En mars dernier, la Réserve fédérale a relevé son taux cible.
Dans le même esprit, elle a écorné son bilan.
Le marché obligataire par son inversion émet les avertissements de récession les plus forts depuis 1982.
Les fissures dans le système bancaire ont également assombri les perspectives économiques.
Tout cela est, sur le papier, une combinaison qui parait toxique, toxique pour la Bourse.
Pourtant, la Bourse s’est engagée dans un mouvement fantastique de hausse depuis octobre dernier.
Ele aurait, nous dit-on, escaladé le célèbre wall of worry, le célèbre mur d’inquiétude!
Le S&P 500 n’a pas subi une baisse de 3 % depuis mars.
Ce parcours tranquille compte parmi les plus longs et les plus rémunérateurs depuis 1928.
Aucune théorie classique ne permet de comprendre et de justifier cette hausse , elle défie les explications analytique bien pensantes du consensus formulées en terme de bénéfices, taux d’intérêt et prime de risque. Ce consensus s’est lourdement trompé au premier semestre et il va probablement encore se ridiculiser au second dans sa nouvelle version qui consiste à acheter les obligations longues et à rester à l’écart des actions.
La seule theorie si on peut dire qui reste le grand refuge de l’ignorance boursière c’est la théorie comportementale qui veut que les actions soient recherchées parce qu’elles montent et que la multitude a peurde rater le mouvement, c’est le FOMO, peur de rater le coche! Finalement la meilleure « théorie boursière, c’est du René Girard!
Autant dire que ce n’est pas un outil intellectuel mais simplement une description tautologique qui nous apprend que le marché monte parce que les opérateurs voyant la hausse croient qu’il va encore monter et donc ils le font monter.
Les tautologies sont les plus belles « théories » car elles ne peuvent être démenties, « votre fille est muette car elle parle pas » disait Molière. Incoinçable!
Il y a des tautologies plus sophistiquées comme celle utilisée par l’ami Hussman qui nous dit que même si les valorisations sont trop élevées, le marché monte parce qu’il y a un appétit spéculatif . Hussman trouve le marché hors de prix mais il ne se se met pas vendeur short car il constate que ses mesures internes du marché lui disent que l’appétit spéculatif est grand ! C’est une autre manière de formuler la tautologie mais cela reste une tautologie!
En bonne logique , si les outils intellectuels que vous utilisez ne vous permettent pas de rendre intelligible et prévisible ce qui se passe , cela signifie qu’ils ne sont pas bons. Vous devriez remettre ces outils intellectuels en question, c’est ce qui se fait dans les autres disciplines.
La pensée est un scalpel qui permet d’introduire de l’analyse et de l’intelligibilité dans une réalité complexe et chaotique, de faire ressortir les forces qui sont à l’oeuvre et il faut savoir changer de scalpel quand il est inefficace.
Mais en bourse la logique est secondaire, on continue d’utiliser les mêmes outils même lorsqu’ils sont inefficaces parce que leur utilité est ailleurs, leur utilité est idéologique, il s ‘agit d’entrenir les mythes du système , de les faire durer… et d’en faire un metier, une activité qui a pignon sur rue. .
Ce qui compte c’est le Pognon, pas la vérité, pas la rigueur!
Non ce qui compte c’est le résultat exprimé en forme de Pognon! Et tout est bon pour qu’il continue de se déverser; les théories boursières sont fausses et archi fausses, elles sont incapables de rendre compte de ce qui se passe et encore plus de ce qui va se passer. . Voila le constat objectif qu’il conviendrait de faire.Mais il ne faut surtout pas le faire parce que si il était fait, diffusé et donc connu, cela ruinerait la profession financières fondée sur l’illusion que certains savent, certains connaissent, ils voient juste!
Je me souviens d’un patron de grande compagine d’assurances – le GAN- en France, Giraud, il était réputé pour être rationnel! Un jour il m’a confié, « Bruno quand on a raison en Bourse c’est toujours pour une autre raison que celle que l’on avait crue »!
Et jai connu le grand patron d ‘Eurofincance Roger Thoreau, économiste venant de la Societe Générale qui tout en dirigeant Eurofinance ne croyait pour la Bourse qu’à l’influence des taches solaires!
Le célebre Claude Bonamy gourou de grande réputation et de grande réussite au Credit Lyonnais , ne croyait à la hausse que quand … le Credit Lyonnais achetait sur ordre du gouvernement, il y a longtemps dans la fin des années 60; pour le reste il ne faisait de la bourse qu’en tant qu’initié.
La bourse pour être une profession a besoin des mythes, des mensonges que constituent les théories boursières et celles de la gestion de portefeuille.
Quand on y reflechit -avec les connaissances et l’experience- on sait que jamais la pratique boursière n’a dépassé le stade de la célèbre escroc, la mère Hanau! La banquière.
Marthe Hanau, née le 1ᵉʳ janvier 1886 à Paris, et morte le 19 juillet 1935 à la prison de Fresnes, est une femme d’affaires française. Impliquée dans le scandale financier de la Gazette du Franc, elle est surnommée « la banquière des années folles »
Les actions sont donc à l’évidence trop chères, la hausse des taux ne fait plus chuter les multiples cours benéfices et l’érosion des benefices voire leur recul ne fait plus baiser les cours de Bourse. Le facteur risque est un stimulant boursier puisque la bourse aime les crisis, elles annoncent les enrichissements futurs.
C’est le constat du premier semestres. Inutile de dire qu’il constitue une anticipation puisque les anticipations continuent de se succéder , toutes plus fausses les unes que les autres, sans correction aucune sous l’épreuve de réalité;
La hausse des bourses est à la fois magique et surdéterminée.
Magique parce que les bourses montent en vertu de la croyance qu’elles vont monter et
Surderminée parce que les conditions objectives historique des hausses boursières sont réunies:
-surabondance réelle de trillions de monnaie et de crédit qui subsiste malgré les resserrements Canada Dry
-défaite historique des classes salariées qui vont supporter tout le poids des ajustements necessaires pour permettre aux capital de ne pas etre détruit
-perspectives de retour à l’inflationnisme Ponzi des que la récession montera le bout de son nez.
Ci dessous un texte pas inintéressant de la bande à James Rickards
Je vous le livre assez brut sans amélioration pour que vous voyez ce que l’on peut dire quand on n’est pas trop stupide.
La théorie de l’IA
La frénésie boursière est-elle due au délire des investisseurs face à la manie de l’intelligence artificielle – et à la pelle des actions qui la touchent ?
Il y a des preuves derrière la théorie.
Les « Big 7 » – Amazon, Apple, Microsoft, Google, Tesla, Facebook et Nvidia – représentent presque tous les gains du marché cette année.
En particulier, trois de ces chevaux de trait ont tracté l’essentiel du fret. Ils ont pris le marché plus large en remorque… et l’ont entraîné.
Sans eux, le S&P 500 aurait à peine bougé d’un iota cette année.
Observe , M. Doug Kass :
Pris dans un contexte plus large, plus de 100 % de tous les gains de l’indice S&P cette année ont été tirés par sept actions. Trois de ces sept actions représentent 68 % de l’ensemble des gains annuels du S&P.
Affirme M. Lance Roberts de Real Investment Advice :
Depuis fin janvier, malgré la hausse des taux de la Fed, la crise de solvabilité des banques et l’affaiblissement des données économiques, le marché a continué à « escalader un mur d’inquiétude ». En fait, non seulement il a escaladé un mur d’inquiétude, mais les investisseurs se sont accrochés à un tout nouveau thème d’investissement de « l’intelligence artificielle ».
La chasse actuelle aux actions liées à «l’intelligence artificielle» a sans aucun doute attiré l’attention de tous. Les investisseurs de détail reviennent sur les marchés avec les deux pieds pour la première fois depuis l’année dernière. Le passage d’un sentiment baissier à un sentiment haussier a été constant…
Il y a donc justice dans la théorie de l’intelligence artificielle de la surperformance du marché.
Nous risquons que les investisseurs s’empilent un jour sur ces actions aussi rapidement qu’ils s’y sont accumulés. Mais c’est pour un autre jour.
Voici la question centrale : la fixation de l’intelligence artificielle explique-t-elle pleinement et complètement l’exubérance du marché ?
Peut-être pas.
Peut-être est-ce parce que le marché boursier – et l’économie elle-même – se nourrit encore de la graisse monétaire et fiscale mise en place ces dernières années ?
M. Lance Robert :
[En raison] des soutiens budgétaires et monétaires massifs de 2020 et 2021, malgré des taux plus élevés, l’économie et, par extension, le marché boursier, pourraient être plus résilients que prévu…
M2, une mesure de la liquidité monétaire, est toujours très élevé en pourcentage du PIB.
Cette liquidité monétaire lubrifie pourtant l’appareil économique et financier.
Il n’a pas été arraché au système – malgré les efforts consacrés et frénétiques de la Réserve fédérale.
La Réserve fédérale poursuit l’inflation qu’elle a aidé à déchaîner sur les États-Unis.
Pourtant, jusqu’à récemment, il était loin derrière l’inflation… et donc ses resserrements n’étaient que des tentatives de resserrement, des resserrements ratés.
En termes réels – en termes réels – la Réserve fédérale a été plus accommodante que restrictive.
Explique M. Keith Wade, économiste en chef de la société de gestion d’actifs Schroders :
La première hausse des taux a eu lieu le 16 mars de l’année dernière lorsque la banque centrale américaine a relevé la fourchette cible du taux des fonds fédéraux de 0 à 0,25 %, jusqu’à 0,25 à 0,5 %. Les taux sont restés proches de zéro pendant près de deux ans après avoir été réduits en réponse à la pandémie. Par la suite, les taux ont fortement augmenté pour atteindre leur fourchette actuelle de 5 à 5,25 % ; cependant, ils sont restés inférieurs à l’inflation tout au long et ne sont sans doute devenus restrictifs en termes réels que vers la fin de l’année dernière. [C’est nous qui soulignons.]
Bien que cela ait souvent été décrit comme un cycle de hausse agressif mesuré par la vitesse à laquelle les taux ont augmenté, étant donné le point de départ bas, il a fallu un certain temps pour amener les taux à un niveau où ils peuvent être considérés comme restrictifs. Par conséquent, le délai entre la première hausse des taux et le moment où elle a pu avoir un impact sur l’économie s’est allongé.
Là vous avez la facette monétaire. Qu’en est-il du volet fiscal?
La loi sur la « réduction » de l’inflation
Rappelons que le gouvernement des États-Unis s’est déchaîné pendant l’année pandémique de 2020.
Les geysers d’argent qu’il a projetés dans la circulation économique ont ébranlé les sens sobres et outragé la conscience.
Le gouvernement des États-Unis reste fou en 2023. Et il a toujours les geysers en marche.
Ici, le susdit Roberts cite la Loi sur la réduction de l’inflation, soi-disant. L’abomination est une autre source de liquidité du marché :
Un aspect du soutien monétaire que la plupart des médias grand public négligent était l’énorme loi sur la réduction de l’inflation de 1,7 billion de dollars qui s’ajoutait aux plus de 5 billions de dollars de paiements de relance directs pendant l’ère de la pandémie…
En 2022, l’administration Biden a finalement pu imposer 1,7 billion de dollars de dépenses fédérales dans le cadre de la loi sur la réduction de l’inflation. Ces fonds sont dépensés en 2023 pour démarrer divers projets, qui fourniront un soutien économique à court terme, quel que soit leur succès ou leur échec.
premier trimestre de 2023, les dépenses fédérales ont augmenté de 3 % d’un trimestre à l’autre. En utilisant cette augmentation comme base de référence, nous pouvons projeter les dépenses fédérales jusqu’à la fin de l’année, qui éclipseront 7 000 milliards de dollars au rythme actuel…
Le fait est que, même si de nombreux économistes et analystes prédisent un ralentissement brutal et une récession plus tard cette année, ce qui est en effet possible, il reste encore beaucoup de liquidités pour soutenir l’activité économique (et la force du marché) à court terme.
Ainsi, cette liquidité – finalement de la contrefaçon de liquidité – peut largement expliquer les ébats énergiques du marché boursier cette année.
Nous risquons que la théorie de l’intelligence artificielle soit en retard sur la théorie de la liquidité.
M. Larry Berman est le cofondateur d’ETF Capital Management et de Quintessence Wealth. De qui:
Microsoft et Apple ne pourraient se négocier à des multiples de plus de 30X sans les liquidités abondantes que les banques centrales ont créées malgré ce que les analystes de Wall Street voudraient vous faire croire avec leurs histoires de croissance de l’IA. Ce sont deux grandes entreprises, elles sont juste énormément surévaluées aujourd’hui.
Nous sommes avec lui.
Le fusible est allumé
Pourtant, nous voudrions rappeler aux passionnés des marchés boursiers que la politique – la politique monétaire au moins – fonctionne avec un calendrier décalé.
La mèche peut brûler 18 mois ou plus avant la détonation. C’est si long.
La Réserve fédérale a déclenché la mèche en mars dernier… 16 mois plus tard.
Ainsi le fusible fond lentement.
Non seulement il brûle, mais il est très avancé. La quantité de fusible restante est une question de spéculation.
Nous admettons la possibilité que la bombe elle-même n’explose pas. Cela peut en effet s’avérer un raté… et le marché boursier peut continuer sa frénésie.
Les bombes passées avec des mèches allumées n’ont pas explosé, c’est vrai.
Pourtant, êtes-vous prêt à placer ce pari?
Êtes-vous prêt à tenir la bombe entre vos mains ?
Salutations,
Brian Maher