Si vous voulez connaître la situation réelle sur le Front , ce n’est pas The Economist que vous devez lire, The Economist vous raconte le Front non tel qu’il est mais tel qu’il aimerait qu’il soit pour satisfaire à la cohérence de son récit et de son projet..
Non, si vous voulez connaitre la situation il faut tout lire , et trier, comparer, reconstituer. La vérité ne se donne pas à voir, elle se reconstruit au travers de ses variations, un peu comme on reconstruit une ligne mélodique non formulée à partir des différentes variations jouées par ses interprêtes.
The Economist ne se trouve pas dans le registre descriptif ou démonstatif, il est dans l’Imaginaire d’abord puis dans l’incantation ensuite.
Vous ne trouverez dans le texte ci dessous aucun argumentaire, aucun exposé logique articulé , c’est un gigantesque « il faut« , tombé du ciel.
Le « il faut » tombé du ciel c’est: la patience .
Cela est dit clairement; il faut abandonner l’espoir d’une victoire, abandonner l’illusion d’un succès de l’ex-contre-offensive et armer, armer approvisionne l’Ukraine. Pour quoi réussirait elle mieux en 2024 qu’en 2023, mystère . Ou plutot magie; c’est la magie des GDP: l’OTAN a un GDP beaucoup plus gros que la Russie. Peu importe que ce GDP soit constitué de produits Netflix plutot que de capacités de produire des armes!
Ce que font les Russes entre 2023 et 2024 n’est même pas evoqué, les Ukrainiens se battent contre des gens qui n’existent pas, ne réagissent pas, n’ont aucune action préemptive! Nous sommes dans le monde magique de l’unilatéralisme occidental; créez de la monnaie et tout le reste suivra.
Pourquoi les Ukrainiens qui manquent de troupes – de viande comme on dit – et d’encadrement en auraient-ils plus en 2024 , personne ne le sait, ce problème n’existe pas! Est-ce que l’on attend la mobilisation de l’OTAN? Cela n’est pas évoqué.
Et tout est à l’avenant; c’est « nous vous armons, partez »! Au Casse Pipe dirait LF Celine.
Cela conduit à s’interroger sur la question de savoir si une victoire est bien l’objectif poursuivi! Cela conduit à se demander si les raisons invoquées pour continuer la guerre au prix de la destruction de l’Ukraine et du sacrifice de sa poplations sont bien les bonnes; la guerre est-elle une guerre pour les 18% de terres conquises par les Russes?
Bien sur que non mais cela n’est même pas évoqué, car la guerre c’est pour autre chose, c’est pour le maintien de l’Ordre Mondial qui convient aux propriétaires de The economist et à ceux qu’il représente. Car The Economist c’est le phare, le porte parole, le Think Tank qui guide et pilote une hyper classe mondiale, celle des dynasties réunies. Et le guide de l’hyper classe dit, à un moment critqiue alors que la détermination devient branlante; « il faut tenir bon, il faut continuer coute que coute aux Ukrainiens, pour nous les Maitres, c’est une goutte d’eau ».
Ces gens savent que si la Russie gagne le monde ne sera plus jamais comme avant, que le « ô temps suspend ton vol » sera terminé., que l’Histoire remettra en marche.
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Les partisans de l’Ukraine doivent tenir bon
La guerre ne finira pas bientôt
4 août 2023
Les partisans de l’Ukraine doivent tenir bon.
Les hauts fonctionnaires de pas moins de 40 pays – la Russie non comprise – se rendent en Arabie saoudite ce week-end, pour la dernière tentative visant à renforcer le soutien à un processus de paix en Ukraine.
Le moment aurait pu être très dramatique. Il y a une semaine, on a appris que le 10e corps d’armée ukrainien, une puissante unité centrée sur trois brigades formées par l’Occident et équipées d’armes avancées de l’ otan , se déplaçait dans le sud. Le but, semblait-il, était de percer les défenses élaborées de la Russie dans le secteur occupé de Zaporijia, dans le sud de l’Ukraine, en dispersant les envahisseurs devant elle et en se dirigeant vers la ville de Melitopol et au-delà vers la mer.
Une frappe aussi audacieuse bouleverserait toute la guerre. Les forces russes seraient coupées en deux. Ceux à l’ouest des nouvelles positions ukrainiennes se verraient refuser le réapprovisionnement et le renfort. La Crimée elle-même, illégalement annexée en 2014, serait isolée. Le « pont terrestre » reliant la péninsule à la région occupée du Donbass et à la Russie elle-même serait coupé. Le seul moyen d’entrer ou de sortir serait d’emprunter un pont routier et ferroviaire vulnérable traversant le détroit de Kertch, que les Ukrainiens ont déjà gravement endommagé et pourraient facilement éliminer complètement de leurs nouvelles positions. Un Vladimir Poutine humilié, sa position ne pouvant qu’empirer, pourrait se sentir obligé de se diriger vers la table des négociations beaucoup plus faible qu’il ne l’était il y a quelques semaines.
C’était une perspective passionnante. Malheureusement, cela ne s’est pas produit, bien que cela puisse encore arriver.
Le 10e semble jusqu’à présent en fait ne pas avoir été pleinement engagé, sans doute parce que la faiblesse nécessaire des défenses russes n’a pas encore été trouvée.
Peut-être le sera-t-il. Plus probablement, cependant, les partisans de l’Ukraine devront comprendre que l’éjection de la Russie s’avère être une guerre d’usure écrasante.
Jusqu’à présent, la contre-offensive estivale, qui est entrée cette semaine dans son troisième mois, n’a libéré qu’environ 200 kilomètres carrés de territoire. Pour mettre cela en contexte, la Russie détient toujours environ 40 000 km2 de terres qu’elle a saisies depuis son invasion en février de l’année dernière (en plus des quelque 40 000 qu’elle a saisies en 2014).
Les lignes de front ont à peine bougé depuis que l’Ukraine a repris une grande partie de la province de Kherson en novembre dernier.
Qu’est-ce qui découle de cela?
Tout d’abord, cette patience est essentielle. Il est tout à fait possible que la guerre se prolonge avec des gains ukrainiens village par village, mais aucun changement dramatique jusqu’à ce que la boue d’automne et le début d’un autre hiver rendent les mouvements blindés très difficiles. Les défenses de la Russie, ses tranchées antichars, ses champs de mines et ses obstacles en béton sont formidables, mais pas invulnérables à l’attrition.
Une autre année de combats se profile en 2024. L’Ukraine doit donc d’abord ne pas être critiquée pour sa lenteur, ce qui ne fera que nuire au moral et ravir M. Poutine, mais louée pour sa ténacité.
Ensuite, elle a besoin de fournitures, de fournitures et de fournitures – plus de systèmes de fusées à longue portée himars , et de préférence les munitions atacms améliorées pour eux ; plus d’obus, plus de drones, beaucoup plus de matériel de déminage, plus de bombes à fragmentation et plus de balles. Idéalement, il a besoin de plus de chars et d’avions de chasse. Les roquettes de défense aérienne sont essentielles, car la Russie continue de cibler les villes ukrainiennes. Il a également besoin de beaucoup de matériel médical : il s’améliore pour maintenir en vie ses soldats blessés, mais beaucoup plus pourrait être fait.
Cela prendra de l’argent.
Le coût total de l’aide militaire et financière des bailleurs de fonds occidentaux à l’Ukraine s’élève jusqu’à présent à près de 200 milliards de dollars. C’est une somme coquette, certes, mais compte tenu des énormes dangers si M. Poutine l’emporte, ce serait supportable par rapport à la taille de leurs économies – le PIB de la Russie était de 2 000 milliards de dollars l’année dernière, celui des bailleurs de fonds de l’Ukraine était d’environ 55 000 milliards de dollars . L’Occident devra s’habituer à dépenser ce genre d’argent jusqu’à ce que M. Poutine soit traité, d’une manière ou d’une autre.
Enfin, l’Ukraine aura besoin d’un soutien international plus large. Les pays du monde entier devraient comprendre que permettre à l’accaparement des terres de réussir crée un précédent qui est mauvais pour tout le monde. C’est pourquoi la réunion de ce week-end à Djeddah vaut la peine d’être suivie. Appelé à la demande du président ukrainien Volodymyr Zelensky, et accueilli par le prince héritier saoudien, Muhammad bin Salman, il vise à rassembler des représentants au niveau des hauts fonctionnaires de dizaines de pays. Il s’agit non seulement des bailleurs de fonds occidentaux de l’Ukraine, mais aussi de pays comme le Brésil, l’Égypte, l’Inde, l’Indonésie, l’Afrique du Sud et même la Chine, bien que la liste complète des invitations, sans parler de la liste d’acceptation, n’ait toujours pas été divulguée.
L’objectif de l’Ukraine pour la réunion est d’essayer d’obtenir un soutien international pour un plan de paix que M. Zelensky vante depuis l’année dernière. Il demande, parmi ses dix points, le rétablissement complet de l’intégrité territoriale de l’Ukraine, un point qui, selon M. Zelensky, n’est pas négociable.
Les partisans de la clôture sont beaucoup plus ambivalents, ils ont tendance à mettre l’accent sur l’ouverture des pourparlers de paix en premier et à régler les détails fastidieux (comme le retrait russe) au cours de ceux-ci. C’est une idée fausse dangereuse, et si Djeddah doit accomplir quoi que ce soit, ce serait de percer l’illusion que leur plan serait autre chose qu’une victoire pour M. Poutine.
Tant que les troupes russes occupent une bande d’environ 18 % du territoire ukrainien, l’Ukraine ne peut pas être un État correctement fonctionnel. Il a perdu l’accès à la majeure partie de son littoral. Là où elle la retient, les mers ne sont pas sûres pour ses navires, même ceux qui transportent de la nourriture vers certains des pays les plus pauvres du monde ; La Russie a actuellement suspendu un accord qui autorisait l’exportation de quantités limitées de céréales. Aucun avion commercial ne peut entrer ou sortir du pays, par crainte d’une fusée russe. L’économie ukrainienne est paralysée en gardant tant d’hommes et de femmes au front, malgré l’aide généreuse que l’Occident lui apporte.
Et l’expérience amère montre que lorsque la Russie garde le pied, elle fait tourner les pourparlers de paix sans fin, tout en se préparant à prendre une autre bouchée.
Si l’Occident continue à le soutenir suffisamment, l’Ukraine continuera à écraser les Russes. Si la majeure partie du monde soutient la vision de paix de M. Zelensky, la pression sur M. Poutine augmentera. Un effondrement du moral à l’intérieur de la Russie, voire du régime, peut survenir à tout moment. Mais on ne peut pas compter dessus.
Préparez-vous pour un long voyage. ■
Imaginons un instant que les iraniens refilent en douce un missile antinavire a longue portee a un petit groupuscule palestinien ou syrien peu connu,que les russes un rien facetieux leur donnent les coordonnees d’un des navires de guerre us dans le canal de suez ou dans la mer rouge pour se venger des attaques de drones navals en mer noire. Imaginons que le dit bateau coule ou est oblige d’etre remorque vers un port ami. Quelle claque pour l’image des usa dans le monde… Avec ca quelques prises de positions speculatives des copains sur le marche du brut…
Ah c’est peut etre pour eviter ce genre de reponse,que les usa,plus malin que macron qui donne des missiles aux ukrainiens avant de se faire chasser d’afrique,font donner les journaleux pour proclamer aux russes que c’est les ukrainiens qui ne respectent pas les limites fixees et que ce n’est pas eux qui ont voulu ces attaques en mer noire…
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Ils se disent mondialistes, globalistes et sont les derniers à comprendre le monde actuel avec leur logiciel de pensée des années 90.
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Bonjour M. Bertez
Le prix Coué 2023 est attribué à l’unanimité au magazine « The Economist »
Le trophée Coué – un perroquet doré de 3m de haut conçu par Jeff Koons – sera remis par Potem -Joe en personne à l’occasion de l’entrée des chars ukrainiens à Moscou dans quinze jours.
Cordialement
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