Editorial en deux images!

La synthèse de tout ce que je pense des marchés financiers en deux images à interpréter.

La première signifie pour moi la mort des mesures de risques, du VIX et de la possibilité pour les marchés de donner un prix au risque.

Les marches ont été dépossédés de la fonction de « pricing » du risque; ils ne sont plus acteurs, simplement ils sont passeurs, pure passion, ils jouent à l’abri du parapluie fourni par la Fed et le Trésor. Ils sont infantilisés, déresponsabilisés. Ils n’ont plus ni fonction d’appréciation du risque ni fonction d’anticipation.

Privées de la composante « risque », les valorisations sont comme un canard sans tète , purs reflexes, purs présentisme, elles n’ont plus aucune limite. Pas de vision du passé, pas de vision de l’avenir , simplement réactions aux stimulis quotidiens. Tout est successions de courts termes alimentés par la création de monnaie et la production de crédit lesquels sont l’impulse, l’input majeurs.

Plus de corde de rappel par le risque.

Quand on évoque une limite c’est pour la révoquer aussitôt, par exemple en affirmant que les taux vont baisser, que la Fed ne laissera plus jamais les conditions financières se resserrer etc

Tout cela , je l’explique à longueur de colonnes quand je dis: le risque qui était auparavant inclus dans les marchés a été externalisé, ils n’ont plus à l’apprécier car ce risque est assumé par la Fed. Par son bilan en quantité et en qualité. Le bilan de la Fed c’est l’infini quantitatif et qualitatif; à toute épreuve. Elle a pris en charge le risque qui était auparavant la caractéristique des marchés et du capitalisme. La prise de risque comme justification de la rémunération du capital est devenue un mythe.

Comme je dis vulgairement, il n’y a plus qu’à mettre.

La seconde mage est la conséquence produite par la première; dans l’imaginaire ainsi tracé, tout est dérivable puisque ce sont des mots, des récits, des signes! Mais dans le réel ce n’est pas la même chose car le réel a ses limites, ses incertitudes majeures, le réel est fractal. Il est fait de chocs et de ruptures; « d’avant » et « d ‘après »!

Si il n’y a plus de détermination du prix du risque, plus de fonction d’anticipation, uniquement des fonctions d’extrapolation, alors il n’y a plus de possibilité de régulation interne, alors les adaptations nécessaires au système ne peuvent survenir que sous forme de cygnes noirs. De ruptures que l’on présente comme tombées du ciel .En fait elles ne font que tomber du ciel de l’ignorance et du mensonge!

Conclusion, de moins en moins de possibilités d’ajustements courts et en conséquence seuls les ajustements longs, brutaux en catastrophe sont possibles.

C’est ce que j’ai explique depuis 20 ans; le nouveau mode de régulation économique, financier et même social est le modèle de régulation terrible, violent par les bulles; on souffle des bulles, on fait comme si il n’y avait pas de coût, pas de limite et puis un jour on favorise l’éclatement destructeur que l’on présente comme une fatalité qui n’est de la responsabilité de personne.

On souffle, on souffle, on dope, on dope on va jusqu’au bout et un jour , une année ou une décennie plus tard on crève la bulle ainsi formée en disant ce n’est pas nous qui sommes responsables, c’est le cygne noir, la faute à pas de chance.

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