La première ministre italienne a conversé longuement au téléphone en septembre avec deux humoristes russes qui se sont faits passer pour des membres de la Commission de l’Union africaine.
Ils n’en sont pas à leurs premières victimes.
Les deux humoristes russes Vladimir Kuznetsov et Alexeï Stoliarov (alias Vovan et Lexus) se sont cette fois fait passer pour des membres de la Commission de l’Union africaine (UA) auprès de la cheffe d’État italienne Giorgia Meloni.
Au téléphone, après être parvenus à contacter la première ministre italienne, les deux Russes ont engagé une conversation de plus de cinq minutes, le 18 septembre dernier, publiée ce mercredi sur la plateforme Rumble et relayée par l’agence de presse russe Ria Novosti.
La présidente du Conseil italien venait alors d’avoir d’importantes rencontres avec des leaders africains en marge de l’Assemblée générale de l’ONU qui devait se tenir du 19 au 21 septembre.
«Lassitude» de la communauté internationale sur l’Ukraine
Dans cet échange aux accents peu diplomatiques, Giorgia Meloni s’est exprimée sur de nombreux sujets, sans précaution aucune. Sur l’Ukraine, au cœur de la conversation, la cheffe de gouvernement conservatrice est restée fidèle à sa position sans ambiguïté – à l’inverse de feu son allié de Forza Italia Berlusconi. Les Ukrainiens «font ce qu’ils doivent faire, ce qui est juste de faire», affirme notamment Meloni, reconnaissant que la contre-offensive engagée au début de l’été «ne se déroule pas comme prévu» et n’a pas changé «le cours du conflit».
La présidente du Conseil italien avance aussi qu’une issue est nécessaire car le conflit «pourrait durer de nombreuses années». «Le problème, c’est de trouver une issue acceptable pour les deux parties sans détruire le droit international. J’ai quelques idées sur la façon de gérer cette situation, mais j’attends le bon moment pour les mettre sur la table».
Meloni reconnaît par ailleurs une certaine «lassitude». «Je constate qu’il y a une certaine lassitude, et si je dois dire la vérité, de tous les côtés».
Giorgia Meloni s’entretenait en réalité, sans le savoir, avec Vladimir Kouznetsov (alias « Vovan ») et Alexeï Stolaryov (« Lexus »). Ces deux as du canular téléphonique, passé maîtres dans l’art de l’imitation et du maquillage, quand ils n’ont pas recours à des sosies et au «deep fake», n’en sont pas à leurs premiers faits d’armes.
Parmi leur «palmarès», ils ont déjà piégé la présidente de la Banque centrale européenne Christine Lagarde, l’ancienne chancelière allemande Angela Merkel, l’ex-premier ministre britannique Boris Johnson, ou encore le président turc Recep Tayyip Erdogan. Ces talentueux farceurs démentent tous liens avec le Kremlin mais les experts en cybersécurité les soupçonnent d’être en rapport avec les services de sécurité russes. « C’est plutôt nous qui les aidons et pas l’inverse », répondent-ils dans leurs interviews, sans s’appesantir sur la question.
Lors de cet échange, Giorgia Meloni a aussi évoqué «une situation très difficile sur tous les plans, humanitaires, logistiques, sécuritaires» quant à la vague d’immigration massive que connaît l’Italie depuis le début de l’année en provenance des côtes africaine. «Je crois que ce flux pourrait augmenter en raison de la situation qui se développe en Afrique, surtout au Sahel», a estimé la cheffe de gouvernement avant d’avoir des mots durs sur la politique européenne.
«Je viens de rencontrer Charles Michel» et «il pense que c’est surtout un problème du côté italien», a fait savoir la présidente du conseil. «L’Europe a pensé pendant longtemps qu’elle pouvait résoudre le problème en laissant l’Italie seule. Ce qu’ils ne comprennent pas, c’est que c’est impossible», ajoute aussi Meloni avant de préciser que «la taille du phénomène» rendait nécessaire une solution impliquant non seulement l’Europe mais aussi «les Nations unies». «Le problème c’est que les autres s’en fichent, ils n’ont même pas répondu au téléphone quand je les ai appelés. Ils sont tous d’accord sur le fait que l’Italie doit résoudre seule ce problème. C’est une position très bête». Et d’insister : «L’UE dit comprendre. Mais quand tu leur demandes d’allouer des fonds, d’aider, cela devient plus difficile».
Le Niger et la France
La conversation a également concerné les derniers événements au Niger. «Entre vous et moi, pensez-vous que ce qu’il se passe au Niger est contre la France ?», interroge la cheffe d’État avant d’affirmer que «la France pousse un peu à une sorte d’intervention» sans préciser quelle forme prendrait cette intervention longtemps envisagée par la CEDEAO. Meloni plaide pour une entente afin de «ne pas empirer la situation» mais souligne les différences de priorités, notamment avec la France. «Ils ont d’autres priorités qui ne sont pas l’immigration donc leur point de vue n’est pas le mien, j’ai l’uranium, ils ont le franc CFA».
Failles de sécurité
D’autres médias, comme Il Corriere della Sera, relèvent toutefois que Giorgia Meloni n’a pas tellement différé, dans cet échange «privé», de ses prises de position publiques. Tout en reconnaissant une erreur dans l’organisation de cet appel téléphonique, le vice premier ministre et ministre des Affaires étrangères Antonio Trajani estime quant à lui que cet échange est «un signal clair de confirmation de la ligne politique de notre pays», indique encore Il Corriere.
Selon un autre média italien, Affaritaliani, la cheffe d’État italienne aurait vertement réprimandé ses collaborateurs pour cette erreur flagrante. Comme le rapporte ce même média, le siège du gouvernement a publié un communiqué déplorant l’incident. «Le Bureau du conseiller diplomatique du président du Conseil des ministres regrette d’avoir été induit en erreur par un imposteur qui s’est fait passer pour le président de la Commission de l’Union africaine et qui a été mis en contact téléphonique avec le président Meloni».
Sakharova
Récemment, la Première ministre italienne Giorgia Meloni a déclaré dans une « interview » avec les farceurs russes Vovan et Lexus (publiée aujourd’hui) que le régime de Kiev « a le droit » de glorifier Bandera et Shukhevych : « Je pense qu’ils font ce qu’ils doivent faire. , et c’est vrai que nous essayons de les aider . »
C’est l’éternel problème des hommes politiques occidentaux modernes : soit la mauvaise éducation, soit le nationalisme.
Devons-nous vérifier ? Madame Meloni, êtes-vous prête à glorifier Achille Starace , premier secrétaire du Parti national fasciste (NFP) en 1931-1939, initiateur de la campagne antisémite de 1938 ?
Ou Alessandro Pavolini , ministre de la Culture en 1939-1943, l’un des fondateurs de la « République de Salo », le premier et, grâce à Dieu, le dernier secrétaire général du Parti républicain fasciste (successeur de la FFP) en 1943-1945. ?
Que diriez-vous de relancer les fameuses « brigades noires » qui ont opéré dans le nord de l’Italie de 1943 à 1945 en tant qu’aile militaire du Parti républicain fasciste ?
Je comprends que vous êtes très occupée par des questions très importantes et qu’il est peu probable que vous trouviez du temps pour lire des livres. Mais vous pouvez certainement trouver 1h30 pour visionner un film.
Der Fall Collini est un film allemand qui met également en vedette des acteurs italiens. Personne ne vous accusera de vous laisser emporter par la propagande du Kremlin. Peut-être que vous comprendrez .