Maxime Tandonnet enfonce ici le clou sur lequel je ne cesse de frapper, il dénonce : le double langage, la deconnexion, la disjonction, la mystification, le simulacre, le « en meme temps » généralisé.
Il le fait avec ses mots, dans son cadré analytique ce qui permet de faire progresser le contenu qu’il dévoile et véhicule.
Plus nous serons nombreux à décoder le Macronisme, plus les yeux se décilleront plus la société pourra faire son travail de prise de conscience. Ce dont nous avons conscience c’est ce sur quoi nous pouvons espérer débattre et peut-etre agir.
Le non-su, l’enfoui , le refoulé sont hors de notre portée et donc ils peuvent nous tyranniser.
Bien sur ce travail d’accouchement de mise ajour de ce qui est caché s’inscrit dans le temps long, le temps très long et puis il y a des déchets même; mais comme disait , Leo Ferre « une balle perdue n’est jamais perdue pour tout le monde ».
Maxime Tandonnet
https://maximetandonnet.wordpress.com/
La vraie question est de savoir si cette mystification – celle d’une très mauvaise politique de gauche déguisée en politique de droite – réussira ou si elle échouera. Dans quelle mesure l’électorat se laissera-t-il ainsi duper ?
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Plus que jamais, on baigne dans le double langage. Le discours de M. Attal est une sorte d’apothéose du macronisme que nous connaissons depuis sept ans. Il martèle « souveraineté nationale » mais « en même temps » fait le panégyrique de l’intégration européenne et en appelle à son renforcement. Il ne semble pas voir qu’en transférant des compétences à Bruxelles, à la Commission, au Parlement européen et à la cour de Justice, dans le cadre de la majorité qualifiée qui prive les Etats du droit de veto, il en dépossède la démocratie nationale – donc affaiblit la souveraineté nationale. Mais cette contradiction, tellement flagrante, est loin de l’arrêter…
De même il est parfaitement contradictoire de fustiger les normes européennes sur l’environnement et l’agriculture, qui sont en cœur de la révolte du monde agricole, et de prôner davantage de « souveraineté européenne ».
Le macronisme se caractérise par la déconnexion entre la sphère du discours, de la communication, de l’apparence, et celle des réalités. Le discours de M. Attal était un formidable numéro d’autosatisfaction sur la politique macroniste depuis sept ans. Mais enfin, le décalage entre la droitisation du discours et la réalité est vertigineux.
En matière d’immigration, l’année 2023 fut celle de tous les records d’accueil en France des migrants avec 323 000 premiers titres de séjour accordés et 140 000 demandeurs d’asile. Le déficit public atteint 4,9% du PIB et la dette publique bat tous les records avec 3000 milliards, elle s’est accrue de 800 milliards depuis 2017. Et le record absolu des prélèvements obligatoires? Celui du déficit commercial?
En matière de sécurité les chiffres de 2022 sont désastreux : homicides (+8%) ; coups et blessures volontaires sur personnes de 15 ans ou plus (+15%) ; les violences sexuelles (+11%).
La politique de nivellement par le bas, incarnée par les réformes Blanquer poursuit ses ravages dans l’Education nationale avec l’effondrement du niveau en mathématique et en orthographe, attestés par les études internationales ou nationales, ou la destruction systématique du peu de crédibilité qui restait au baccalauréat avec le contrôle continu.
Est-ce bien cela, une politique telle que la souhaite l’électorat dit de droite ?
Le macronisme, à travers M. Attal, se livre à une course éperdue à la droitisation du discours tandis que dans les faits, il accentue fortement les travers de la politique qui était déjà à l’œuvre sous le quinquennat de François Hollande. Alors en effet, la gauche a beau jeu de dénoncer la droitisation du discours macroniste. Elle prend appui sur ce discours pour tenter de se reprendre des couleurs. Mais ce faisant, elle s’attaque à l’écume des choses.
Au fond la mystification est totale : par un tour de baguette magique invraisemblable, l’échec du macronisme, dans la bouche de la gauche, devient un échec d’une politique de droite. En vérité, cet échec est celui d’une très mauvaise politique de gauche déguisée en politique de droite.
3- Quid de l’avenir de Gabriel Attal et de sa future politique au regard de son discours de politique générale ? Peut-il capter l’électorat de la droite ? Aura-t-il les moyens d’appliquer les priorités, le cap fixé et les mesures énoncées ? Cela laisse-t-il planer aussi un espoir pour la candidature de Gabriel Attal à l’Elysée en 2027 ?
La vraie question est de savoir si cette mystification – celle d’une très mauvaise politique de gauche déguisée en politique de droite – réussira ou si elle échouera. Dans quelle mesure l’électorat se laissera-t-il ainsi duper ?
La politique devient de plus en plus une affaire d’émotion, de sensation, et d’influences. M. Attal bénéficie d’une relative popularité. Il se présente sur bien des points comme un clone du président Macron mais jusqu’à présent sans le jupitérisme ou l’image d’arrogance qui dessert ce dernier. Les sondages le trouvent « sympathique ». Mais cela suffira-t-il ? Existe-t-il, dans ce pays, des ressources d’esprit critique ou d’intelligence politique pour opérer une distinction entre l’affectif, l’émotionnel, la manipulation médiatique et la réalité d’une politique avec ses résultats ? A voir…
La stratégie qui consiste à asphyxier la droite classique pour prendre sa place, au moyen d’une pseudo droitisation et du débauchage de personnalités emblématiques fonctionne plutôt bien en définitive. Dès lors, l’objectif macroniste d’incarner seul le camp du bien ou de la raison contre une gauche radicalisée ou mélenchonisée et la droite lepéniste, pourrait bien réussir. Alors, il pourrait en effet s’incarner dans une candidature à la présidentielle de M. Attal à travers lequel se prolongerait le macronisme.
Tout cela est possible évidemment, mais pas du tout certain.
En trois ans, beaucoup de choses peuvent se passer. Le pays peut se réveiller. L’exaspération envers le macronisme, déjà considérable peut prendre encore plus d’ampleur dans les années qui viennent et forcément entraîner comme un boulet l’image encore plutôt favorable de M. Attal aujourd’hui (jusqu’à quand ?). 2027 pourrait bien être un gigantesque défouloir contre le souvenir de 10 ou 15 années maudites.
Dès lors selon ce scénario toutes les possibilités sont à envisager. L’émergence d’une candidature crédible de gauche n’est pas à exclure. Mais la clé de l’avenir tient surtout dans la survie et le retour au-devant de la scène de la droite classique. Si elle parvient à rompre avec la fatalité de son absorption par la macronie, si elle parvient à déjouer cette mystification, à faire émerger un projet cohérent, de nouvelles équipes et un leader charismatique, à retrouver la confiance de l’opinion en s’adressant à une immense majorité de Français rongée par l’écœurement, elle peut aussi avoir son mot à dire.
MT
Il semble que l’auteur reste toujours prisonnier de l’ancien monde droite/gauche. Le clivage actuel serait plutôt souveraineté/Frexit/otanexit/euroexit ou pas, corruption généralisée ou pas, vassalisation ou pas, folie douce ou pas, totalitarisme bureaucratique macronien ou pas, impunité totale des dirigeants crapules ou pas, antirussisme primaire ou pas, d’où la difficulté de la synthèse pour un éventuel champion providentiel…
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Ce clivage reste opérationnel tant que la nouvelle réalité sociale n’est pas traduite dans un réaménagement des forces politiques institutionnalisées.
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Excellent
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