Essai. Crise économique vs crise financière, pour comprendre mon cadre analytique radical.

Ci dessous un tweet fondamental dans le cadre analytique qui est le mien.

L’hypothèse selon laquelle la crise économique serait issue de la crise financière est redoutable car elle implique que si on pouvait éviter ou contrôler les crises financières alors tout irait bien.

Dans le système capitaliste , les choses et les évènements apparaissent toujours sous une forme trompeuse , souvent inversée, très souvent sous forme de leur contraire même. C’est la dialectique.

C’est l’hypothèse des réformistes de la Deuxième Gauche et de ceux qui veulent maintenir le capitalisme coûte que coûte en régulant la finance.

C’est l’hypothèse qui sous tend le socialisme fabien, le socialisme des riches et de la société à deux vitesses, le socialisme des tricheurs du type Rocard, Strauss Kahn voire Macron sous certains aspects..

Cette hypothèse nous fait marcher sur la tête, elle place les conséquences-les crises financières- comme cause des crises économiques alors que c’est l’inverse! Il s’agit idéologiquement de protéger le système de production capitaliste avec son ordre social et ses élites.

Les financiarisations sont la réponse temporaire, provisoire, aux contradictions du capitalisme, a l’antagonisme entre le Capital et le Salariat, réponse qui passe par l’usage de la dette qui trompe tout le monde en repoussant les contradictions dans le futur, le kick the can. On remplace l’argent gagné par l’argent emprunté de la dette et ensuite par l’argent de la fausse monnaie. Nous en sommes là, à la fin du cycle, on joue les prolongations.

Cette hypothèse , qui convient aux banquiers et aux banquiers centraux et aux dynasties, laisse intacte la question centrale à savoir pourquoi au milieu des années 60 le système s’est financiarisé . Réponse: Il s’est financiarisé parce que la croissance a ralenti sous l’effet de la baisse du taux de profit et l’insuffisance d’épargne lesquelles ont précipité la baisse des investissements productifs et donc la tendance à la compression des couts salariaux et la montée du chômage.

Je démontre depuis des décennies que la financiarisation a été voulue, pensée et promue comme solution à la crise du profit qui a pris naissance à cette époque. Tout cela a débouché sur le recours accru aux dettes, puis au besoin de créer un appareil pour gérer ces dettes et les mobiliser, couvrir les risques, les disséminer, et donc déréguler, ce qui fut fait vers les début des années 80.

On a financiarisé pour pallier les conséquences de l’excès de capital/insuffisance de vraie épargne que l’on n’arrive plus à mettre en valeur et à rentabiliser, pour compenser l’insuffisance des cash flows, les pertes de pouvoir d’achat des revenus des salariés qu’il a fallu surexploiter, et pour bonifier par le Ponzi monétaire la fortune des capitalistes.

Réguler la finance sans détruire la masse de capital ancien qui s’est sur-accumulée conduirait à une terrible déflation pire que dans les années 30. La finance permet de durer au prix d’une aggravation de tous les déséquilibres. C’est pour cela que l’on fait semblant de réguler mais sans jamais que les régulations mordent. Il faut faire semblant. Il faut maintenir le shadow banking, le levier, les hedge funds, les family office, la communauté spéculative; les dérivés, les faux bilans , le PUT, et de temps en temps éponger un peu …

2 réflexions sur “Essai. Crise économique vs crise financière, pour comprendre mon cadre analytique radical.

  1. Bonsoir M. Bertez

    L’antagonisme entre capital et salariat peut se résoudre

    soit par rupture technologique: par exemple passage aux chiffres « arabes » par les banquiers « lombards » pour s’affranchir de la corporation des changeurs au 13ème siècle. ( introduits en occident bien avant par Gerbert d’Aurillac le pape de l’an mille) , Invention de l’imprimerie, Passage de la propulsion à voile à la propulsion à la vapeur au 19ème siècle, passage à l' »informatique et à la robotisation au 20ème siècle,

    soit en l’absence de rupture technologique restaurant plus ou moins longtemps le taux de profit , par les instruments financiers.

    Ce n’est pas un industriel mais un financier, à savoir Warren Buffett qui a dit il y a peu que, oui la lutte des classes existe bien, et que la sienne étai en train de la gagner.

    Et cela ne date pas d’hier: les petits dieux sumériens exigèrent la fabrication d’hommes en glaise pour pouvoir jouir comme les grand dieux, et quand les hommes devinrent « trop bruyants », c’est à dire se mirent à contester leur misère, les « dieux » qui s’appropriaient l’essentiel de la production agricole décidèrent du déluge pour les détruire….

    « Bis repetita placent pas toujours! » (R. Goscinny)

    Cordialement

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  2. Jusqu’en 2008 on pouvait considérer que c’était une erreur d’analyse conséquence du terreau idéologique dans lequel baignent la société et donc les économistes depuis leur enfance mais il apparait aujourd’hui que c’est un mensonge institutionnalisé qui permet de ne pas ouvrir la boite de Pandore.

    On nous serine en effet depuis près de 40 ans que la lutte des classes n’existe plus (sous entendu que le capital et le travail ne sont pas en concurrence dans le partage du profit) et que la mondialisation serait heureuse.

    Singulièrement à partir du milieu des années 80, le capital est devenu Dieu, n’a plus pu être analysé, critiqué, il est devenu un et indissociable. Il est devenu interdit à toute personne ayant une réussite même modeste de cracher dans la soupe. Le capital s’est construit une armée de soutient.

    Une grande partie de la gauche a trahi en se faisant le porte-voie de cette nouvelle théorie. Elle a abandonné le social pour le sociétal et en paie aujourd’hui le juste prix avec 25 % des intentions de vote pour la présidentielle.

    La plupart des économistes qui ont pignon sur rue aujourd’hui viennent de la banque. Il ne faut dès lors pas s’étonner qu’ils constatent la financiarisation et en critiquent les conséquences mais jamais les causes.

    Pour les plus honnêtes, leur logiciel intellectuel leur interdit de le faire, pour les autres c’est juste leurs patron . On parle du vernis, on constate que la part des salaires dans la VA baisse fortement mais on s’arrête là. On ne veut surtout pas critiquer le système dont on profite grassement car la théorie du ruissèlement fonctionne pour nous.

    Mais les masques tombent et aujourd’hui beaucoup devraient comprendre que nous ne sommes jamais sortis de la crise de 2008 et en remontant le fil de se rendre compte que la crise de 2008 est elle même née des largesses de la politique monétaire du début des années 2000…

    qu’en fait toutes ses crises dites financières sont les spasmes d’un système sur lequel s’opère un acharnement thérapeutique à base de morphine monétaire.

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