Je suis désolé, la finance c’est complexe, pas évident mais comme je l’ai déjà dit a propos de la monnaie si tout était simple ils ne pourraient pas se moquer de vous, vous spolier et vous exploiter.
Commençons par le commencement, voici les IFNB.
Une institution financière non bancaire ( IFNB ) est une institution financière qui n’est pas légalement une banque ; elle ne dispose pas d’une licence bancaire complète ou n’est pas supervisée par une agence de régulation bancaire nationale ou internationale .
Les IFNB facilitent les services financiers liés aux banques, tels que l’investissement , la mutualisation des risques , l’épargne contractuelle et le courtage de marché . Citons par exemple les compagnies d’assurance , les prêteurs sur gages., émetteurs de chèques de banque , lieux d’encaissement de chèques , prêts sur salaire , bureaux de change et organismes de microcrédit .
Alan Greenspan a soutenu le rôle des IFNB dans les économies, car elles offrent « de multiples alternatives pour transformer l’épargne d’une économie en investissement en capital ».
Je vous conseille la lecture du dernier rapport du FSB , si vous voulez avoir « un aperçu de la façon dont les vulnérabilités pourraient se développer compte tenu de l’évolution des conditions macrofinancières ».
https://www.fsb.org/2022/12/global-monitoring-report-on-non-bank-financial-intermediation-2022/
EXTRAIT:
Si on en croit le FSB, Financial Safety Board, le total des actifs financiers mondiaux a continué d’afficher une forte croissance en 2021, augmentant de 7,7 % pour atteindre 486 600 milliards de dollars.
Le secteur des IFNB a connu une croissance de 8,9 % en 2021, supérieure à sa croissance moyenne sur cinq ans de 6,6 %, atteignant 239 300 milliards de dollars.
La forte croissance des actifs des banques centrales, des banques et des institutions financières publiques observée en 2020, en réponse à l’apparition de la pandémie de COVID-19, a ralenti en 2021 dans la plupart des juridictions.
En conséquence, l’ensemble du secteur des IFNB a augmenté sa part relative dans le total des actifs financiers mondiaux de 48,6 % à 49,2 % en 2021.
L’accroissement des liquidités, le gonflement de la taille des bilans des banques centrales et l’argent bon marché ont accéléré la croissance absolue et relative du secteur obscur qu’est le secteur IFNB.
La conséquence d’un « resserrement des liquidités » et du renchérissement du loyer de l’argent est le risque croissant d’un nouvel effondrement des marchés financiers et d’une vague de désendettement semblable à l’effondrement des prêts hypothécaires et de la spéculation lors du krach financier mondial de 2008.
Les régulateurs financiers commencent à s’inquiéter.
Le Comité européen du risque systémique, la Banque des règlements internationaux et le régulateur mondial des valeurs mobilières Iosco ont ces derniers temps attiré l’attention sur l’augmentation des risques.
La régulation de la spéculation après le krach de 2008, est purement cosmétique, elle est d’autant plus inefficace que l’opacité s’est accrue au lieu de régresser. Un responsable de la stabilité financière de cette époque de crise avait d’ailleurs déclaré : « Nous n’avons jamais vraiment pensé que nous résoudrions un problème et imaginé quelles en seraient les conséquences».
Les risques concernent les institutions financières non bancaires (IFNB), comprenant les fonds d’investissement, les compagnies d’assurance, les fonds de pension, les family offices, et d’autres intermédiaires financiers.
Les IFNB représentent désormais 50 % des actifs mondiaux des services financiers et ils ne sont pratiquement pas réglementées.
Ci dessous l’évaluation qui est faite par le FSB.

Au sein de la zone euro, la croissance du secteur des IFNB s’est accélérée après la crise financière mondiale, doublant depuis 2008, passant de 15 000 milliards d’euros à 31 000 milliards d’euros.
La part des crédits accordés par les IFNB aux sociétés non financières de la zone euro est passée de 15 % en 2008 à 26 % à la fin de l’année dernière.
Dans l’ensemble, les actifs du secteur des IFNB représentent désormais environ 80 % par rapport à la taille du secteur bancaire.
Ces entités sont totalement imbriquées dans le système bancaire et financier et elles sont donc soumises aux risques de désendettement en cas de mise sérieuse en risk-off du secteur; c’est à dire en cas de fuite devant le risque. Les banques ne connaissent pas vraiment les engagements de leurs partenaires IFNB auprès d’autres banques. .
L’effondrement de n’importe quelle grande IFNB se répercuterait sur le système bancaire en quelques heures. Les tensions financières au sein d’une IFNB fortement endettée peuvent se transmettre directement aux grandes banques situées au cœur du système financier.
Les banques sont directement liées aux entités du secteur des IFNB via des prêts, des titres et des dérivés, ainsi que par des partenariats en matière de financement.
Je cite la BCE : « Le financement des entités des IFNB est probablement l’un des canaux de retombées les plus importants du point de vue du risque systémique, étant donné que les entités des IFNB maintiennent leurs réserves de liquidité principalement sous forme de dépôts dans les banques et interagissent sur les marchés des pensions avec les banques. »
L’effondrement du fonds spéculatif Archegos a révélé l’inefficacité de la gestion des risques et des contrôles internes des banques, Archegos avait pris des positions excessivement en levier et concentrées.
Les pertes du Credit Suisse, aujourd’hui disparu, liées à Archegos se sont élevées à 5,5 milliards de dollars. Selon la BCE : « Non seulement cette perte était substantielle en soi, mais elle a également contribué à la chute finale de la banque, conduisant à son acquisition orchestrée par le gouvernement par UBS. »
Un rapport récent de la Banque d’Angleterre concluait que : « les banques parallèles opèrent aux côtés des banques commerciales pour titriser les prêts individuels risqués et donc produire des titres adossés à des actifs standardisés. Les investisseurs perçoivent ces titres, exempts de tout risque idiosyncrasique, comme étant presque aussi sûrs que les dépôts bancaires traditionnels, et les achètent donc. Cela permet aux banques d’élargir leurs prêts en facturant des spreads plus faibles.
Mais la BoE continue ensuite : « Toutefois, en période de tensions, la qualification « presque » s’avère cruciale et la substitution imparfaite entre titres et dépôts devient apparente. Les titres s’accompagnent soudainement d’une prime plus élevée, suffisamment pour restreindre la capacité des banques parallèles à s’engager dans la titrisation. Cela se répercute sur les banques commerciales : ne pouvant plus se débarrasser d’une partie de leur portefeuille au même prix, elles ont recours à des spreads croissants sur les consommateurs comme sur les entreprises. «
Cela affecte « l’économie réelle » car « à mesure que les spreads augmentent, le crédit devient plus cher. Les ménages endettés doivent réduire leurs achats de biens et de logements. Les entreprises endettées doivent réduire leurs demandes de capitaux. L’emploi, la consommation et l’investissement chutent, provoquant une récession. Ainsi, une baisse de la confiance des investisseurs – nous appelons cela un choc de sentiment du marché – produit des co-évolutions fortes et positives entre les principales variables macroéconomiques, les quantités de crédit et les prix des actifs, ainsi que des mouvements anticycliques des spreads de crédit des ménages et des entreprises. Ce choc de « sentiment du marché » « explique particulièrement bien les deux récessions de la zone euro en 2009 et 2012 ».
En bref, les prêts spéculatifs des « banques fantômes » sont très susceptibles de conduire à un effondrement du crédit, se propageant au secteur bancaire dans son ensemble, puis à l’économie réelle, déclenchant ainsi un krach.
Klaas Knot, président du Conseil de stabilité financière, a déclaré : « Si nous voulons parvenir à un monde où ces vulnérabilités seront moindres, nous devons nous attaquer à ce problème ». C’était une priorité car l’endettement non bancaire « peut potentiellement menacer »la stabilité financière ».
Voila, tout est dit, il n’y a plus qu’à croiser les doigts .
En passant vous comprenez pourquoi je ne crois pas à la détermination de Powell de vraiment tenir bon . il va mettre un genou à terre.
Le problème des gens comme Powell ,c’est qu’ils raisonnent en termes de macro économie.
Ils voient l’inflation comme un remède financier.
Or l’inflation détruit l’économie réelle et la société en rendant la vie des gens impossible.
Le secteur immobilier en est la preuve.
Pour un pays comme la France,le poids du secteur du batiment et de ses dérivés flirte avec les 25% du PIB.
En ce qui concerne l’explosion des dettes publiques,les banquiers centraux n’ont pas de réponse.
Or si cette explosion ralentit,c’est la croissance qui s’écroule et qui précède tout l’édifice financier.
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Ils parlent du « Shadow-banking » sans citer le terme ??
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Vous savez pour progresser dans la réflexion il faut travailler et chercher soi même .
Shadow banking ou intermédiation financière non bancaire
L’intermédiation financière non-bancaire (IFNB), connue jusqu’en 2018 sous le nom de « shadow banking » ou « finance de l’ombre », désigne un système de collecte de fonds et d’octroi de financements impliquant des acteurs qui n’appartiennent pas au système bancaire traditionnel, bien qu’ils puissent conduire des activités similaires à celles des banques.
Découvrez grâce à cette fiche en 2 pages et 4 infographies et grâce à cette vidéo de 3 minutes les différents acteurs de l’IFNB, leur poids (48% des actifs financiers mondiaux), l’alternative qu’ils représentent pour le financement de la croissance et de l’innovation, leur modèle économique mais également les interrogations qu’ils suscitent quant à leur rôle et les risques qu’ils véhiculent, leur réglementation différant en nature et en intensité avec la réglementation bancaire. Enfin, testez vos connaissances avec un quiz de 5 questions.
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