grave.
L’intenable garantie en capital
En moyenne, un fonds euros d’assurance vie est composé de 80 % d’obligations, 8,5 % d’actions, 6,5 % d’immobilier (et 5 % divers).
Parmi les obligations, 20 % d’entre elles sont notées BBB, c’est-à-dire à la limite du spéculatif, et donc elles aussi risquées aujourd’hui.
Nous avons donc environ 30 % de la composition des fonds euros exposés au bain de sang financier actuel.
Rien que les actions aujourd’hui représentent une moins value latente de 3 % sur vos fonds euros… Au capital garanti.
Traditionnellement, l’immobilier est considéré plus robuste mais avec la suspension des loyers, l’arrêt des chantiers et plus généralement le gel des financements, les SCPI et autres placements immobiliers ne vont pas tarder à rejoindre les actions dans la spirale infernale.
Pour les obligations BBB, c’est plus compliqué. Le risque est qu’elles soient dégradées au niveau spéculatif (BBB-) ce qui imposerait aux gestionnaires de les vendre avec potentiellement de grosses pertes.
Bien sûr, le pire n’est pas sûr et les bourses pourraient se reprendre, les marchés se remettre en route, mais n’oubliez pas que nous ne sommes qu’au début de cette crise.
Il est encore trop tôt pour calculer la taille du trou, mais celui-ci se chiffrera en dizaines de milliards d’euros, si ce n’est centaines.
Heureusement, les assureurs sont prévoyants, et depuis des années, ils ont constitué des réserves, la fameuse PPB pour provision de participation aux bénéfices. Il y en avait pour 54 milliards fin 2018, soit 4 % des encours selon le site Good Value for Money. Il ne s’agit pas d’une paille !
Notez que ces provisions appartiennent aux détenteurs d’assurances vie et servent simplement à lisser les résultats et notamment encaisser des chocs comme celui-là.
Sauf qu’entre Noël et le jour de l’An, le gouvernement vous a piqué vos 54 milliards en signant un arrêté honteux permettant aux assureurs d’intégrer ces 54 milliards à leurs fonds propres… Ça aussi, je vous en avais parlé.
Bien sûr, ils vous avaient dit que cette mesure n’était que « technique » et que cela ne changeait rien pour les assurés… Jusqu’à aujourd’hui où il va falloir décider ou flécher l’argent : vers l’assureur ou vers vous ? Je ne serais pas trop optimiste sur le résultat.
Clairement mon cher lecteur, la garantie de capital de votre fonds euros risque de sauter, notamment parce que nos assureurs ont été contraints de prendre plus de risque à cause des taux négatifs de la BCE.
Ce n’est pas pour rien que CNP s’effondre de 70 % : ils sont le plus gros pourvoyeur d’assurance vie en France avec 250 milliards sous gestion et 12 millions de contrats !
Le fonds euros n’est clairement pas l’alternative sécuritaire à la crise actuelle.
L’alternative
Cela étant dit, ne désespérez pas, votre fonds est à risque mais au moins il n’a pas été amputé de 30 à 50 % de sa valeur comme les placements boursiers que les banques ont si agressivement poussés ces derniers temps.
En revanche, ne tardez pas à mettre en sécurité au moins une partie de votre capital en fonds euros.
Il ne s’agit pas de paniquer mais de nous protéger. Après tout, les assureurs ne veulent plus de ces fonds euros garantis… C’est le moment d’exaucer leur souhait.
Bien sûr, dans le moment actuel, un rachat partiel risque de mettre du temps à être traité, ce n’est pas grave. Mieux vaut tard que jamais.
Je vous dis mieux vaut tard que jamais car je vous répète sans cesse que les assurances vie sont devenues obsolètes.
Dans mon édition de Risque & Profit de septembre dernier, je vous donnais déjà l’alternative simple et efficace à votre fonds euros qui vous permet de prendre votre autonomie des banques et des assureurs.
C’est le moment ou jamais de l’appliquer. Un des grands atouts de cette stratégie est de vous permettre de sortir de l’Euro.
Ce dossier est un complément indispensable au dossier de mars sur l’Euro qui joue sa survie dans la crise actuelle.
Je vous envoie ces deux dossiers en cadeau avec tout abonnement d’essai à Risque & Profit.
Si vous me suivez depuis un certain temps, vous connaissez mes conseils : or, espèces, obligataire de taux, devises étrangères… Et surtout zéro action.
Tous ces conseils prouvent en ce moment leur efficacité et leur valeur.
Il n’était pas facile de vous dire de prendre ces précautions quand le cours d’Apple doublait en 6 mois. Mais c’est la différence entre un portefeuille fragile et un portefeuille robuste.
Il est plus que temps de passer en mode robuste et même survie.
Rachetez votre assurance vie, commencez par la répartir sur différents comptes courants dans différentes banques et différentes devises (dollar américain et Franc Suisse pour commencer), ayez des espèces et achetez de l’or physique, vous aurez déjà fait un pas de géant.
À votre bonne fortune,
Guy de La Fortelle
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