
LOMBARD ODIER

Michael Strobaek
Global CIO for the Private Bank

Samy Chaar
Chef économiste
La trajectoire des taux d’intérêt continuera à dominer le narratif économique, malgré un contexte géopolitique à haut risque et un agenda politique chargé.
L’économie américaine devrait marquer le pas en 2024.
- L’exceptionnelle performance de l’économie américaine s’atténuera durant les prochains trimestres à mesure que la consommation baissera, que le marché de l’emploi retrouvera son équilibre et que les taux élevés ralentiront l’activité ; cependant, l’écart avec les autres marchés ne disparaîtra pas entièrement
- Bien que ces tendances pourraient permettre à la Fed de procéder à une première baisse des taux au second semestre 2024, la politique monétaire devrait rester restrictive, avec des taux autour de 5% d’ici un an
- Les rendements des bons du Trésor américain se sont rapprochés des niveaux moyens d’avant 2008 en partie parce que les investisseurs réévaluent le niveau du taux « neutre ». Nous estimons que ce dernier est désormais proche de3,5%
- Nous conservons notre surpondération des bons du Trésor américain et continuons à privilégier l’exposition au dollar.
La performance exceptionnelle de l’économie américaine par rapport aux autres marchés développés remonte à plus d’une décennie. Sa forte expansion du troisième trimestre a encore accentué cet écart. Néanmoins, le ralentissement de l’économie américaine pourrait le réduire, sans toutefois le résorber entièrement.
En Chine, le sentiment des consommateurs se stabilise, mais le soutien politique reste limité et les investissements des entreprises faibles. Pour 2024, nous prévoyons une croissance inférieure à 5%.
Dans l’ensemble, si l’économie mondiale devrait connaître une croissance inférieure à la tendance, un accident économique majeur reste peu probable.
L’inflation globale devrait reculer dans de nombreuses économies développées pour se situer entre 2 et 3% en 2024, un niveau légèrement supérieur à la cible des banques centrales, mais suffisamment bas pour ouvrir la voie à des baisses de taux au second semestre.
Que signifie un atterrissage en douceur pour les marchés et les investissements ?
Les marchés boursiers et de taux ont connu un regain d’optimisme, l’inflation ayant atteint son point culminant, et les bénéfices des entreprises suggèrent même une reprise à venir.
Cependant, il est difficile d’ignorer les enseignements de l’histoire. Les atterrissages en douceur sont très rares, surtout après un cycle de resserrement monétaire aussi agressif.
Le resserrement des conditions de crédit continuera à freiner la demande, ce qui entraîne des risques pour la croissance, les bénéfices des entreprises et, en fin de compte, les défauts. Et la Fed pourrait tarder à réduire ses taux même si l’inflation reculait rapidement.
Les prix des actifs risqués ne semblent pas refléter ces risques de fin de cycle. À l’approche de 2024, nous maintenons donc une exposition au risque en ligne avec notre allocation d’actifs stratégique.
Où voyons-nous les meilleures opportunités d’investissement en 2024 ?
Tout d’abord, dans les instruments monétaires et les obligations, où le pic des taux a généré un potentiel de rendements de plus en plus compétitifs comparativement aux actions.
Sur les marchés boursiers, un atterrissage économique en douceur devrait soutenir l’appétit des investisseurs pour le risque.
- Dans un contexte d’une économie au ralenti mais raisonnablement résiliente et des taux directeurs s’approchant de leur point culminant, les valeurs américaines semblent positionnées pour un potentiel haussier en 2024
- Les bénéfices du troisième trimestre indiquent que les premières réductions de coûts mises en œuvre par les entreprises se traduisent désormais par une modeste amélioration des marges
- Nous prévoyons un léger ralentissement de l’économie américaine en 2024, conduisant à des baisses de taux d’intérêt au second semestre
- Selon notre scénario de base, le S&P 500 devrait terminer l’année 2024 aux alentours de 4 800 points. Nous estimons que l’essentiel de la hausse devrait se produire au cours des six prochains mois, avant que l’économie ne ressente pleinement l’effet cumulatif du resserrement de la politique monétaire.
Bien entendu, dans le monde fragmenté actuel, les marchés font face à des risques géopolitiques élevés. 2024 sera aussi une année d’élections présidentielles aux États-Unis, avec des enjeux élevés pour les investisseurs mondiaux.
Notre stratégie d’investissement continue à gérer ces défis tout en tirant activement parti des opportunités d’investissement à mesure qu’elles se présentent.