Powell prétend que ses décisions dépendent des données économiques. De combien de données supplémentaires la Fed a-t-elle besoin de disposer ?
L’EMPLOI EST FORT.
Le rapport « JOLTS » d’avril a souligné la vigueur/force extraordinaire du marché de l’emploi .
Les offres d’emploi sont remontées au-dessus de 10 millions, dépassant les prévisions de 700 000. Les ouvertures de mars ont été révisées à la hausse de 150 000.
Pour la période de 20 ans allant de 2000 à 2019, les offres d’emploi se sont élevées en moyenne à 4,5 millions, dépassant les huit millions pour la première fois en 2021.
ADP a fait état d’une augmentation de l’emploi de 278 000 postes , contre une estimation de 170 000.
Et le rapport sur l’emploi salarial non agricole de vendredi pour mai a surpris à la hausse, avec une augmentation de 339 000 (mois précédents révisés à la hausse).
LES CONDITIONS FINANCIERES SONT GENEREUSES
31 mai – Reuters :
«Les grandes entreprises américaines se sont lancées dans une frénésie d’émission d’obligations… Les entreprises notées dans la catégorie investissement ont émis 152 milliards de dollars en mai, ce qui en fait le mois de mai le plus occupé depuis 2020 lorsque la crise pandémique a déclenché des volumes record d’émissions de dette, selon… Informa Global Markets. Les entreprises notées Junk ont quant à elles levé 22,1 milliards de dollars, pour le mois de mai le plus chargé depuis 2021, lorsque 73 entreprises ont levé 49,1 milliards de dollars.
Les marchés financiers se moquent des pressions inflationnistes. La dynamique spéculative a alimenté un assouplissement majeur des conditions financières.
Le resserrement du crédit bancaire est à ce stade anecdotique . On n’en voit guere les effets ce qui veut dire que l’aisance vient d’ailleurs.
Dans un environnement plus normal, on comprendrait que la Fed s’attende à ce qu’un resserrement des prêts bancaires restreigne la demande, la production et l’emploi, mais la speculation est la plus forte et elle vient tout contrecarrer! plus rien n e’st normal!
En règle générale, un resserrement de la politique monétaire produit un durcissement des normes de prêt, une l’aversion au risque et une tendance désendettement ici il n’en est rien: les mécanismes ne jouent pas , tout est détraqué..
Je souris quand je vois les observateurs bien pensants s’obstiner à essayer d’appliquer les recettes anciennes; l’originalité de la période c’est justement le fait que rien ne se passe comme avant.
Il y a d’un coté La Grande Aventure et de l’autre l’apprentissage a la Grande Aventure. Et cela fausse tout. Les modèles sont pris en défaut …. du moins tant que l’on n’ a pas atteint certains seuils. L’un des problèmes c’est la pratique des baby-steps. Il faut que cela fasse vraiment mal aux gens pour que cela fasse du bien au système.
La pensée conventionnelle soutient que la crise bancaire aurait du déclencher des conditions plus strictes. Il n’en est rien car elle n’a été que marginale, les causes ne produsient plus les effets attendus car tout est trop faible, trop modéré, trop téléphoné . On n’ose plus faire mal.
Mon interprétation est que le resserrement modeste du crédit bancaire a été compensé et au dela par le crédit du secteur financier, en l’occurrence les emprunts agressifs du FHLB sur le marché monétaire pour financer ses opérations massives de soutien à la liquidité bancaire. ona en quelque sorte freiné et accéléreren mem temps.
Les actifs des fonds monétaires et les entrées record dans les ETF et autres fonds d’actions montrent bien que le resserrement est Canada Dry .
2 juin – Bloomberg :
« Le buzz autour de l’intelligence artificielle pousse les investisseurs à injecter une somme d’argent record dans les actions technologiques, déclare Bank of America Corp. Une « bulle » dans l’IA était le thème dominant du marché en mai, a déclaré le stratège Michael Hartnett, avec des fonds technologiques attirant un niveau record de 8,5 milliards de dollars au cours de la semaine jusqu’au 31 mai, selon… les données de l’EPFR Global.
Dans un monde mal connu ou les décisions quantitatives peuvent être contrées par les humeurs des agents economqiues, la vitesse de rotation de l’argent est plus importante que la quantité d’argent.
Il faut oser inverser les causes et les effets: ne pas croire que la restriction monétaire va calmer la spéculation, mais admettre qu’il faut d’abord casser la spéculation pour que les restrictions monétaires produisent leur effet.
Les sauvetages répétés et garantis des marchés jouent un rôle fondamental dans l’absence de résultats probants de la démarche de la Fed. Cela peut conduire à des aberrations: on peut, par exemple être obligé de sur-freiner malencontreusement!
UNE RESILIENCE MALENCONTREUSE
1er juin – Financial Times :
« La résilience du marché américain des obligations de pacotille de 1,4 trillions de dollars laisse perplexe les investisseurs…. Malgré les inquiétudes concernant la santé de la plus grande économie du monde, avec certains indicateurs de marché pointant vers la récession, les rendements ont chuté depuis les sommets de l’automne dernier.
30 mai – CNBC :
«La forte concurrence des acheteurs sur le marché du logement et la faible offre font à nouveau chauffer les prix des maisons. À l’échelle nationale, les prix des maisons en mars étaient supérieurs de 0,7% à ceux de mars 2022, selon les indices S&P CoreLogic Case-Shiller… « Les modestes augmentations des prix des maisons que nous avons constatées il y a un mois se sont accélérées en mars 2023 », a déclaré Craig J. Lazzara, directeur général de S&P DJI… « Deux mois de hausse des prix ne constituent pas une reprise définitive, mais les résultats de mars suggèrent que la baisse des prix des maisons qui a commencé en juin 2022 a peut-être pris fin.