Vous croyez que les classes supérieures veulent votre bien ou le bien commun, vous vous trompez.
Nous sommes dans un monde de compétition, hiérarchisé qui se la joue comme égalitaire.
Ceux qui sont en haut veulent rester en haut et croyez moi, la lutte est dure pour rester là haut donc ils ne font de cadeaux ni à ceux qui sont en dessous ni à ceux qui sont autour d’eux.
L’une des armes favorites des classes dominantes c’est l’inversion du sens. Donc la tromperie.
Dans un monde conçu comme terriblement inégalitaire puisque conçu comme monde d’accumulation de richesses il faut faire semblant de reconnaitre l’égalité et l’égalitarisme comme valeurs!
Dans un monde qui exclut, rejette , marginalise il faut promouvoir publicitairement l’inclusion comme valeur.
Dans un monde fondé sur l’armement la guerre et la multiplication des conflits il faut poser comme raison des guerre la protection de la paix.
Dans un monde fondé sur l’unilatéralisme et la parole du maitre il faut promouvoir le dialogue sachant que c’est le plus fort qui a institutionnellement le dernier mot
Dans un monde devenu fascisant il faut projeter le fascisme des dominants sur le peuple sous le nom de populisme et le noircir de toutes ses propres vilenies .
Dans un monde ou ce sont les dominants qui décident d’endetter l’état et d’accumuler des dettes, ces dettes deviennent leurs créances sur le peuple, et ils prétendent que s’endetter c’est mal!
etc
Vous avez compris.
En matière économique on a créé les banques centrales du type 200 familles, pour créer le plus de crédit possible, pour faire le plus d’inflation subreptice possible, pour transférer l’argent de la poche de ceux qui travaillent vers celles de ceux qui les exploitent.
Le mode de régulation économique ancien était fondé sur la gestion des taux d’intérêt tantôt élevés, tantôt bas. Dans un monde structurellement surendetté , croulant sous le crédit non solvable, la hausse des taux réels est devenue impossible bien sur; sous contrainte d ‘écroulement de l’édifice ; il faut donc réguler à l’intérieur de l’espace des taux réels bas ou nuls ou négatifs. Cela implique de produire des bulles dans différentes tes classes d’actifs plus ou moins fondamentaux ou stratégiques ou systémiques;
Ceci étant posé la pratique et les essais et erreurs ont débouché sur une technique de gestion nouvelle , gestion non pas des cycles courts d’offre et de demande, mais de cycles plus longs: la gestion de bulles, la gestion par les bulles.
La gestion par les bulles repose sur le principe de l’accordéon, on aspire de l’air chaud monétaire et on l’expire de temps à autre. Dilatation puis contraction.
On souffle, on gonfle, puis on laisse passer l’air et on crève les bulles les plus fragiles, les moins systémiques, celles des mains faibles comme on dit.
Le système ayant conduit a la quasi catastrophe en 2007, 2008 et 2009, il a été sophistiqué; le risque ou plutôt la certitude d’éclatement et de perte ayant été diffusé, vendu aux faibles par les institutions TBTF, les gros qui comptent.
La gestion par les bulles est devenue différenciée, sélective avec filets de sécurité pour les Gros par exemple, leur éclatement également est devenu différencié . Ainsi on peut sans trop de risque faire éclater la bulle immobilière des « pauvres » à condition de refinancer les Gros qui en souffrent.
. Nous sommes sortis de la gestion macro pour entrer dans la gestion différenciée à la faveur des technologies disponibles et de l’appareil régulatoire de surveillance. On peut trier discrètement entre d’un coté ce qui est systémique et qui doit résister et de l’autre ce qui ne l’est pas et peut, sous surveillance étroite, être détruit.
C’est ce qui vient d’être réalisé avec succès.
Oui il faut le dire avec succès
Chapo les gnomes!
Lisez.
Ce que beaucoup de commentateurs ne comprennent pas, c’est que la production de bulles fait partie intégrante de la répression financière.
La bulle ne se comprend pas en elle même, elle ne se comprend que dans son cycle, lequel cycle inclut son éclatement; c’est le complément final, l’apothéose.
La racine, la fonction radicale de la production de bulles, c’est celle que l’on ne dit pas: la destruction!
La destruction pour pouvoir repartir à nouveau.
Le système crée des bulles de prix des actifs et il le sait; même Powell le sait, tout comme Greenspan le savait en son temps.
Powell est bien moins intelligent que Greenspan, qui disait que l’éclatement des bulles n’est pas un mal en soi , il suffit disait-il en privé, de faire en sorte que l’éclatement ne touche pas les structures même du système , c’est à dire qu’il ne faut pas que les piliers systémiques soient mis en danger. Greenspan a toujours déploré que les géantes banques TBTF n’aient pas dispersé, réparti plus cyniquement les risques sur le public. Il croyait à la possibilité de faire ruisseler les risques sur le public et les agents périphériques.
Ce n’est pas le genre de choses que l’on peut dire en public!
Le système pour durer encore, pour se prolonger, produit de la monnaie qui vient inflater les prix des actifs financiers, la monnaie ainsi piégée est bien sur très excédentaire, elle aggrave le mal tout en lui permettant de se prolonger.
Depuis 2009, Il a fallu produire plus de bulles que prévu – le fameux engrenage- et plus longtemps car l’économie réelle n’a pas réussi à redémarrer donc on continue en espérant .. en espérant quoi ? Personne ne le sait. Un miracle peut être!
Mais les bulles contiennent en elle mêmes, le germe de leur destruction créatrice comme les grains de blé contiennent en germe le futur champ de blé; c’est écrit , joué, acquis.
Le destin des bulles c’est d’éclater et ainsi de libérer l’avenir.
Ainsi se produira ce qui est en germe, la destrcution de l’excédent de monnaie, de quasi monnaie , de money-like que nous repoussons devant nous comme le fait le chasse neige quand il repousse la neige.
Nous sommes dans la gestion de long terme, cynique: à la régulation courte par le stop and go ancien a succédé » la régulation longue par les bulles » c’est à dire par les coups d ‘accordéon successifs. Je gonfle, je dure, je disperse, je crève la bulle, je nettoie et je repars.
Colossal transfert de richesse.
Mais il faut attendre, nous sommes dans le long, dans des cycles non pas conjoncturels mais historiques, générationnels; et en attendant il faut repousser…toujours plus loin.
Nous ne sommes pas dans des cycles conjoncturels nous sommes dans des cycles de production et reproduction de l’ordre social.
La montée du populisme atteste de ce que j’xpose, l’enjeu c’est bien cela: l’Ordre
La fonction de l’économie est de produire … un ordre social et des rapports de production.
Ci dessous John Hussman :
Felicitations à la Reserve Federale, vous avez réussi à créer la bulle de recherche de rendement la plus extrême, avant de s’effondrer, de l’histoire des Etats-Unis. Vous avez encouragé la formation d’une bulle qui est telle que la moitié de la dette de qualité-investissement, n’est que juste un cran au dessus de la pourriture. Les perspectives de rendement au niveau actuel sont inférieures à celles que l’on trouvait en Aout 1929.
2 réflexions sur “Editorial: L’accordéon financier”