La pensée dominante, comportementale ne voit dans l’inversion des courbes de taux que le signal d’une récession.
C’est une pensée magique, héritée des temps anciens ou la monnaie était « ancrée » et ou elle exprimait des réalités. Maintenant la politique monétaire ne reflète plus des réalités, elle exprime des souhaits, des désirs, des volontés.
Les marchés ne sont plus des constats, ce sont des « Projets »
Tout doit être interprété à la lueur de la LOI de de Goodhart dont le champ d’application doit être étendu.
La loi de Goodhart, du nom de l’économiste Charles Goodhart qui l’a formulée pour la première fois en 1975, indique que « lorsqu’une mesure devient un objectif, elle cesse d’être une bonne mesure », car elle devient sujette à des manipulations, directes ou indirectes.
Tous les marchés étant manipulés par les autorités qui essaient de les forcer à transmettre leurs désirs , je dis bien tous les marchés ont perdu leur fonction d’expression du réel et à fortiori leur fonction de signalement/confrontation des anticipations.
La courbe des taux ne dit rien de ce que l’histoire nous a appris à croire.
La courbe des taux avec des taux courts élevés et des taux longs trés bas exprime la tentative des apprentis sorciers de faire « tenir » le système malgré ses craquements. Le système marche sur la tête, la pyramide menace réellement, mais la réalité s’exprimant par l’intermédiaire des perceptions , les apprentis sorciers manipulent les perceptions et … croisent les doigts. Elles prient pour garder le controle magique de la situation.
Le controle des taux longs, leur bas niveaux est historiquement interprété comme un succès dans la lutte contre l’inflation des prix des biens et services, alors faisons en sorte que tout le monde croit au succès, mesurons le succés par les anticipations de « marché », et faisons en sorte que les taux longs restent bas; faisons leur dire ce qu’il est nécessaire qu’ils disent.
Parlons, guidons, répétons , communiquons, dans ce sens, et au besoin, pourquoi ne pas jouer par le biais du desk de la Fed de New York pour donner un coup de pouce quand c’est nécessaire et opportun?
Les taux lonsg sont la pierre angulaire du système financier , ils sont au centre de tous les modèles mathématiques et comme les pseudo économistes main stream travaillent à partir de modèles sans rien comprendre à la réalité sous jacente, il suffit de « controleré les taux longs pour contrôler leurs modèles, les conclusion de ces modèles, leurs perceptions et finalement leurs décisions!
Ah les braves gens!
Les taux longs n’expriment rien d ‘autre que ceci: l’absolue nécessité qu’ils ne montent pas trop, pas au dessus d’une limite de tolérance qui se situe autour des 4 à 5%.
Les taux longs ne montent pas parce qu’il ne faut pas qu’ils montent.
L’inversion de la courbe des taux est à son maximum depuis plusieurs décennies.
Les gens se lamentent parce que c’est un signe dit-on de récession à venir.
Ils ont tort de se lamenter car cette inversion , cette anomalie est ce qui sauve le système: elle permet de faire croire que l’inflation à long terme est maitrisée. Or la doctrine actuelle en matière d ‘inflation est qu’elle n’a pas détermination réelle, qu’elle ne dépend que des anticipations … d’inflation.
On a abandonné les théories qui ancraient l’inflation dans le réel on a abandonné la loi de Phillips qui la rattache au marché du travail et les enseignements des monétaristes, on n’a plus comme outil que les tautologies à savoir: le déterminant de l’inflation ce sont les anticipations d’inflation!
La pensée gouverne le monde, c’est le spiritualisme, l’immatérialisme, le nominalisme, des temps anciens et du 17e siècle . C’est fini le matérialisme et même le positivisme! Je pense que je suis une femme, je me dis « femme » et je deviens une « femme » et j’oblige par la loi les autres à ne pas me contredire! C’est le spiritualisme de l’Eveque Berkeley! C’est le règne de l’Inversion c’est à dire que le monde marche sur la tête, sur le Verbe! Je dis que je gagne la guerre en Ukraine donc je gagne la guerre!
Revenons au réel.
Avec les taux longs qui restent bas, le système tient à peu près.
La pyramide financière mondiale tremble mais ne tombe pas.
Elle est tombée en octobre 2022 au Royaume Uni mais le monde s’est mis d’accord pour bétonner.
Si le spread entre le 2 ans et le 10 ans n’était pas négatif, ce serait l’effondrement de la carriole de pommes!
Ci dessous le spead US, il est actuellement de -0,97.
https://fred.stlouisfed.org/series/T10Y2Y
On n’avait pas encore créé des dizaines de trillions et des dizaines de trillions de dettes à taux quasi nuls, les entreprises étaient moins chargées de dettes, les gouvernements n’étaient pas lestés d’un fardeau aussi colossal à taux voisins de zéro que maintenant.
En consequence, en 2011, la sortie des politiques monétaires conventionelles , tout en étant délicate , était gérable .
On jouait sur des masses moins colossales et des valorisations moins délirantes.
Il suffisait d’espérer comme Brian Sack une accelération de la croissance économique: cette croissance allait compenser l’effet de la hause des taux sur la solvabilité, elle allait booster les profitabilités, et la valorisation des actifs financiers; le « e » des earnings allait compenser le multiple « r » dans les « per ».
C’est ce qui avait été correctement commenté dans les sphères proches de la Fed de New York: on allait être sauvé par une reprise forte, soutenue . Elle allait certes faire monter les taux mais elle allait améliorer la situation sur le front de la déflation et ainsi faire baisser les prix du risque.
Helas, les green shoots ont séché, pourri, et il n’y a pas eu de reprise en forme de « V »; les fondamentales n’ont jamais ratrappé les données financières. Année après année on s’en est écarté.
Ce fut l’erreur démiurgique de Bernanke de continuer la politiqie monétaire non conventionnelle pour accelérer la conjoncture, il eut fallu s’en abstenir. Bernanke a continué les taux de plus en plus bas, les créations de crédit bradé, puis les gonflements du bilan de la Fed, l’externalisation du risque de marché boursier sur la Fed par le Put, puis le gonflement du passif à bas taux du Trésor US.
Il a ainsi crée une situation désastreuse puisque le système ne devait plus pouvoir résister a une hausse des taux longs, chargé qu’il était de dettes à taux quasi nuls , et surout de dettes qui ne rapportant quasi rien allaient être devalorisées en cas hausse des taux longs.
Bernanke comme tous les spiritualistes n’a pas comprsi que l’abstraction des taux bas s’enracinait dans les bilans, dans les trcutures, dans le réel et que par conséquent on n’était pas dans le reversible mais dans le cumulatif. La regulation de l’economie ne peut etre exclusivement monétaire et fondée sur les flux car il y a le phénomène determinant, lourd, épais , des effets de stocks. « Un » plus « un » quelque fois ne font pas « deux », mais font « boom »! Le monde réel n’est pas derivable il y a des effet irreversibles comme l’epuisement, la mort, le fétu de paille qui brise le dos du chameau!
Avec la vague d ‘inflation post covid , la question posée en 2011 est devenue d’actualité: il a fallu monter les taux courts et prendre le risque que les taux longs soient contaminés et s’envolent.
C’était le risque et c’est toujours le risque.
L’envolée des taux longs même limitée à 5%, si elle se produit rencherit le crédit , fait monter les primes de risque, détruit la solvabilité, déprécie les actifs des bilans des institutions financières, détruit les bilans des institutions en levier et la capacité bilantielle des banques, elle fait sortir l’argent du parking des comptes de dépots bancaires, bref la hausse des taux longs est une catasrophe , une catastrophe systémique, sauf … :
Si on réussi à découpler les taux longs des taux courts qu’il faut monter.
Si on réussit à truquer les comptabilités suffisamment pour masquer la forte chute de valeur des actifs de toutes les institutions
Si on réussit le tour de force de maintenir en position de lévitation le marché financier afin de limiter le risque de baisse de la valeur des patrimoines et les effets de richesse en boule de neige
Si on réussit maintenir une liquidité et même une sur-liquidités discrète dans le système en jouant sur le clavier des outils monétaires et bancaires sophistiqués.
Je pense que vous comprenez maintenant.
Le seul moyen d ‘éviter la catastrophe systémique c’est d’empêcher que les taux longs soient libérés et qu’ils viennent chambouler la pyramide constitués d’actifs plus ou moins fictifs à taux quasi nuls; pour esperer réussir cela il faut tricher c’est à dire truquer les comptabilités, ne pas prendre en compte les effets de dévalorisation sur les actifs, il faut maintenir la Bourse assez haut pour ne pas faire chuter la valeur des patrimoines, il faut empêcher la dépréciation des collatéraux, et surtout tenir a bout de bras le secteur de la technologie qui est un symbole , il faut peser le plus possible techniquement et verbalement sur le niveau des taux longs en manipulant les anticipations .
Bref il faut faire tout et son contraire, tout embrouiller, tout dire, sans souci aucun pour la vérité ou la cohérence, nous sommes en situation de panique dissimulée.
Que la courbe des taux soit très très inversée, c’est indispensable; l’inversion de la courbe des taux est le moyen de faire tenir l’édifice.
Contrairement aux simplets qui croient que l’inversion de la courbe des taux est quelque chose de négatif, que c’est un mal , non c’est l’inverse, il faut apprendre à marcher sur la tête; il faut accepter de considérer qu’une courbe des taux très inversée est la planche de salut des autorités.
Il y a quelque chose de très psychanalytique dans cette compulsion de contrôle.
La psyché capitaliste est profondément névrotique (fantasme infantile de viol par le père).
Cordialement,
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