Essai; L’activisme des banques centrales a pour fonction de repousser les limites du système.

Les conditions économiques actuelles s’écartent des normes historiques.

Les conditions économiques actuelles s’écartent des normes historiques et indiquent un paysage économique complexe et difficile.

Pourquoi?

Parce que nous ne sommes plus dans ce que l’on appelle des marchés, des confrontations d’opinions individuelles statistiquement réparties, nous sommes sur des espaces de transmission et d ‘intervention des banques centrales.

Par leur activisme les banques centrales ont réussi à prendre le contrôle de ce qui était auparavant des marchés.

Un marché c’est le bas qui remonte vers le haut, du bottom up; le système actuel c’est du haut qui descend vers le bas et le manipule, du top down. C’est le régime de l’inversion.

Les banques centrales ont imposé un nouveau système par:

-unification du champ des actifs monétaires et financiers, du court et du long; le long n’est qu’une succession de courts!

-réduisant ces derniers à un couple risk/reward ,

-évacuant peu à peu le réel et en le remplaçant par les anticipations

-par prise en charge du risk inclus dans les marchés par le bais du Put et le controle du VIX,

-par l’innovation de l’utilisation de la taille de leur bilan,

-par la connivence avec les établissements TBTF, bnanques et gros gestionnaires type BlacRock

-par la production de comportements Pavlov grace aux modèles,

-par la communcation, par les guidances,

-par les gratifications/récompenses des opérateurs dociles qui ne « fight pas the Fed ».

-par les sanctions des opérateurs « rogues », qui osent vendre à découvert

Les commentateurs et les observateurs s’obstinent pourtant dans de nombreux cas à utiliser les mêmes recettes, les mêmes raisonnements, les mêmes modèles historiques comme si de rien n’étaient. Exemple la tarte à la crème de la courbe des taux.

Ils refusent de voir la nouvelle réalité – ou le nouvel imaginaire, comme on veut- qui est que dans un régime de banque centrale activiste , plus rien ne peut se passer comme avant ; il y a un double apprentissage! Construction d’un autre système.

Il y a l’apprentissage de l’Institution Centrale, au fil du temps elle corrige ses erreurs et il y a l’apprentissage des opérateurs qui au fil du temps délaissent le réel pour se concentrer sur ce que fait la banque centrale. On passe des heures a decortiquer le marc de café ou les volutes de fumée de Powell. La conjonction de ces deux apprentissages crée une situation non previsible, imprevisibles de degré supérieur.

En gros le comportement des marchés ne peut redevenir rationnel et intelligible que si et seulement si les Institutions et la Banque Centrale en perd le contrôle; entre temps tous les raisonnements et prévisions qui s ‘appuient sur l’expérience passée et la logique sont inadéquats, périmés.

Dans le régime post moderne, tout effort de prévision est inutile ce qui explique l’évolution irresistible vers la spéculation et le jeu, le court termisme, le présentisme, la dictature du momentum, le FOMO; la magie de la tendance, les performances des gestions indicielles ou quantitatives .

L’activisme des banques centrales a pour fonction de repousser les limites du système de l’inflationnisme monétaire et cet activisme apprend, se perfectionne, s’enrichit de nouveaux outils sans cesse.

Cela ne veut pas dire qu’il ne sera pas pris en défaut, non surtout pas, il le sera, mais le calendrier du Grand Defaut ne peut être appréhendé. Seul le hasard fixera le calendrier, aucun raisonnement ne peut le prévoir; nous sommes dans le hautement, hautement complexe.

Le graphique ci dessous fait peur .

C’est a partir d’observations comme celle ci que les catastrophistes, les prophètes de l’Armagedon ne cessent de crier au loup, on va vers la Grande Crise!

Une bombe de la dette a explosé vers 1929… et elle a détruit de nombreuses banques et entreprises. La bombe de la dette est aujourd’hui bien pire et pourtant malgré le soi disant resserrement monétaire il ne se passe rien!

Pourquoi ?

Parce que jusqu’à présent il n’y a pas eu de vrai resserrement monétaire sauf à la marge, à la Péripherie..Le coeur du système actuel ce sont les 30% du S&P 500 qui sont valorisés à plus de 50 fois les nets, c’est là que cela se passe!

On vous a fait regarder là ou il ne se passe rien, l’action monétaire, la vraie, celle qui est déterminante est ailleurs, non vue. Si il y avait resserrement monétaire la courbe du graphique ci dessous chuterait comme une falaise de Sénèque!

Les statistitiques et indicateus de masses monétaires, de liquidités et autres imbécilités ne signifient rien, car ce qui compte c’est ce qui est effectif, ce qui est caché, non-dit, non mesuré; ce qui compte ce sont les vitesses de circulation .

Ce qui compte en matiére monétaire moderne c’est le mouvement, le levier, l’appétit pour le risque et l’appétit pour le risque ne s’est jamais – jusqu’a présent- démenti. Quand il a faiblit aussitot il a été restimulé et soutenu.

« Le marché obligataire américain n’a pas lancé d’avertissements de récession de manière aussi constante et aussi longue depuis au moins six décennies. »

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