Editorial. Les Etats Unis construisent l’autoroute qui les mène à la Falaise de Sénèque. Nouveau.

Je vous offre ci dessous ce texte de Lavrov. Il fait ce qu’il croit être un tour complet de la situation. Et il faut reconnaître que c’est remarquable de clarté de précision et de rationalité.

Mais avant lisez et réfléchissez à cet éditorial qu’il m’a inspiré .

Si vous avez suivi son fil conducteur, vous arrivez à la conclusion que le système américain s’auto-détruit.

Et a que c’est a partir de ce diagnostic d’auto destruction que les partenaires ou rivaux ou ennemis des USA devraient élaborer leurs propres stratégies de positionnement dans le monde.

L’Amérique périt et pourrit par la tête, sa tête, Washington et ses super riches ont perdu la raison, ils sombrent dans l’irrationnel.

Le système américain est soumis à ses contradictions internes, à des forces antagoniques qui devraient le faire évoluer vers une autre phase de son histoire.

Il devrait accepter les conséquences des évolutions intervenues depuis quelques décennies. Mais cette évolution est refusée par les classes sociales qui exercent le pouvoir, elles veulent continuer à régner, à jouir et à s’enrichir. Elles veulent maintenir leur Ordre.

Elles veulent arrêter l’histoire, c’est leur obsession, c’est la grande folie américaine depuis la chute de l’Union Soviétique; arrêter l’histoire, rester sur un plateau ou elles exercent le pouvoir pour l’éternité.

Cette volonté d’arrêter l’histoire produit un ensemble de mythes, de fausses certitudes, produit toute une culture qui ronge de l’intérieur le système et l’affaiblit encore plus. Le déclin produit sa popre culture, une culture d’affaissement avec des illusions compensatoires.

Les Etats Unis produisent un récit, un imaginaire qui les envoie en l’air et donc ils se désadaptent encore plus à la réalité historique. La bonne comparaison est avec celle de personnes qui se droguent, elles planent , deviennent toutes puissantes dans l’imaginaire mais deviennent de plus en plus faibles dans le réel.

Hélas les forces du système ne s’arrêtent pas, elles se développent; de puissants antagonismes irréductibles s’amplifient par le jeu des phénomènes d’accumulation et de rareté. Le monde n’est pas fait que de flux, il est fait d’accumulations, de ruptures, d’usure et de finitude. Les fétus de paille brisent le dos des chameaux. Ces phénomènes de stocks font qu’à un qui un moment ils empêchent la reproduction, et bloque les rouages.

Exemples concrets: l’accumulation de dettes ne peut être infinie, la consommation des ressources bute sur leur extinction, l’exploitation du Reste du Monde produit son développement et donc sa rivalité/concurrences etc

La dialectique des stocks et des flux, du capital et du profit

Au lieu de faire un diagnostic rationnel et raisonnable qui serait de s’attaquer aux phénomènes de stocks et d’excès d’accumulation, la société américaine choisit la fuite en avant , elle choisit de se prolonger tout en assurant encore mieux sa destruction à long terme. Elle fait toujours plus de tout ce qui la détruit, la dette, l’armement, les inégalités internes, l’anti sélection des élites, la féminisation et la castration sociale, la division etc

Elle construit l’autoroute qui la mène à la Falaise de Sénèque.

Je pense que c’est à partir de cette analyse qui consisterait à prendre appui sur les forces de destruction internes des USA que la Chine et la Russie devraient travailler et élaborer leur conduite .

C’est sur cette analyse que la Chine et la Russie devraient fonder leur Grande Stratégie.

Il leur faudrait bien cerner les faiblesses endogènes du système américain et jouer dessus dialectiquement, , comme on dit souvent, comme au judo.

C’est aussi ce que devrait faire l’Europe pour peu qu’elle ait encore envie d’avoir un destin propre, un destin honorable en dehors de la soumission.

Les Russes et le Chinois pensent bien et juste mais pas encore assez.

C’est l’une des caractéristiques de la pensée des Russes qu’ils partagent avec les Chinois: quand ils nous parlent, ils parlent, non pas à nos émotions, mais à notre raison. C’est évidemment la raison pour laquelle leurs discours ne sont pas publicisés en Occident. En tant que discours qui s’adressent à la raison, ils sont trop pernicieux. Ils polluent l’esprit des citoyens et risquent par conséquent de venir contrer les campagnes de propagande anti-Russes et anti-Chinoises qui sont censées nous formater.

Je vous demande de lire ce texte avec l’état d’esprit exposé ci-dessus: une rationalité critique.

Je considère que ce texte est remarquable comme la plupart des textes de Lavrov et de Poutine. Cependant, même si ce sont des approches holistiques, dialectiques, conformes à ce que j’apprécie en général, je trouve que ces textes ont tous une lacune et je vais tenter de vous la faire toucher du doigt ici.

Cette lacune, je ne vous cache pas, m’étonne car en tant qu’héritier du marxisme et du maoisme, elle ne devrait pas exister. La dialectique aussi bien marxiste que maoiste repose sur l’analyse des contradictions, sur l’analyse des forces de sens contraire qui s’opposent et qui, en s’opposant, produisent des résultantes qui déterminent le mouvement de l’Histoire.

Dans le cadre d’une bonne analyse dialectique classique, dirais-je, les situations doivent s’étudier sous deux aspects complémentaires et inséparables. Je reprends la formulation la plus simple qui est celle de Mao Tsé Tung: toute situation évolue en fonction de ses contradictions internes et de ses contradictions externes.

Et c’est là où réside « le manque » des analyses aussi bien chinoises que russes. Elle font un travail remarquables d’analyse des contradictions externes entre les Etats-Unis et le bloc occidental qu’ils dirigent et le Reste du Monde. C’est l’analyse en terme d’opposition entre l’unipolarité et la multipolarité.

Le second volet de l’analyse dialectique impose que l’ons e consacre à la recherche et à l’examen des contradictions internes d’un système, donc ici à l’examen des contradictions à l’intérieur du bloc occidental. Un aspect est abordé, c’est l’aspect contradiction entre les Etats-Unis et leurs vassaux, c’est à dire avec l’Europe. Il est souligné à quel point les Etats-Unis exploitent leurs vassaux, les dominent, les paupérisent afin de se renforcer eux-mêmes.

En revanche, ce qui est totalement omis, c’est l’analyse des contradictions du système américain lui-même. Si le système américain est obligé d’eploiter ses vassaux pour essayer de maintenir son hégémonie, c’est parce que lui-même est miné de l’intérieur parce qu’il s’affaiblit. Il est obligé pour repousser ses limites internes qui l’affaiblissent de drainer la richesse de ses vassaux.

Le point essentiel que je veux faire ressortir est celui-ci: le régime capitaliste américain est en crise. Il est en crise terrible, existentielle; et c’est une crise que les marxistes devraient bien connaître puisque c’est une crise de suraccumulation de capital, de tendance à l’érosion de la profitabilité de ce capital, crise de l’insuffisance d’investissements productifs, crise du parasitisme spéculatif, le tout magnifié par le remède qui a été mis en place autour des 30 à 40 dernières années: le recours forcené à l’endettement de tous les agents économiques. Recours forcené que l’on désigne sous le nom de financiarisation, ce nom de financiarisation visant la prééminence prise par la finance sur la production. La prééminence du mouvement de la finance et de l’argent sur la production de richesses.

J’ai souligné en son temps qu’un grand acteur de l’opposition aux Etats-Unis avait parfaitement analysé ce volet. Je veux parler d’Ossama Ben Laden. Dans un texte extraordinaire de 1992 que malheureusement je ne peux pas vous transférer car il est dans la mémoire d’un vieil ordinateur, Ben Laden explique toutes ces contradictions internes du système américain et il met le doigt sur le vrai point faible de ce système: le dollar et la bourse.

Ce que l’on n’a jamais développé, c’est cette idée de Ben Laden que les attentats du 11 septembre visaient le cœur du système américain: le marché financier. Il avait tout compris. Le point de concentration des faiblesse du système américain c’est son point fort: la Bourse.

Lavrov passe à nouveau en revue la situation globale, mais il n’entre pas dans les détails les plus fins et les plus complexes.  Voici maintenant l’adresse de Lavrov :

Mesdames et Messieurs,

Merci d’avoir accepté notre invitation à tenir une deuxième réunion dans le même format sur les événements qui se déroulent autour de la crise ukrainienne et sur un grand nombre de spéculations auxquelles nous opposons des faits. J’espère qu’il vous sera utile d’entendre notre point de vue aujourd’hui. Je suis sûr que vous le connaissez. Nous aimerions aborder le « problème des sanctions » de manière générale.

La guerre déclenchée contre nous par l’Occident avec les mains de l’Ukraine et les corps des Ukrainiens est une guerre hybride dans laquelle un rôle particulier est attribué aux mesures restrictives unilatérales illégales – les « sanctions ». 

En ce qui concerne la Russie, leur nombre est sans précédent et dépasse les 17 000. Les objectifs ne sont pas cachés : saper l’économie russe et forcer les dirigeants politiques à abandonner leur ligne indépendante dans les affaires étrangères, pour retourner la population contre les autorités. Il s’agit d’un objectif affiché. Lorsque les problèmes des mesures restrictives unilatérales sont évoqués en termes généraux, l’Occident jure toujours qu’il mène une politique dans laquelle les sanctions ne visent pas la population civile. Ceci est un mensonge. C’est exactement ce qu’ils font. Ils se donnent pour tâche de provoquer des émeutes et de soulever le peuple contre les autorités. L’Occident mène une telle politique dans de nombreux pays. Les ambassadeurs et le personnel des ambassades présents ici connaissent probablement de tels exemples concernant leurs propres États.

Il était clair dès le début pour ceux qui avaient l’expérience que cette politique visant à saper l’économie et la sphère sociale russes ne donnerait rien. Je pense que cela est désormais clair pour tout le monde, y compris pour les initiateurs des sanctions et des actions illégales. 

Notre économie (le président Vladimir Poutine a cité de nombreuses statistiques à ce sujet) s’est adaptée aux sanctions. Elles démontrent une grande stabilité. La croissance du PIB d’ici fin 2023 sera proche de trois pour cent (2,8-2,9). Dans les principales économies européennes, la situation est dans le rouge. 

Il s’agit de comprendre qui est le plus touché par les sanctions, inspirées et intensifiées principalement par Washington.

Les États-Unis ruinent leurs vassaux européens et permettent à leur complexe militaro-industriel de gagner de l’argent. Ils ont imposé et continuent d’imposer à l’UE le coûteux gaz naturel liquéfié américain et obligent les entreprises européennes à délocaliser leurs entreprises à l’étranger où les coûts de base des entreprises sont inférieurs. Ils ont contraint l’Union européenne à abandonner tout ce qui est russe, Washington continue d’acheter de l’uranium et d’autres matériaux « critiques » à la Russie. Au cours de la dernière année et demie, selon des estimations modestes et conservatrices, les entreprises européennes ont perdu jusqu’à 250 milliards d’euros à cause des sanctions unilatérales occidentales. C’est un gros chiffre.

Les sanctions occidentales contre la Russie ont exacerbé les phénomènes de crise de l’économie mondiale. Ce sont les restrictions illégales, plutôt que les mesures prises par la Russie pour protéger la population ukrainienne du régime nazi, qui exacerbent les déséquilibres créés encore plus tôt à la suite d’erreurs systémiques dans la politique macroéconomique des pays occidentaux lors de la lutte contre la pandémie de COVID-19. et l’accélération du parcours vers une transformation « verte » sans tenir compte des spécificités et des indicateurs de base du développement économique de la plupart des pays du monde.

Nous sommes parfaitement conscients que les sanctions qui nous sont imposées ne disparaîtront pas dans un avenir proche ou lointain. C’est ce que disent leurs auteurs. Pour être honnête, nous n’en avons pas besoin. Non pas parce que nous choisissons l’isolationnisme ou l’autarcie. Pas du tout. C’est parce que l’Occident a décidé de détruire l’économie mondiale afin de donner une leçon à la Russie et de l’empêcher de jouer sur la scène internationale un rôle qui correspond à son histoire, sa taille et ses capacités. 

Pour empêcher la Russie de défendre le peuple russe qui vit depuis des siècles sur les terres où le régime ukrainien, après le coup d’État de 2014, a mis en place une politique d’extermination (y compris physique) du peuple russe, mais aussi par la loi tout le russe : littérature, culture, art, langue et éducation. C’est pourquoi nous avons fait notre choix. Le président russe Vladimir Poutine en a parlé à plusieurs reprises. 

Désormais, nous compterons exclusivement sur nous-mêmes pour assurer la sécurité et le développement durable de la société dans les domaines critiques. Pendant la période des sanctions, nous avons constitué un potentiel de développement de la production industrielle et de création de technologies d’une importance cruciale. Une loi spéciale sur les hautes technologies est actuellement en préparation. Au niveau extérieur, nous ne partons pas seulement de la nécessité de former, mais aussi de créer un mécanisme permettant de desservir le commerce, d’établir de nouveaux corridors de transport et d’établir des chaînes d’approvisionnement qui ne soient soumises à aucune influence néfaste et malveillante de l’extérieur.

L’utilisation généralisée des monnaies nationales dans les règlements internationaux est devenue un signe des temps et une baisse progressive et constante de la part du dollar et de l’euro a été enregistrée.

Selon les statistiques du FMI, les plus grandes économies, dont la Chine, l’Inde, la Turquie, les Émirats arabes unis, le Brésil, l’Arabie saoudite, l’Argentine, l’Égypte, le Kenya et un certain nombre de pays de l’ASEAN, sont impliquées dans le processus de transition vers des monnaies nationales. À l’initiative des présidents argentin et brésilien, des travaux ont été lancés pour créer une union monétaire entre les deux pays et, à l’avenir, l’ensemble du bloc MERCOSUR. Une approche similaire à l’égard de la Communauté des États d’Amérique latine et des Caraïbes est même évoquée. Parmi les « locomotives » de la dédollarisation, on retrouve des associations telles que l’EAEU et la CEI. Au sein de ces structures, la part des monnaies nationales a atteint 85 à 90 pour cent. Le commerce avec la Chine atteint à peu près le même niveau.

En août de cette année, lors du sommet des BRICS à Johannesburg, la question a été soulevée, notamment par nos collègues brésiliens, de la création d’une unité de compte commune en plus des monnaies nationales. Il a été décidé de charger les ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales d’étudier cette idée et de présenter des propositions sur des plateformes de paiement alternatives lors du prochain sommet en 2024 à Kazan, lorsque la Russie présidera l’Organisation.

Je voudrais souligner la décision prise par les chefs de gouvernement et d’État de l’ASEAN en mai de cette année. Ils ont signé une déclaration sur la promotion des règlements en monnaies locales et l’intégration des systèmes de paiement régionaux. Il existe de nombreux autres exemples. Nous ne sommes qu’au début d’un long voyage. Les processus de dédollarisation prendront de plus en plus d’ampleur.

Un autre facteur du développement durable de l’économie mondiale est la stabilité du marché mondial de l’énergie. Après le début de l’ opération militaire spéciale , les États-Unis et leurs satellites occidentaux ont tenté de présenter la situation comme si c’étaient nos actions qui avaient provoqué la crise énergétique mondiale. Cependant, les professionnels savent bien qu’il s’agit là d’un autre mensonge. En fait, la raison des phénomènes négatifs était les actions irresponsables de « l’Occident collectif ». Il a décidé d’imposer la « transition verte » chez lui et de l’imposer à d’autres pays qui n’y étaient pas économiquement prêts. Dans le cadre de la transition verte, il a considérablement limité les investissements dans le secteur pétrolier et gazier et abandonné les carburants traditionnels.

Le boycott annoncé des ressources énergétiques russes, les sanctions unilatérales et les mesures anti-marché, en particulier le fameux plafonnement des prix, ont porté un coup sérieux à la sécurité énergétique mondiale. Ces mesures ont conduit à la perturbation des chaînes de production et des ménages historiquement établies, à la redistribution des flux énergétiques mondiaux et à une augmentation des coûts de transaction et de logistique.

À ces grossières erreurs de calcul macroéconomiques se sont ajoutés des phénomènes tels que les attaques terroristes sur le Nord Stream dans la mer Baltique, sapant ainsi finalement les espoirs de l’Europe de voir un jour le gaz bon marché revenir et stimuler son économie comme avant. En échange, ils en obtiennent un américain, cher et au bilan carbone assez négatif. C’est leur choix. Ils se sont soumis à l’hégémon et doivent en tirer les conséquences (s’ils en sont encore capables).

Quant à Nord Stream, nous ne pouvons toujours pas obtenir de réponse claire quant à savoir qui enquête sur cette attaque terroriste et comment. Plus d’un an s’est écoulé et ni l’Allemagne, ni la Norvège, ni la Suède, qui mènent des enquêtes au niveau national, ne peuvent nous dire quoi que ce soit d’intelligible et de sensé. C’est déjà devenu une « marque » de l’Occident : lorsque surviennent des situations dans lesquelles, comme on dit, ils « mettent le nez dans le canon », ils « enveloppent » toute information sur ce sujet de toutes les manières possibles.

Je vais m’éloigner de l’économie. Rappelons ce qui a été présenté au monde entier après le départ des militaires russes de Bucha, dans la banlieue de Kiev, en mars 2022. Nous n’y sommes pas restés plus de deux jours, les autorités locales étaient déjà au travail, déclarant fièrement à la télévision qu’« ils sont de retour, et Bucha est libre. » Puis, presque trois jours plus tard, non pas quelque part dans le sous-sol, mais dans la rue principale de la ville, des cadavres de personnes vêtues de vêtements propres, soigneusement disposés le long de la route, ont été montrés. Ils ont dit que cela avait été fait par des militaires russes. Dans ce cadre, un autre ensemble de sanctions a été annoncé.

Depuis (un an et demi s’est écoulé), personne ne dit un mot sur le type d’enquête menée et par qui. Nous avons officiellement demandé à deux reprises au Conseil de sécurité de l’ONU au secrétaire général Antonio Guterres s’il était possible que l’ONU se charge d’enquêter sur ce crime contre la Fédération de Russie.

Nous cherchons déjà désespérément des informations sur la façon dont se déroule l’enquête (voire pas du tout). Nous n’arrivons toujours pas à répondre à la question élémentaire : est-il possible d’annoncer les noms de ceux dont les corps ont été montrés au monde entier à la télévision et sur Internet ? Nous ne pouvons même pas faire ça. Ils ont « contrecarré » l’effet extérieur nécessaire, ont trouvé un prétexte pour de nouvelles sanctions, mais ont soigneusement caché leurs mensonges si profondément que personne n’a pu aller au fond des choses.

Notre appel et notre demande au Secrétaire général Antonio Guterres est d’utiliser son autorité pour traiter au moins cette question, avec la liste des personnes dont les corps ont été présentés au monde. Cette exigence reste en vigueur. Je pense que l’ONU ne peut pas se soustraire à sa responsabilité dans ces domaines. Surtout maintenant, alors que les problèmes du droit international humanitaire ont été exacerbés jusqu’au point de rupture par ce qui se passe au Moyen-Orient.

En général, nous sommes engagés dans des réformes dans notre complexe énergétique et énergétique. Nous renforçons la souveraineté de cette industrie : technologique, humaine et financière. Une nouvelle géographie des exportations avec de bons résultats s’est formée et est effectivement maîtrisée. En peu de temps, il a été possible de réorienter l’approvisionnement en pétrole, gaz et charbon vers des marchés prometteurs à croissance rapide, principalement l’Inde, la Chine et d’autres pays de la région Asie-Pacifique et d’Amérique latine. Nous savons que les approvisionnements en provenance de Russie permettent à nos partenaires de freiner la hausse des prix de l’énergie et de renforcer ainsi leur stabilité économique.

On parle beaucoup de sécurité alimentaire mondiale. Une fois de plus, ils nous accusent de la « famine mondiale à venir », bouleversant une fois de plus tout, essayant de « balayer sous le tapis » les derniers faits, alors qu’au tout début de la pandémie de COVID-19, les États-Unis, le Japon et l’Europe a imprimé des milliards de monnaie fiduciaire, acheté toute la nourriture dans l’espoir que le COVID-19 obligerait tout le monde à « fermer » et a ainsi créé une crise aiguë sur le marché alimentaire mondial.

Maintenant que nous sommes accusés, je recommande à nos collègues occidentaux, qui sont toujours engagés dans cette affaire, de se familiariser avec les données de l’ONU, selon lesquelles il n’y a actuellement aucune pénurie de nourriture sur le marché. Selon la FAO, les prix alimentaires mondiaux ont chuté de près de 200 % depuis le 25 mars pour atteindre leurs plus bas niveaux. Ils se situent désormais approximativement au niveau de 2021. Selon eux, il n’y a actuellement aucun phénomène de crise dans la production et le commerce des céréales.

En ce qui concerne la nourriture, vous connaissez tous le sort de l’Initiative de la mer Noire de M. Guterres, qui consistait en des accords forfaitaires. Le premier « paquet » est ukrainien, le second est russe . L’ukrainien a été exécuté correctement. Mais seulement 3 % de la nourriture fournie aux marchés mondiaux était destinée aux pays figurant sur la liste du Programme alimentaire mondial. La part du lion est allée à l’Europe et à d’autres marchés de pays riches et prospères. Le fait que l’Occident ait déclenché une campagne aussi hystérique lorsque nous nous sommes retirés de l’Initiative de la mer Noire, dans laquelle la partie russe du « paquet » n’a pas bougé du tout, peut s’expliquer simplement : plus d’un tiers des terres fertiles de l’Ukraine ont été détruites. racheté par des entreprises alimentaires américaines qui en tirent profit. Ils s’inquiètent du fait que les produits alimentaires en provenance d’Ukraine soient devenus plus difficiles à livrer sur les marchés mondiaux et que leurs bénéfices diminuent en conséquence.

Notre part du « package » est absolument nulle. Nous voyons les efforts de M. Guterres et du secrétaire général de la CNUCED, Robert Greenspan. Mais ces efforts n’ont rien donné. L’Occident, regardant dans les yeux du personnel du Secrétariat de l’ONU, déclare obstinément qu’aucune sanction n’a été imposée contre les produits alimentaires et les engrais en provenance de Russie. Ceci est un autre exemple de mensonges occidentaux.

Un exemple scandaleux : plus d’un an s’est écoulé depuis que nous avons annoncé que des engrais appartenant à une entreprise russe dans les ports européens (200 000 tonnes au total) étaient donnés aux pays dans le besoin. Depuis lors, il a fallu près de six mois pour expédier le premier lot de ces engrais au Malawi, au Kenya. Depuis plus d’un an, nous ne pouvons rien faire pour acheminer les envois concernés vers le Zimbabwe, le Nigeria, le Sri Lanka et d’autres pays. Ce problème est évident et montre la réticence de l’Occident à faire quoi que ce soit pour les pays en développement si cela a quelque chose à voir avec la Russie. Mais en même temps, cela montre (je ne veux pas prononcer ce mot) l’impuissance des Nations Unies, à qui nous avons demandé à plusieurs reprises de résoudre ce problème, d’obliger les pays européens à débloquer nos engrais dans leurs ports.

Outre nos efforts, je voudrais rappeler que le président Vladimir Poutine a décidé de fournir gratuitement 200 000 tonnes de blé à six pays africains (Somalie, Centrafrique, Burkina Faso, Zimbabwe, Mali et Érythrée). Nous sommes prêts à répondre à toutes les questions lorsque quelqu’un nous accuse des conséquences négatives de nos actions sur l’économie mondiale. Mais ayez seulement une conversation honnête.

Ils ont maintenant présenté des données et des estimations. Nous sommes responsables de chaque mot et numéro. Ils s’appuient sur les données d’experts objectifs et professionnels.

Le texte publié par le MFA fournit un résumé et quelques informations supplémentaires :

Le 8 novembre, le Ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a rencontré les ambassadeurs des pays du Sud accrédités à Moscou lors d’une table ronde sur la crise ukrainienne. Sanctions illégales et économie mondiale » organisée par l’Académie diplomatique du ministère des Affaires étrangères de la Fédération de Russie.

Dans son discours, le ministre a souligné la refonte systémique et le reformatage en cours des relations économiques mondiales dans le contexte de changements cardinaux de nature géopolitique. Les tentatives de l’Occident visant à faire de la Russie la coupable des processus négatifs que l’on observe aujourd’hui dans l’économie mondiale ont été révélées. Il a été souligné que parmi les principales raisons des déséquilibres actuels figurent les erreurs systémiques de la politique macroéconomique des pays occidentaux, notamment celles liées à l’élimination des conséquences de la pandémie de COVID-19 et à la mise en œuvre du cap « vert » forcé. transformation de l’économie, ainsi que la trajectoire des États-Unis et de leurs satellites vers une réduction totale des liens commerciaux et économiques avec la Russie et de la coopération technologique avec la Chine. Dans le même temps, il a été souligné que Washington est à la fois la principale force destructrice du développement durable de l’économie mondiale et le principal bénéficiaire des conséquences des processus destructeurs qui s’y déroulent.

Sergueï Lavrov a également répondu à un certain nombre de questions des participants à la table ronde, en mettant l’accent sur l’impact négatif des sanctions occidentales sur les processus économiques mondiaux, la garantie de la sécurité alimentaire, la volatilité des marchés mondiaux de l’énergie et ses causes, ainsi que les tentatives d’utiliser l’énergie comme un moyen de transport. instrument de pression.

Après avoir discuté avec les ambassadeurs d’un certain nombre de pays du Sud, ils ont exprimé leur intérêt à poursuivre l’échange de vues avec les dirigeants du ministère russe des Affaires étrangères sur les questions les plus importantes de la politique mondiale et de l’économie.

Le point le plus important doit être répété à nouveau :

[I]l a été souligné que c’est Washington qui est à la fois la principale force destructrice du développement durable de l’économie mondiale et le principal bénéficiaire des conséquences des processus destructeurs qui s’y déroulent.

Il est clair que cela a été rendu explicite comme une suite directe aux paroles prononcées par le président Poutine lors de la réunion du Conseil de sécurité du 30 octobre, où des preuves ont été fournies pour étayer la conclusion selon laquelle l’empire hors-la-loi américain est LA source de la grande majorité des maux du monde, qui Cela inclut non seulement l’Ukraine, mais aussi le génocide de Gaza. L’objectif semble être de rassembler les nations du Sud et la majorité mondiale afin qu’un front uni puisse être formé pour faire face à l’empire américain hors-la-loi et à ses quelques vassaux, non seulement sur l’Ukraine mais surtout sur Gaza. Puisque la Russie n’a pas partagé la discussion entre Lavrov et son équipe avec les participants à la réunion, on peut supposer qu’elle est gardée secrète pour une bonne raison.

*
*

2 réflexions sur “Editorial. Les Etats Unis construisent l’autoroute qui les mène à la Falaise de Sénèque. Nouveau.

  1. … j’ai lu avec attention l’intégralité de votre article dont le titre faisait allusion à « la falaise de Sénèque ». Vous écrivez : « La dialectique aussi bien marxiste que maoiste repose sur l’analyse des contradictions, sur l’analyse des forces de sens contraire qui s’opposent et qui, en s’opposant, produisent des résultantes qui déterminent le mouvement de l’Histoire ». Pour stigmatiser une lacune née, selon vous, de l’indifférence de la Russie et de la Chine (jadis communistes) pour cette assertion de la dialectique marxiste et maoïste. Et si, et si cela était délibéré de la part de Poutine et Xi… Et si ces deux hommes avaient compris que la pensée, enfermée dans le cadre strict de l’immanence, devenait (était devenue) une pathologie du réel comme dans la classe dirigeante otasunienne… Et si il fallait enfin voir un peu plus loin que le bout son nez, voir la lune et non le doigt… Et si, et si la transcendance avait cessé d’être un gros mot… Je cesse de mettre Paris en bouteille en vous laissant un sujet de méditation ou d’interrogation quant à cette thèse, certes directement admissible pour les Russes orthodoxes ou musulmans, mais plus délicate à véhiculer dans les bouddhismes chinois. Un de mes amis sinologue m’a apporté, dans le cadre d’une disputatio à ce sujet, m’a donné un argument que digère encore. Bien à vous PS

    >

    J’aime

  2. L’auto destruction des États Unis et de leur empire est tellement bien menée, et de façon tellement efficace, qu’on peut finir par se demander si les Chinois ne financent pas les Biden et autres créatures du marais pour au bout du compte faire ce travail, sans même que ces derniers aient conscience de le faire. Ils font juste ce pour quoi ils sont les meilleurs: corrompre et détruire. C’est l’artifice suprême de Sun Tzu : subvertir la stratégie de l’ennemi pour l’amener tout seul à sa perte.

    J’aime

Laisser un commentaire