Radioscopie, la pompe qui souffle dans le « tout en bulle »; de ce que l’on voit, la spéculation à ce qui caché actionne la pompe, la Fed+ le Trésor

Tout est en bulle sauf bien sur l’immobilier commercial, les CRE.

Je n’aime pas la désignation de « bulle » car elle suggère que ce sont les joueurs sur les marchés qui en sont responsables par leur paris irrationnels. Le mot de « bulle » implique un dérèglement de l’esprit de jeu emporté par l’exubérance et l’avidité .

Ce serait une sorte de folie spéculative qui s’origine dans l’esprit des participants à la formation bullaire. Ce serait une sorte d’illusion, d’aveuglement sur la valeur de quelque chose, tulipes, actions de la compagnie du Mississipi, folie Internet et telcos, folie de l’Intelligence Artificielle etc. On parle du déchainement spéculatif de la rue Quincampoix mais quasi jamais de la Banque Générale de John Law qui fut le promoteur/responsable de la bulle qui a dévasté le Royaume de France en 1720.

La banqueroute de Law (1720)

La banqueroute de Law

La France se trouve dans une situation financière désastreuse quand meurt Louis XIV : sa dette représente dix ans de recettes fiscales ! Le duc Philippe d’Orléans, qui assure la régence, est séduit par l’économiste écossais John Law (1671-1729), dont les théories audacieuses pourraient permettre de régler le problème de l’endettement et relancer l’économie.

Il l’autorise à créer en 1716 une banque privée qui émette du papier-monnaie, puis le nomme contrôleur général des Finances.

La banque, devenue banque d’État, s’engage dans des spéculations sur le commerce des colonies en Amérique, spéculations que bientôt personne ne parvient plus à contrôler.

Le 17 juillet 1720, à suite d’une panique digne d’un krach boursier, la bousculade est si forte au siège de la banque que « quinze à seize personnes furent étouffées ». Si le système de Law permet à certains, dont l’avisé Voltaire, de s’enrichir, il en ruine beaucoup d’autres et laisse pour longtemps un doute planer sur la fiabilité du papier-monnaie.

Bien sur le terme de Bulle pointe aussi les dérèglements monétaires qui autorisent les bulles, mais c’est uniquement pour les spécialistes. La masse , le peuple ne savent pas que la bulle n’ existe que parce que ce sont les banques centrales qui la produisent, la financent et l’accommodent.

Ce sont elles qui provoquent l’incendie contre lequel elles font ensuite semblant de lutter!

A l’origine des bulles il y a toujours le même problème , celui d’un état et d’un système endetté, surendetté , et ce problème toujours est traité de la même manière par la production de nouvelles dettes, par la création de monnaie, laquelle création de monnaie fini pas se diriger vers un réceptacle préférentiel, selon une ligne de plus grande pente du profit rapide, lequel réceptacle attire la convoitise, excite les esprits animaux, fait bulle, puis explose sous ses propres excès.

Je soutiens que depuis les années 1987 et suivantes, nos systèmes sont régulées par une succession de bulles qui se forment, qui se gonflent, qui prospèrent, qui produisent des effets et des illusions de richesses, puis qui éclatent et enfin que l’on nettoie, comme disait Greenspan, en initiant la formation d’une nouvelle bulle.

Une bulle chasse l’autre depuis 1987.

Par construction une bulle est produite volontairement, cyniquement par les autorités monétaires mais cette production pour être possible doit être masquée, non sue et non comprise, Nous sommes dans le domaine des dénégations.

il faut à chaque fois que ce qui est la même éternelle bulle, passe pour nouvelle, il faut qu’elle ait de nouveaux habits et qu’on ne la reconnaisse pas; il faut des innovations qui font dire que dorénavant « ce ne sera plus jamais comme avant » et surtout que « cela n’est absolument pas comme dans le passé ».

La bulle et son processus de formation ont besoin d’être niés, rejetées, , si ce n’était pas le cas , si les gnomes acceptaient de reconnaitre le processus aucune bulle ne pourrait se former!

Les escrocs ne réussissent à escroquer que parce qu’ils inspirent confiance!

Pour qu’une bulle puis des myriades de bulles se forment il faut:

-un besoin colossal de financer des dettes ou de les refinancer

-puis une politique monétaire qui vise à continuer d’émettre de la dette,

-puis un moment, un catalyseur d’euphorie des foules sur un thème, sur une illusion, .

Il faut donc des conjonctions; un système surendetté qui a besoin de continuer, une politique monétaire qui vise à masquer le surendettement, à le noyer, un moment psychologique chez les foules, une désignation d’un thème, ou d’un support pour appliquer et concentrer la folie et ensuite, la contagion, l’enchainement, en boule de neige!

Ensuite, tout se développe de façon autonome de par la logiques de la psychologie des foules et des mécanismes internes des bulles, des « tas » au sens de Pier Bak , jusqu’à ce que les fenêtres d’instabilité se forment et que le hasard non prévisible fasse son travail d’effondrement.

Ici Powell pousse au crime. Il ose dire, pour prolonger la situation bullaire que la politique monétaire est restrictive! Et il se sert d’idioties diafoiriques fictives comme les taux d’intérêt neutres pour donner une allure scientifique à ses propos d’escroc.

Président Powell

« Les taux d’intérêt se situent actuellement en territoire restrictif. Ils sont bien au-dessus du point neutre... Nous disons depuis quelques années que nous commencerions à ramener le taux des fonds fédéraux à un niveau plus normal, presque neutre. Nous sommes loin d’être neutres désormais. »

8 mars – Bloomberg :

« Le président de la Banque fédérale de réserve de New York, John Williams, a déclaré… que le taux d’intérêt neutre « semble toujours assez bas ». S’exprimant à la London School of Economics, Williams a déclaré qu’il n’était pas encore clair si le taux neutre avait augmenté depuis la pandémie, bien qu’il ait déclaré que des facteurs tels que l’évolution démographique et une productivité plus élevée pourraient avoir un effet. Il a également souligné l’importance d’utiliser des modèles économiques pour guider les décisions politiques… « Les modèles sont notre moyen de communiquer », a déclaré Williams. « Si les modèles ne sont pas bons, alors les économistes n’ont pas raison. »

Tout, la science, le bon sens, les statistiques suggèrent que nous sommes loin des taux neutres et que nous sommes dans des politiques monétaires stimulantes.

Les données économiques, y compris les 275 000 créations d’emplois de février, ne suggèrent pas un taux directeur restrictif. 

Ce n’est pas non plus le cas des marchés financiers en plein essor. 

Ce n’est pas le cas des données incontestables cachées du système monétaire et financier telles qu’elles sont révélées dans le rapport de 180 pages du Z.1 du quatrième trimestre de la Fed . 

Les données de Z.1 sont cohérentes avec les indicateurs de marché. 

Commençons par le résultat de la politique monétaire, l’inflation de la bourse et du crédit.

La dette du Trésor, le total des titres de créance a augmenté de 1,065 trillion au cours du quatrième trimestre pour atteindre un record de 59,196 trillions – la plus forte augmentation depuis le quatrième trimestre 2020 (1,092 trillion ). Le total des titres de créances a gonflé 3,313 trillions $ en 2023.

Les actions ont bondi de 7,901 trillions au cours du quatrième trimestre pour atteindre 78,053 trillions , juste derrière les 80,061 trillions du quatrième trimestre de 20 21. La croissance en 2023 a été de 13,350 trillions , soit de 20,6 %.  Le rapport actions/PIB a terminé l’année 2023 à 279 %, un record si l’on exclut la période pandémique. Ce chiffre a largement dépassé les sommets des cycles précédents de 188 % (T4 2007) et 210 % (T1 2000).

Le total des titres (dettes et actions) a gonflé 8,967 trillions au cours du quatrième trimestre pour atteindre un record de 137,249 trillions . Le total des titres a augmenté de 16 663 trillions , soit 13,8 %, sur un an, et de 40 736 trillions , soit 42,2 %, en 18 trimestres. À titre de comparaison, avant la pandémie, la plus forte augmentation annuelle du total des titres était de 12,515 trillions en 2019.

L’inflation des marchés boursiers et des marchés du crédit continue d’alimenter l’inflation historique des bilans patrimoniaux des ménages.

 Les actifs des ménages ont bondi de 5, 009 trillions au cours du quatrième trimestre pour atteindre un record de 176 743 trillions . 

Les avoirs en actifs financiers ont augmenté de 5,561 milliards de dollars (à un record de 118,832 milliards de dollars), tandis que l’immobilier a chuté de 593 milliards de dollars (à 49,073 milliards de dollars). 

Avec une augmentation du passif de 170 milliards de dollars, la valeur nette du patrimoine des ménages a bondi de 4,839 trillions pour atteindre un record de 156,214 trillions . La valeur nette a gonflé de 11,587 trillions en 2023 année de soi disant austérité . À titre de perspective, le précédent cycle d’inflation de pointe de la valeur nette était de 6,862 trillions en 2004 et de 3,973 trillions en 1999.

Le rapport valeur nette des ménages/PIB a terminé 2023 à 571 %. Cela se compare aux sommets du cycle précédent de 488 % (T1 2007) et de 444 % (T1 2000).

Les avoirs totaux en actions des ménages (actions et fonds communs de placement) ont bondi de 3,291 trillions au cours du quatrième trimestre pour atteindre 43,002 trillions . En excluant la période pandémique, il s’agissait d’un record de 154 % du PIB (le cycle précédent culminait à 104 % (T3 2007) et 116 % (T1 2000). Les avoirs en titres de créance ont gagné 357 milliards de dollars supplémentaires au cours du quatrième trimestre pour atteindre un record de 5,671 trillions . Les titres de créance ont augmenté 1,236 trillions , soit 27,9 %, en 2023, avec une croissance sur trois ans de 1,621 trillions , soit 40,0 %.

Mais ce n’est pas seulement l’inflation des prix des titres qui alimente la valeur nette sans précédent des ménages. Les avoirs en instruments de type monétaire poursuivent leur ascension inégalée.

Ces avoirs ont encore bondi de 202 milliards de dollars au cours du trimestre.

Le total des dépôts bancaires a gagné 154 milliards de dollars (le gain le plus important en six trimestres), tandis que les dépôts des fonds monétaires ont ajouté 117 milliards de dollars supplémentaires.

Au total, les avoirs des ménages en bons du Trésor, agences, dépôts et fonds monétaires (TAD&M) ont bondi de 473 milliards de dollars au cours du trimestre pour atteindre un montant record de 21,579 milliards de dollars, avec un gain de 1,160 milliards de dollars en 2023. Les avoirs en TAD&M ont gonflé 5,881 milliards de dollars, soit 37,5%, au cours des quatre dernières années seulement.

Le bilan des ménages est la résultante de toute la politique monétaire des autorités. l’effet de richesse produit par la politique monétaire finance des dépenses de consommation résilientes, crée une psychologie, et valide la formation de bulles. Nous sommes dans le reflexif et le transitif, clefs de toutes les bulles. 

Le bilan du Reste du Monde (ROW) contribue également à ces formations bullaires domestiques , le Pognon du monde entier est attiré par les perspectives spéculatives offertes par le système américain. Je n’analyse pas les chiffres ici, mais sachez que cela existe et que cela est un complément non négligeable. C’est également une facette clé des bulles en cours . Le Reste du Monde participe à la fête de la Bulle americaine.

Nous assistons en direct à une dislocation au sein du système de crédit américain et à mon avis du système mondial, Elle génère un excès de liquidité auto-entretenu.

 Les principales sources de création de liquidité proviennent du levier spéculatif national (c’est-à-dire des pensions via le complexe des fonds monétaires) couplé à la spéculation à effet de levier de source mondiale étrangère, c’est-à-dire des opérations de portage sur le yen et les « carry trades » offshore. L’alchimie boursière opaque fait le reste avec en particulier le jeu des dérivés qui rend insensible au risque: les dérivés donne l’impression que le risk est exclus des marchés et que plus personne ne porte le Mistigri. Le risque semble rejeté hors du système; tout le monde est du même coté du bateau mais personne ne ne le sait parce que le risk n’est plus à son prix et que finalement, tout le monde sait bien intuitivement, que c’est la Fed qui assure!

Les responsables de la Fed ne peuvent ignorer leurs propres données sur le crédit et les flux, ils font semblant de les ignorer, à nos risques et périls.

Cest un colossal Système de Tiers payants.

En Prime pour les pros les chiffres du Z1 ,

La dette non financière (NFD) du quatrième trimestre a augmenté à un taux désaisonnalisé et annualisé (SAAR) de 3 500 trillions, en légère baisse par rapport aux 3 874 trillions du troisième trimestre (SAAR) –,mais en hausse significative par rapport aux 2 244 trillions du quatrième trimestre 2022 (SAAR). Cela place la croissance de la NFD en 2023 à 3,625 trillions , soit une légère baisse par rapport aux 3,785 trillions de 2022. La croissance de la NFD en 2023 était 46 % supérieure à celle de 2019 avant la pandémie (2,472 trillions – la plus forte expansion du crédit depuis le record de 2007 de 2,530 trillions .

À 73,808 trillions , la NFD a plus que doublé (108 %) depuis la fin de 2008. Le rapport NFD/PIB a gonflé à 270 %, en hausse par rapport au record de 233 % de 2007 – et aux 191 % de la fin des années 90. 

Depuis fin 2007, les titres du Trésor ont gonflé de 324%, passant de 6 051 trillions à 26 227 trillions (à 94% du PIB contre 41%). Le total des titres du Trésor et des agences (38 187 trillions ) a gonflé pour atteindre 137 % du PIB.

Ces chiffres confirment que la dynamique de la bulle financière publique se poursuit sans relâche. L’augmentation de 2,878 trillions (SAAR) des emprunts du gouvernement fédéral représente plus de 80 % de l’augmentation de la NFD. Pour l’année, les emprunts fédéraux ont augmenté de 2,620 trillions , contre 1,547 trillions en 2022, et le gain le plus important depuis les 4,581 trillions exceptionnels de 2020.

La croissance du crédit au secteur privé a ralenti. Le total des emprunts des ménages est tombé à 485 milliards de dollars SAAR, en baisse par rapport aux 622 milliards de dollars du troisième trimestre et aux 634 milliards de dollars du quatrième trimestre 2022. La baisse du quatrième trimestre s’est produite malgré le bond du crédit à la consommation à 166 milliards de dollars en SAAR contre 27 milliards de dollars au troisième trimestre. Le total des emprunts des entreprises a ralenti à 173 milliards de dollars SAAR, contre 294 milliards de dollars au troisième trimestre et 720 milliards de dollars au quatrième trimestre 2022.

Les emprunts du secteur financier national sont revenus à 695 milliards de dollars SAAR, après deux trimestres consécutifs de contraction.

Les actifs des banques (« institutions de dépôt privées ») ont augmenté de 401 milliards de dollars nominaux (pour atteindre un montant record de 26 159 milliards de dollars), inversant entièrement les baisses des troisième et deuxième trimestres. 

À 151 milliards de dollars , les prêts bancaires ont augmenté au rythme le plus rapide depuis le quatrième trimestre 22 (358 milliards de dollars). La croissance des prêts hypothécaires a ralenti pour s’établir à 50 milliards de dollars (3,0 % en rythme annualisé), tandis que les prêts à la consommation ont augmenté pour atteindre 41 milliards de dollars (6,0 % en rythme annualisé). Les avoirs bancaires en titres de créance ont bondi de 188 milliards de dollars, soit 12,8 % en rythme annualisé, pour atteindre 6 058 trillions la plus forte augmentation depuis le quatrième trimestre 21. Les avoirs du Trésor ont augmenté de 92 milliards de dollars (à 1,521 trillions , tandis que les Agences/MBS ont gagné 103 milliards de dollars (à 3,086 TN).

Du côté du passif bancaire, les dépôts (chèques et épargne) ont augmenté de 163 milliards de dollars (20,312 trillions ), la première augmentation depuis le premier trimestre 2022. Cela a mis fin à une baisse des dépôts de 1,128 trillions sur six trimestres. Le total des dépôts a gonflé 4 779 trillions , soit 30,8 %, sur quatre ans.

La finance boursière contunue d’exploser . Les actifs des courtiers ont augmenté de 119 milliards de dollars nominaux, soit 10 % en rythme annualisé, au cours du quatrième trimestre (pour atteindre un record de 4,876 milliards de dollars) – la plus forte croissance depuis les 433 milliards de dollars du premier trimestre. Cela porte la croissance en 2023 à un montant notable de 505 milliards de dollars, soit 11,5 %.

Du côté du passif, les accords de rachat de titres ( les «repos») ont bondi de 43 milliards de dollars pour atteindre 2,110 trillions, le plus haut depuis le troisième trimestre 2012. Les passifs des pensions ont bondi de 484 milliards de dollars, soit 29,8%, en 2023. Le marché des pensions a essentiellement financé la solide année 2023 des courtiers/négociants.

Le marché des pensions s’est contracté de 332 milliards de dollars nominaux au quatrième trimestre pour atteindre 6,253 milliards de dollars. Cette contraction s’explique entièrement par la diminution des actifs « reverse repo » de la Fed. En excluant la position de la Fed, le marché des pensions a en fait augmenté de 140 milliards de dollars supplémentaires au quatrième trimestre pour atteindre un record de 4,863 trillions . Les pensions hors Fed ont bondi de 1,189 trillions , soit 32,4 %, en 2023. Le passif des pensions du reste du monde (ROW) a augmenté de 113 milliards de dollars supplémentaires au quatrième trimestre pour atteindre un record de 1,689 trillions , avec un gain notable de 528 milliards de dollars en 2023, ou 45,5. %.

Les actifs du Money Fund (MF) ont augmenté de 215 milliards de dollars supplémentaires, soit 14 % en rythme annualisé, pour atteindre un record de 6,358 trillions . Les actifs ont gonflé 1,135 trillions ou 21,7 %, en 2023, avec une croissance sur quatre ans d’un montant colossal de 2,355 trillions , ou 49,4 %.rds de dollars, ou 22,1 %, pour atteindre 798 milliards de dollars.

Pour ces chiffres Ht à D N qui les a extrait des documents de la Fed

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