AZALI ASSOUMANI
Azali Assoumani est président des Comores et président de l’Union africaine.
Emmanuel Macron est président de la France.
Bola Tinubu est président du Nigeria.
Ces hypocrites arment, font la guerre, tuent, assassinent, paupérisent, exploitent, détruisent, touchent des pots de vin, et ils trouvent le culot de produire des textes de propagande qui se veulent nobles mais qui dissimulent un seul objectif: créer de la fausse monnaie ou comme ils disent effectuer « une forte relance financière »!
Ne vous y trompez pas le seul but est non pas de préparer l’avenir mais de consolider le présent car le monde croule sous les dettes et en particulier les pays en developpement, ce qui fragilise l’architecture du système international dollar-centré.
Si vous voulez comprendre lisez les textes mis EN PRIME ci dessous.
Il s’agit de sauver le monde de l’insolvabilité pour faire « tenir » encore les banques et le système mondial qui repose sur le dollar!
Le même plaidoyer a été fait il y quelques jours par Lawrence Summers qui a co-signé un texte sur le même thème avec la star Bono! ! !
On se sert de tous les « bons » argumentt comme le climat pour justifier un nouveau round mondial de création de monnaie tombée du ciel et ceci n’est que pour un seul but; éviter que ne se déclenche une crise d’insolvabilité des pays en developpment lesquels sont au bord du gouffre financier et menacent la stabilité du sytème bancaire et les marchés.
Ce texte ideologique de propagande a trois objectifs:
-Justifier la création de monnaie et de crédit tombés du ciel international par la question du climat
-Sauver les banques et les marchés face à la terrible crise de solvabilité qui menace les pays en developpement
-Consolider le système international au profit de l’occident et du dollar en donnant quelques miettes aux pauvres
En gros on veut refaire pour ces débiteurs le coup de la Grèce que l’on a fait semblant de sauver mais ou en realité on avait sauvé les banques euros!
La seule vraie solution humaine, réaliste et efficace c’est non pas plus de crédit, plus de dettes , plus de n’importe quoi, non la seule solution c’est le moratoire et l’euthanasie des dettes , l’abandon des créances.
UN TEXTE QUI DEGOULINE DE MAUVAISE FOI;
L’objectif du prochain sommet de New Delhi doit être de faire avancer les progrès vers un monde où la pauvreté sera éliminée, la santé de notre planète préservée et les pays vulnérables mieux équipés pour faire face aux crises résultant du changement climatique et des conflits.
Quatre principes aideront à guider la voie à suivre.
Fin juin, un sommet historique sur la solidarité internationale a conclu l’ Agenda de Paris pour les personnes et la planète . Il y a quelques jours, les dirigeants africains ont fait écho et amplifié cette dynamique en adoptant la « Déclaration de Nairobi » lors du premier Sommet africain sur le climat au Kenya.
Le sommet du G20, qui se tiendra à New Delhi les 9 et 10 septembre, constitue la prochaine étape majeure pour faire avancer ce programme, avant le sommet sur les objectifs de développement durable de 2023 les 18 et 19 septembre, le Sommet du futur en septembre 2024 et la quatrième Conférence sur le financement du développement en 2025.
Le sommet de Paris a démontré notre objectif : un monde où la pauvreté est éliminée, la santé de notre planète est préservée et les pays vulnérables sont mieux équipés pour faire face aux crises résultant du changement climatique et des conflits.
Pour atteindre ces objectifs, nous devons exploiter toutes les sources de financement, y compris l’aide publique au développement, les ressources nationales et les investissements privés. De plus, nous devons rester unis. Pour éviter la fragmentation, la gouvernance de l’architecture financière internationale doit être transformée pour la rendre plus efficace, plus inclusive, plus équitable et adaptée au monde d’aujourd’hui.
Nos attentes à l’égard du sommet du G20 à Delhi sont élevées, en particulier aux côtés des aspirations de nos partenaires africains qui se sont réunis à Nairobi du 4 au 6 septembre pour s’unir pour relever le défi climatique mondial.
La reconnaissance par le G20 du fait que l’Union africaine devrait être un membre à part entière serait historique, et nous appelons tous nos partenaires à se joindre à nous pour approuver cette décision. Nous sommes déterminés à faire en sorte que les changements transformateurs que nous proposons profitent à tous les pays en développement vulnérables de toutes les régions, y compris l’Amérique latine et les Caraïbes.
À cette fin, nous avons identifié quatre principes qui aideront à guider la voie à suivre :
- Aucun pays ne devrait avoir à choisir entre lutter contre la pauvreté et lutter pour protéger et préserver la planète.
- Face à des besoins différents, les pays devront peut-être suivre des voies de transition diverses tout en s’unissant pour atteindre les objectifs de l’accord de Paris sur le climat de 2015. (C’est pourquoi nous accélérons les partenariats pour une transition énergétique juste et les programmes nationaux pour la forêt, le climat et la nature.)
- Davantage de ressources financières sont nécessaires pour soutenir les économies vulnérables, en sortant leurs populations de la pauvreté tout en protégeant la planète.
- Relever les défis mondiaux d’aujourd’hui, depuis l’atteinte de zéro émission nette de gaz à effet de serre jusqu’à la réduction des inégalités, dépendra de l’intensification du recours aux flux de capitaux privés vers les économies émergentes et en développement.
Pour soutenir les mesures concrètes convenues ou avancées à Paris en juin dernier et à Nairobi ce mois-ci, le monde aura besoin d’une forte relance financière. Heureusement, nous avons déjà atteint l’objectif de 100 milliards de dollars de droits de tirage spéciaux (DTS, l’unité de compte du Fonds monétaire international) ou de contributions équivalentes destinés aux pays les plus vulnérables du monde, notamment en Afrique. Nous appelons désormais à des contributions supplémentaires. Les gouvernements capables de fournir des mécanismes supplémentaires de réacheminement des DTS devraient le faire et tenir leurs promesses rapidement.
Il est désormais fort probable que nous atteignions également cette année notre objectif de 100 milliards de dollars de financement climatique. Nous surveillerons de près cet objectif et veillerons à ce que les pays les plus vulnérables obtiennent leur juste part.
Mais nous devons être plus efficaces dans l’utilisation de ce capital. Chaque dollar de prêt accordé par les banques multilatérales de développement (BMD) devrait être complété par au moins un dollar de financement privé. Sur cette base, nous espérons qu’ils mobiliseront chaque année au moins 100 milliards de dollars supplémentaires d’argent privé dans les économies en développement et émergentes.
Nous prévoyons également une augmentation globale de 200 milliards de dollars de la capacité de prêt des BMD au cours des dix prochaines années en optimisant leurs bilans et en leur permettant de prendre davantage de risques. Si les réformes des BMD actuellement discutées sont mises en œuvre, ces institutions pourraient avoir besoin de davantage de capitaux. Nous réaffirmons l’importance de réaliser de grands projets d’infrastructures en Afrique, et nous souhaitons poursuivre notre collaboration dans ce domaine.
Nous devons améliorer la rapidité et la prévisibilité du mécanisme de coordination de la restructuration de la dette pour les pays à faible revenu (le Cadre commun du G20 pour le traitement de la dette) et discuter de son extension aux pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure. Nous devons également accélérer la suspension de la dette lorsque cela est nécessaire, notamment pour accroître l’espace budgétaire dont disposent les pays en surendettement.
Le Cadre commun a déjà donné des résultats pour le Tchad et la Zambie, et il peut et doit être utilisé ailleurs. La vérité est que les pays doivent se soutenir mutuellement lorsqu’ils sont frappés par une catastrophe. Cela nécessite des outils spécifiques pour renforcer leur résilience, notamment une clause relative à la crise climatique dans les contrats de dette.
Il s’agit sans aucun doute d’un programme ambitieux. Toutes les institutions et tous les acteurs financiers devront travailler ensemble pour y parvenir. Une partie de cet effort de coopération doit impliquer la coordination des BMD et des banques publiques de développement au sein du réseau mondial de banques de développement « Finance en commun ». La coopération en matière de transition énergétique peut être réalisée grâce au Club Climat, créé par le G7 afin de mettre en œuvre l’accord de Paris sur le climat.
Il faudra néanmoins trouver de nouvelles voies de fiscalité internationale, sous la direction du G20, afin de respecter nos engagements climatiques. Ici, les gouvernements devront réprimer les flux financiers qui échappent aux systèmes fiscaux légitimes.
Au-delà d’une meilleure application des impôts, les pays en développement auront besoin de partenariats équitables qui leur permettent de générer de la valeur ajoutée en transformant localement les matières premières et les minéraux essentiels, et qui renforcent notre engagement à renforcer les infrastructures de soins de santé et alimentaires.
Une reconstitution financière ambitieuse de l’Association internationale de développement, un approfondissement de la facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance du FMI et un financement accru de la Banque mondiale et des autres facilités concessionnelles du FMI peuvent également jouer un rôle important dans l’aide aux pays les plus pauvres du monde. Ici, il est clair que l’inclusion de la vulnérabilité climatique dans la mission de la Banque mondiale et du FMI permettra d’investir davantage dans des projets qui aident les pays pauvres à lutter contre le changement climatique. De plus, nous devons créer un nouveau mécanisme financier international pour les forêts afin de financer les services écosystémiques. Il sera également nécessaire d’atténuer ou de réduire les risques, notamment de change, liés à de tels investissements.
Pour garantir que les engagements se traduisent en réalisations concrètes, nous avons mis en place un comité de travail conjoint comprenant des organisations internationales et régionales, des pays et des sociétés civiles pour suivre cette feuille de route.
La réunion du G20 doit démontrer que les dirigeants du monde sont prêts et sérieux à mettre en œuvre l’Agenda de Paris pour parvenir à « Une Terre, une famille, un avenir ».
Ce commentaire est également signé par : le Premier ministre Pedro Sánchez (Espagne et Présidence de l’UE) ; le Président Hakainde Hichilema (Zambie) ; le Président William Ruto (Kenya) ; le Président Macky Sall (Sénégal) ; le Premier ministre Abiy Ahmed (Éthiopie) ; le Président Abdel Fattah al-Sisi (Égypte) ; le Président Patrice Talon (Bénin) ; et la Première Ministre Mia Mottley (Barbade).
EN PRIME
Deux textes de Mickael Roberts
La semaine prochaine, 300 organisations internationales et 100 chefs d’État se réuniront à Paris pour discuter de la manière de « construire un système financier international plus réactif, plus juste et plus inclusif pour lutter contre les inégalités, financer la transition climatique et nous rapprocher de la réalisation des objectifs de développement durable ». »
Cette réunion a lieu à Paris parce que c’est ce qu’on appelle le Club de Paris qui, au cours des 60 dernières années, a surveillé et géré les prêts et les crédits accordés par les gouvernements et les banques privées garanties par le gouvernement aux pays dits en développement – vaguement appelés les pays du Sud. jours.
La réunion a lieu alors que la situation est désastreuse pour de grandes parties du Sud dans la période post-pandémique. On parle beaucoup dans les pays du Nord de la hausse des taux d’intérêt provoquant des crises bancaires et des menaces de faillite pour les soi-disant « entreprises zombies » surchargées de dettes. Mais cela n’est rien comparé aux dommages économiques et sociaux que subissent les pays à faible revenu et fortement endettés d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine.
Cela fait plus d’un an que j’ai écrit un article intitulé La crise de la dette submergée, dans lequel je décrivais la pression économique exercée sur les petites économies à faible revenu du monde entier en raison de l’inflation alimentaire et énergétique, de la hausse des taux d’intérêt et d’un dollar fort. Ensuite, j’ai identifié le Ghana, le Sri Lanka, l’Égypte et l’Argentine. En effet, dès le milieu de la pandémie en 2020, j’ai souligné le désastre croissant de la dette pour plus de 30 économies « émergentes », comptant bon nombre des personnes les plus pauvres de la planète.
Pendant la pandémie, le FMI et la Banque mondiale ont convenu d’un moratoire limité sur le service et le remboursement de leurs dettes par ces pays. Mais il ne s’agit pas d’une annulation et le moratoire est désormais terminé. Et rien n’a été fait en ce qui concerne les dettes du Club de Paris ou les énormes dettes dues aux banques privées et autres institutions financières, qui ont continué à exiger leur livre de chair. Et depuis la fin de la pandémie, la forte hausse des taux d’intérêt sur la dette mondiale et la force du dollar américain (une grande partie de la dette mondiale est en dollars) ont contraint encore davantage de pays au bord du défaut de paiement et à une pauvreté encore plus grande.
La plupart des pays pauvres dépendent de la vente de matières premières et de produits agricoles ou de l’assemblage de pièces détachées pour le Nord. Cela signifie que les revenus d’exportation sont essentiels au revenu national. Mais la croissance du commerce mondial s’est essoufflée, en particulier depuis la grande récession de 2008-2009 et encore plus depuis la pandémie. Le volume du commerce mondial a augmenté à un taux moyen de 5,8 % par an entre 1970 et 2008, tandis que la croissance du PIB était en moyenne de 3,3 %. Mais lors de la longue dépression de 2011 à 2023, la croissance moyenne du commerce mondial n’était que de 3,4 % par an, tandis que la croissance du PIB mondial n’était en moyenne que de 2,7 %. En effet, le PIB réel par habitant des pays du Sud, à l’exclusion de la Chine, a stagné par rapport à celui des économies capitalistes avancées.

Le ralentissement de la croissance du commerce mondial est particulièrement dur pour les économies « émergentes ». La croissance des exportations dans les économies du Sud a chuté de plus de la moitié du taux atteint avant la Grande Récession. Et cette mesure inclut la Chine, la plus grande économie exportatrice du monde.

Source : calculs CPD, MR
La croissance du commerce mondial au premier trimestre 2023 s’élève désormais à -0,9 %, après une baisse de 2,0 % au dernier trimestre de l’année dernière. La plupart des régions ont enregistré une baisse du commerce des marchandises au cours des deux derniers trimestres, signalant une nouvelle baisse du commerce des marchandises, selon le CPD. Et maintenant, il y a une récession manufacturière mondiale.
Indice PMI manufacturier mondial (tout ce qui est inférieur à 50 est une récession).

Source : Économie commerciale
Les dernières Perspectives économiques mondiales de la Banque mondiale dépeignent une situation désastreuse pour de nombreuses économies les plus pauvres. Il affirme que les objectifs de développement de l’ONU en matière de lutte contre la pauvreté à l’horizon 2030 sont désormais « bien loin du cap ». Les pays les plus pauvres du monde devraient payer cette année 35 % de plus en intérêts de leur dette pour couvrir le coût supplémentaire de la pandémie de Covid-19 et une hausse spectaculaire du prix des importations alimentaires. Plus de 100 milliards de dollars supplémentaires seront dépensés par les 75 pays les plus pauvres, dont beaucoup sont situés en Afrique subsaharienne, pour couvrir les prêts contractés principalement au cours de la dernière décennie.
Le remboursement de la dette accapare davantage les dépenses publiques des pays pauvres, alors qu’ils avaient déjà du mal à fournir des services d’éducation et de santé. Les guerres et les phénomènes météorologiques extrêmes liés à la crise climatique sont plus susceptibles de causer de la détresse dans les pays à faible revenu qu’ailleurs en raison de la faiblesse des filets de sécurité sociale. En moyenne, les pays les plus pauvres consacrent seulement 3 % de leur PIB à leurs citoyens les plus vulnérables, contre 26 % en moyenne pour les autres économies.
La croissance économique dans les économies en développement autres que la Chine chutera de 4,1 % en 2022 à 2,9 % en 2023. L’économiste en chef de la Banque mondiale, Gill, a déclaré : « D’ici fin 2024, la croissance du revenu par habitant dans environ un tiers des pays émergents et émergents sera inférieure à celle des pays émergents. c’était à la veille de la pandémie. Dans les pays à faible revenu – en particulier les plus pauvres – les dégâts sont encore plus importants : dans environ un tiers de ces pays, le revenu par habitant en 2024 restera inférieur aux niveaux de 2019 de 6 % en moyenne. Quatorze pays à faible revenu sont déjà en situation de surendettement ou courent un risque élevé de l’être, contre seulement six en 2015. Pas moins de 21 pays sont vulnérables.
Considérons simplement quelques-uns de ces désastres liés à la dette.
Le Ghana est depuis longtemps considéré comme une réussite et un modèle pour le développement de l’Afrique. C’est un important producteur d’or et de cacao et son PIB par habitant est l’un des plus élevés de la région. Mais le gouvernement a maintenant été contraint de recourir à un plan de sauvetage de 3 milliards de dollars du FMI après avoir fait défaut sur ses dettes en décembre dernier. Le gouvernement a emprunté massivement pour protéger l’économie des effets de la pandémie. En conséquence, la dette du secteur public est passée de 62 % du PIB en 2020 à plus de 100 % l’année dernière. Le service de la dette représente désormais environ 70 % des recettes publiques.

Le Ghana s’est retrouvé exclu des marchés internationaux de la dette alors que les inquiétudes grandissaient quant à sa capacité à rembourser ce qu’il devait. Désormais, pour obtenir les fonds du FMI, les prêteurs nationaux, c’est-à-dire les banques locales, doivent accepter une perte sur leurs prêts. Mais le Ghana doit également convaincre les prêteurs étrangers d’accepter une « décote » sur la dette de 34 milliards de dollars, ce qui ne sera pas facile. Les prêteurs privés sont responsables de 60 % de la valeur nominale de la dette extérieure du Ghana, mais les taux d’intérêt élevés qu’ils pratiquent signifient qu’ils sont responsables de 75 % du remboursement de la dette. Ces prêteurs n’accepteront aucune décote sans se battre. Le gouvernement ghanéen a cessé d’emprunter et impose de sévères réductions des dépenses dans les services publics, tels qu’ils existent actuellement. Les impôts sont augmentés – mais cela n’affectera que ceux qui occupent un emploi « formel ». La plupart des gens travaillent « de manière informelle » avec de l’argent liquide et de nombreuses entreprises échappent complètement à l’impôt.
Le Nigeria voisin est également en grande difficulté. Le plus grand pays d’Afrique est déchiré par des guerres internes, une corruption endémique et un gaspillage des revenus énergétiques. Les investissements directs étrangers sont tombés à leurs plus bas niveaux depuis neuf ans : de 3 milliards de dollars en 2015 à 468 millions de dollars. Selon les prévisions, 13 millions de Nigérians supplémentaires tomberont sous le seuil de pauvreté entre 2019 et 2025.
Le Liban est un pays qui n’a toujours pas de gouvernement un an après les élections nationales, avec seulement une administration intérimaire en place, et qui est sans président depuis sept mois. L’ancien gouverneur de la banque centrale est accusé de corruption, de blanchiment d’argent et de détournement de fonds. La livre libanaise a perdu plus de 98 % de sa valeur face au dollar depuis 2019, tandis que l’inflation annuelle a grimpé à 269 % en avril.
En Asie, un pays extrêmement peuplé (230 millions d’habitants), le Pakistan, est plongé dans une profonde crise politique et économique et se tourne désormais vers le FMI pour obtenir un plan de sauvetage. Le pays a une dette extérieure de 126 milliards de dollars et devra en rembourser 80 milliards au cours des trois prochaines années. La roupie a perdu 50 % de sa valeur par rapport au dollar américain. Les réserves de change pour couvrir les paiements sont tombées à seulement 4,5 milliards de dollars. Le PIB est en baisse. Le pays a été frappé par des tremblements de terre et des inondations et est dirigé par l’armée, ce qui absorbe une grande partie des dépenses publiques. L’inflation atteint un niveau record de 38 %.
Il y a ensuite l’Argentine, l’une des économies « émergentes » les plus riches. L’économie est enfermée dans une hyperinflation et une dette chroniques. Il a été contraint une fois de plus de s’adresser au FMI pour obtenir des fonds supplémentaires afin de rembourser ce qu’il lui doit déjà. Le pays est confronté à d’importants remboursements de dette ce mois-ci et le prochain.

Et les réserves de change sont épuisées. Les réserves nettes de l’Argentine sont devenues négatives en mai.

Le cauchemar de la dette du Sri Lanka en 2021 a culminé avec des protestations massives et la fuite du pays du président de l’époque. Mais les dettes demeurent. On a beaucoup parlé de la dette envers la Chine, affirmant que la Chine était le problème en poussant les pays pauvres dans le « piège de la dette ». Mais seulement 14 % de la dette extérieure du Sri Lanka est due à la Chine, tandis que 43 % sont dus à des détenteurs d’obligations privés (en grande partie des fonds vautours occidentaux comme BlackRock et des banques comme HSBC en Grande-Bretagne et le Crédit Agricole en France). 16 % supplémentaires sont dus à la Banque asiatique de développement (sur laquelle les États-Unis exercent une influence significative) et 10 % sont dus à la Banque mondiale (également dominée par les États-Unis). La dette « multilatérale » désigne donc en réalité la dette envers des institutions dominées par les États-Unis.

Qu’y a-t-il à faire? De toute évidence, la première mesure immédiate consiste à annuler les énormes dettes accumulées par ces pays pauvres. Les dettes sont le résultat d’une économie capitaliste mondiale faible ; la corruption et la mauvaise gestion des gouvernements locaux ; et la compression rapace des ressources et des revenus par les prêteurs étrangers.
Il existe une concentration significative des avoirs détenus par quelques grands créanciers extérieurs. Dans les années 1990, les cinq principaux créanciers extérieurs représentaient 60 % du total du crédit extérieur accordé aux pays à faible revenu et étaient principalement constitués de créanciers multilatéraux et du Club de Paris. Fin 2021, la concentration des cinq principaux créanciers extérieurs avait encore augmenté, représentant 75 % du total du crédit extérieur accordé aux PFR. Et la part de la dette envers le secteur privé a presque doublé, passant de 8 % à 19 %. Ainsi, si le FMI, la Banque mondiale et seulement quelques pays créanciers clés étaient d’accord, les dettes des pays pauvres pourraient être supprimées. La réunion de Paris va-t-elle y apporter quelque chose ? J’en doute.
Ensuite, il y a le problème à plus long terme : l’exploitation continue par le bloc impérialiste, à travers ses sociétés multinationales et ses institutions financières, de la main-d’œuvre du Sud avec la connivence des entreprises nationales et des gouvernements des élites locales. Sans une restructuration totale de l’économie mondiale vers une propriété collective et une planification sous la direction de gouvernements ouvriers, la misère de la dette continuera.
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La semaine dernière, la banque centrale du Ghana a annoncé sa plus forte hausse des taux d’intérêt jamais réalisée, dans le but de ralentir l’inflation galopante qui menace de créer une crise de la dette dans l’une des plus grandes économies d’Afrique de l’Ouest. La Banque du Ghana a augmenté son taux directeur de 250 points de base, à 17 %, alors que l’inflation à la consommation a atteint 15,7 % sur un an en février, son plus haut niveau depuis 2016. La guerre en Ukraine va probablement aggraver la situation. Le Ghana importe près d’un quart de son blé de Russie et environ 60 % de son minerai de fer d’Ukraine.
Le Ghana n’est qu’un exemple de la pression économique exercée sur les petites économies à faible revenu du monde entier en raison de l’inflation alimentaire et énergétique, de la hausse des taux d’intérêt et d’un dollar fort. Le Sri Lanka, une nation insulaire située sur la côte sud-est de l’Inde, a entamé des négociations avec le FMI en vue d’un programme d’« allègement de la dette » après que les protestations contre l’aggravation de la crise économique ont contraint le gouvernement de Gotabaya Rajapaksa à faire volte-face. Le Sri Lanka est confronté depuis des mois à des difficultés économiques croissantes, ses réserves de devises étrangères épuisées ayant déclenché des pénuries d’importations et de carburant, des pannes d’électricité et une inflation à deux chiffres. Le pays a des remboursements de dette et d’intérêts d’une valeur d’environ 7 milliards de dollars dus cette année, contre des réserves de devises utilisables aussi faibles que 500 millions de dollars.
Le Sri Lanka est le plus grand émetteur d’obligations à haut rendement d’Asie, empruntant massivement dans les années qui ont suivi la fin de la guerre civile en 2009. Il n’a jamais fait défaut. Mais elle semblait prête à le faire avant de se tourner vers le FMI. Environ un tiers de ses dettes sont dues à des détenteurs d’obligations internationales, tandis que d’autres grands créanciers comprennent des pays comme la Chine et l’Inde. Elle devrait finaliser une ligne de crédit d’un milliard de dollars avec l’Inde. Et même avec l’argent du FMI, elle devra probablement faire défaut et « restructurer » ses dettes auprès de ses créanciers.
Ce faisant, le Sri Lanka rejoindra des pays comme le Suriname, le Belize, la Zambie et l’Équateur qui ont déjà fait défaut sur leurs dettes pendant la pandémie. Le Pakistan est également au bord du défaut de paiement, son gouvernement dirigé par Imran Khan étant contraint de convoquer des élections.
L’Égypte a également demandé le soutien du FMI, alors que le pays lutte pour faire face à l’impact économique de l’invasion de l’Ukraine par la Russie. L’Égypte est la nation la plus peuplée du monde arabe et a « bénéficié » des précédents prêts et programmes du FMI. En 2016, elle a obtenu un prêt de 12 milliards de dollars sur trois ans après une crise de change paralysante alors qu’elle sortait des bouleversements politiques qui ont suivi la révolution de 2011. Elle a également reçu 8 milliards de dollars en 2020 pour faire face à l’impact de la pandémie, ce qui en fait l’un des plus gros emprunteurs du FMI après l’Argentine. Lors de l’accord de 2016, il a dévalué la monnaie, qui a perdu la moitié de sa valeur face au dollar. Les investisseurs en dette étrangère ont également retiré des milliards de dollars d’Égypte ces derniers mois, renforçant ainsi la pression sur sa monnaie.
J’ai déjà soulevé ce point , et le FMI et la Banque mondiale l’ont prévenu : de nombreux pays sortent de la crise liée à la pandémie de COVID-19 avec un important surendettement qui pourrait paralyser leur économie s’ils étaient contraints par leurs créanciers, tant privés que publics, de rembourser. Et même si bon nombre de ces pays ont un faible PIB, ils sont énormes en termes de population. La base de données sur la dette du FMI montre que le stock de la dette extérieure des pays à revenu faible et intermédiaire a augmenté en moyenne de 5,6 % en 2020, pour atteindre 8 700 milliards de dollars. Toutefois, pour de nombreux pays, l’augmentation était à deux chiffres. Le stock de la dette extérieure des pays éligibles à l’Initiative de suspension du service de la dette (ISSD) du Groupe des Vingt (G-20) a augmenté en moyenne de 12 pour cent pour atteindre 860 milliards de dollars et, dans certains d’entre eux, de 20 pour cent ou plus. Et cette initiative en matière de dette, qui suspendait simplement le paiement des dettes pendant quelques années, a désormais pris fin.

Le service combiné de la dette payé par les pays éligibles à l’ISSS en 2020 sur la dette extérieure publique et garantie par l’État, y compris le FMI, s’est élevé à 45,2 milliards de dollars, dont 31,1 milliards de dollars en principal et 14,1 milliards de dollars en intérêts. Le service de la dette en 2020 comprenait 26,4 milliards de dollars (58 %) versés aux créanciers officiels bilatéraux et multilatéraux et 18,8 milliards de dollars (42 %) aux créanciers privés, c’est-à-dire les détenteurs d’obligations, les banques commerciales et d’autres entités privées. De nombreux petits pays ont des niveaux de dette extérieure bien supérieurs à 100 % du PIB annuel.

Avant le début de l’invasion russe de l’Ukraine, l’impact de la pandémie sur les dépenses et les revenus publics des pays à faible revenu avait entraîné une augmentation de leurs emprunts souverains bruts équivalant à environ 25 % de leur PIB.

Les flux de capitaux du noyau impérialiste vers les pays les plus pauvres du monde ont diminué depuis la fin de la Grande Récession, un autre indicateur du déclin de la mondialisation. En 2011, 1 300 milliards de dollars ont été investis dans le « Sud » en provenance du Nord. En 2020, ce chiffre annuel était tombé à 900 milliards de dollars, soit une baisse de 30 %. Et rappelez-vous que plus de la moitié de tous les flux financiers vers les pays du Sud vont à la Chine. Hors Chine, la baisse des flux de capitaux vers les pays les plus pauvres est encore plus forte. Au cours de la dernière décennie, près de 60 % des flux financiers nets globaux vers les pays à revenu faible et intermédiaire en provenance des créanciers et des investisseurs extérieurs sont allés vers la Chine. Au cours de cette période, la Chine a reçu des entrées de près de 4 000 milliards de dollars, dont 40 % étaient des flux créateurs de dette et 60 % étaient des investissements directs étrangers et des flux de capitaux propres de portefeuille. En 2020,

Les créanciers privés (fonds d’investissement, etc.) ont réduit leurs investissements dans les obligations d’État et d’entreprises des pays pauvres et les banques internationales ont cessé de prêter. Une grande partie des flux de capitaux vers ces pays pauvres n’était même pas destinée à des investissements productifs mais simplement à couvrir des dettes antérieures ou à la spéculation des investisseurs étrangers sur les marchés financiers locaux. Les investissements directs étrangers (IDE) sont passés de 600 milliards de dollars en 2011 (soit environ 40 % de tous les flux de capitaux) à 434 milliards de dollars en 2020. On pourrait dire que les investissements financiers des multinationales étrangères et des spéculateurs sont la dernière chose dont ces pays ont besoin. Mais si les capitalistes étrangers réduisent leurs investissements, par quoi les remplacer ? soit pour des investissements productifs dans ces économies pauvres, soit simplement pour couvrir le remboursement de la dette existante ? La réponse est l’argent du FMI et de la Banque mondiale assorti de toutes sortes de conditions ; et une augmentation des envois de fonds de ceux qui ont quitté leur pays et ont trouvé un emploi et des revenus en travaillant à l’étranger. Pour toutes les données – voir le tableau ci-dessous.

Une question controversée concernant les flux de capitaux vers les pays du Sud est le rôle de la Chine. La Chine est devenue un créancier important pour de nombreux pays pauvres, privés de fonds par « l’Occident » et désespérés de trouver du crédit pour couvrir leurs dettes existantes et pour réaliser des projets d’infrastructure et de production. La dette combinée des pays à revenu faible et intermédiaire envers la Chine s’élevait à 170 milliards de dollars fin 2020, soit plus de trois fois le niveau comparable de 2011. Pour replacer ce chiffre dans son contexte, les obligations combinées des pays à revenu faible et intermédiaire envers l’Union internationale La Banque pour la reconstruction et le développement représentait 204 milliards de dollars fin 2020 et celle de l’Association internationale de développement 177 milliards de dollars. La majeure partie de la dette envers la Chine concerne de grands projets d’infrastructures et des opérations dans les industries extractives. Les pays d’Afrique subsaharienne, menés par l’Angola, ont connu l’une des plus fortes augmentations de la dette envers la Chine, même si le rythme de l’accumulation a ralenti depuis 2018. La région représentait 45 % des obligations envers la Chine à la fin de 2020. En Asie du Sud, la dette envers la Chine a augmenté, passant de 4,7 milliards de dollars en 2011 à 36,3 milliards de dollars en 2020, et la Chine est désormais le plus grand créancier bilatéral des Maldives, du Pakistan et du Sri Lanka.

Certains affirment que cela montre que la Chine est tout aussi « impérialiste » que l’Occident et qu’elle plonge les pays pauvres dans un « piège de la dette » permanent. Mais les preuves de cela sont faibles . La plupart des crédits chinois ne sont pas accordés à des conditions pires que celles proposées par le FMI et d’autres créanciers bilatéraux et, dans de nombreux cas, sont bien meilleures . La Chine est censée utiliser la « diplomatie de la dette » contre les intérêts des pays débiteurs. Mais la diplomatie de la dette est en réalité davantage utilisée par l’Occident, comme le montrent les exemples de l’Argentine et de l’Ukraine.
En résumé, les dettes des investisseurs étrangers et des institutions financières du Sud se sont accélérées pendant la pandémie de COVID et « l’allégement de la dette » n’a pas existé. Aujourd’hui, le conflit ukrainien accroît le risque de défaut de paiement et de récession économique pour ces pays, à mesure que l’inflation s’accélère, que les taux d’intérêt augmentent et que la croissance économique s’essouffle.

Les transferts nets de ressources financières des pays en développement vers les pays développés dépassent de loin toute compensation par les flux nets d’aide au développement (APD) vers les pays en développement, qui s’élevaient en moyenne à moins de 100 milliards de dollars par an. En 2012, dernière année de données enregistrées, les pays en développement ont reçu un total de de 1 300 milliards de dollars, y compris l’ensemble de l’aide, des investissements et des revenus étrangers. Mais la même année, quelque 3 300 milliards de dollars en ont été retirés. En d’autres termes, les pays en développement ont envoyé 2 000 milliards de dollars de plus au reste du monde qu’ils n’en ont reçu . Si l’on considère toutes les années depuis 1980, ces sorties nettes totalisent un total époustouflant de 16,3 milliards de dollars.
Quelle est la réponse? Eh bien, la solution mondiale la plus évidente est d’annuler les dettes de tous ces pays pauvres. Sur la base du montant dépensé par leurs gouvernements pour rembourser la dette qui quitte le pays, la Jubilee Debt Campaign estime que les habitants de 54 pays vivent actuellement dans une crise de la dette , contre 31 en 2018 et 22 en 2015. Ainsi que les 54 pays du crise de la dette, Jubilee Debt Campaign estime que 14 pays risquent une crise de la dette publique ou privée, 22 risquent une crise de la dette du secteur privé uniquement et 21 pays risquent une crise de la dette du secteur public uniquement.
Il existe ensuite des solutions nationales. Premièrement, les gouvernements doivent mettre en place des contrôles des capitaux pour mettre un terme au flux inconsidéré de capitaux spéculatifs qui détruit les monnaies nationales et provoque des crises financières. Des contrôles des capitaux sont également nécessaires pour éradiquer les flux de capitaux illicites et criminels. La société américaine Global Financial Integrity (GFI) estime que les pays en développement ont perdu au total 13,4 milliards de dollars à cause de fuites de capitaux non enregistrées depuis 1980 .

Même le FMI a admis que le contrôle des capitaux devrait être une arme à la disposition d’un gouvernement national pour protéger ses actifs financiers et l’épargne des ménages contre le dépouillement de leurs actifs et la fuite des capitaux des riches particuliers et des entreprises. Le FMI affirme désormais que les pays devraient avoir « plus de flexibilité pour introduire des mesures qui relèvent de l’intersection de deux catégories d’outils : les mesures de gestion des flux de capitaux (CFM) et les mesures macroprudentielles (MPM) ». Et des contrôles pourraient être « appliqués de manière préventive, même en l’absence d’afflux de capitaux, à la boîte à outils politique ».
En fin de compte, la seule façon pour les pays pauvres de réduire leur exploitation par les multinationales et la finance internationale est de contrôler l’État sur leurs secteurs bancaires et stratégiques de leur économie. Bien entendu, cela constitue un anathème pour le capital international.