L’inflationnisme, « cela marche, nous sommes des dieux » disent les Gnomes.

Ce fut un trimestre financier complètement fou. Historique, mémorable.

Je vous l’ai décrit, analysé expliqué , je ne vais pas radoter.

Le nez sur les arbres , et même sur les feuilles des arbres les commentateurs n’ont cessé de « jouer » la fin du « soi disant » resserrement monétaire et d’anticiper la prochaine future, garantie, promise, baisse de taux d’intérêt.

Ils n’ont guère entrevu la forêt, alors que c’est elle qui a donné son terreau, son fond, ses soubassements au marché des actifs financiers. La forêt c’est l’elephant dans la pièce, c’est la certitude encore plus que la conviction , la certitude que plus jamais on ne sortira de la financiarisation et de l’inflationnisme monétaire .

La poussée inflationniste des prix a fait croire à certains, –jamais à moi- que l’on allait changer de regime, que c’était fini , que l’on allait tourner la page, que les bulles allaient crever, et que les taux élevés , la rigueur, l’orthodoxie étaient là pour rester et c’est cette croyance qui retenait encore les acheteurs il y peu, mais c’est fini; on sait que l’on ne peut sortir de ce régime .

Et on l’a compris en raison de l’explosion des deficits et des coûts d’intérêts ; ce sont les dettes des gouvernements qui ont provoqué la prise de conscience. Elles sont trop élevées , elles sont ingérables, insupportables sauf à retourner au regime d’avant l’inflation des prix c’est à dire à retourner à la grande repression financière des taux réels bas et de la MMT qui n’ose pas dire son nom.

Le gouvernement a vendu pour une valeur record de 23 000 milliards de dollars en 2023. Et peu de gens pensent que cette frénésie va bientôt ralentir… Lorsque le gouvernement ne prélève pas suffisamment d’impôts pour financer ses dépenses, le département du Trésor émet des obligations pour combler le vide. L’agence a levé 2 400 milliards de dollars nets l’année dernière pour financer le déficit

Le marché du Trésor a augmenté de plus de 60 % pour atteindre 27 000 milliards de dollars depuis fin 2019. Il est environ six fois plus important qu’avant la crise financière de 2008-09.

Le petit bout de la lorgnette de cet évènement considerable c’est la croyance générale à la future baisse des taux. Que dis je? Aux futures baisses des taux.

Cette croyance générale masque tout, elle est incluse dans toutes les analyse et personne ne l’explicite; la croyance en la future baisse des taux, c’est la même chose que croire que l’on retourne au regime d’avant l’épisode inflationniste, c’est la garantie du retour à l’inflation du prix des actifs, aux taux négatifs, a l’argent surabondant etc

Ce trimestre a constitué la divine surprise et c’est cette surprise qui justifie les évaluations, les anticipations, l’exuberance: on sait réguler le système sans accident majeur, on sait modérer l’inflation sans crise macro économique, on sait tout; on est des dieux sur terre; on sait revenir au « bien », au « souhaitable » sans faire « mal! »

On a réussi la dissymétrie. On peut raser gratis, marcher sur l’eau se droguer sans risque, la hausse de ce trimestre est systémique. Elle a eu lieu parce qu’on a apporté la preuve que le système est gérable.

Voila la varie raison de la hausse historique; c’est une raison historique et il est normal qu’elle produise une hausse elle même historique

La hausse du trimestre c’est cette prise de conscience par l’inconscient du marché, explicitée par certains mais simplement ressentie par les autres que l’on va refaire un tour, un grand, un beau tour.

L’inflationnisme, cela marche voila ce que nous a dit ce trimestre.

Donc ce fut trimestre remarquable.

Les conditions financières se sont encore assouplies, s’appuyant sur le pivot accommodant de la Fed au quatrième trimestre.

La mise en fusion spectaculaire des actifs à risque se poursuit.

Entre les plus bas du 26 octobre et les plus hauts de mars,

-les semi-conducteurs ont augmenté de 65 %,

-l’indice KBW Bank de 47 %,

-l’indice NYSE Arca Computer Technology de 39 %,

-l’indice à petite capitalisation Russell 2000 de 31 %,

-le Nasdaq100 de 30 %

-le S&P500 de 28 %.

Bitcoin a terminé le trimestre en hausse de 159 % par rapport aux plus bas d’octobre, s’échangeant à un niveau record le 14 mars (73 798 $).

-L’or a bondi de 167 $, soit 8,1 %, pour atteindre un sommet historique de 2 230 $.

Pour le trimestre, le S&P500 a rapporté (cours et dividendes) 10,55 % – le « meilleur premier trimestre depuis 2019 ».

Super Micro Computer a mené les gagnants, avec une hausse de 255 %.

Nvidia a bondi de 82 %,

Micron Technology de 38 %

Meta Platforms de 37 %.

L’indice des semi-conducteurs (SOX) a rapporté 17,76 %,

le Nasdaq Composite 9,32 % et le Nasdaq100 8,72 %.

L’indice NYSE Arca Oil a rapporté 16,44 %,

l’indice Nasdaq Insurance 15,39 %,

l’indice NYSE Arca Computer Technology 15,01 %,

le Nasdaq Transports 11,61 %

l’indice NYSE TMT 10,55 %.

Les rendements des valeurs du Trésor à 10 ans ont bondi de 32 points de base au premier trimestre pour atteindre 4,20 %, mais le crédit à risque, le crédit d’entreprise a nettement surperformé. Les spreads des titres de qualité investissement par rapport aux bons du Trésor sont tombés à 88 points de base à la fin du trimestre, la prime de risque la plus étroite depuis novembre 2021 – et à sept points de base du plus bas de 2005.

Les spreads du haut rendement ont chuté à 2,92 points de pourcentage, le plus étroit depuis janvier 2022.

L’émission de titres de créance d’entreprises a été tout simplement phénoménale.

L’argent a coulé à flots, il y en avait pour tout et pour tout le monde, voila pour tordre le cou a ce mensonge d’austérité monétaire.

Les actifs des fonds du marché monétaire ont bondi de 154 milliards de dollars supplémentaires, soit 10 % en rythme annualisé, au cours du trimestre pour atteindre 6 041 milliards de dollars. Les actifs des fonds monétaires ont grimpé de près de 1,5 trillions au cours des 18 derniers mois.

La spéculation à effet de levier est à son apogée, le minuscule retrait de liquidités par la Fed (228 milliards) n’est qu’une goutte d’eau dans la mer des liquidités mondiales évaluées a plus de 170 trillions!

. Un rapport sur le marché de la dette européenne publié la semaine dernière par Reuters estimait que « les hedge funds ont acheté entre 20 % et plus de 50 % des adjudications dans certains cas ». C’est un phénomène mondial.

La spéculation par effet de levier baigne dans la liquidité et crée la liquidité c’est elle qui permet de tout financer, y compris les adjudications des gouvernements à travers le monde.

28 mars – Bloomberg

« Le principal marché américain des obligations d’entreprises de première qualité a enregistré son premier trimestre le plus chargé jamais enregistré, surchargé par les investisseurs réclamant des rendements élevés avant que la Réserve fédérale ne commence à réduire les taux d’intérêt. Les sociétés de premier ordre ont profité de la forte demande des investisseurs pour emprunter un montant record de 529,5 milliards de dollars cette année jusqu’à mercredi, dépassant de loin le précédent sommet de 479 milliards de dollars au cours des trois premiers mois de 2020… Les ventes ont atteint un record en janvier et février et l’émission en mars de 142,2 dollars. milliard a dépassé les attentes.

28 mars – Reuters:

« Les fusions et acquisitions (M&A) ont rebondi au premier trimestre après une année 2023 décevante… Les volumes totaux de fusions et acquisitions ont globalement grimpé de 30 % pour atteindre environ 755,1 milliards de dollars, selon… Dealogic. Le nombre de transactions d’une valeur de plus de 10 milliards de dollars est passé à 14, contre cinq au cours de la même période l’année dernière… Les volumes de fusions et acquisitions aux États-Unis ont bondi de 59 % pour atteindre 431,8 milliards de dollars. Les transactions européennes ont bondi de 64 %, tandis que les volumes en Asie-Pacifique ont chuté de 40 %.

28 mars – Financial Times

: « Les transactions à succès ont plus que doublé au premier trimestre de cette année, signalant une reprise naissante du marché des fusions et acquisitions après une longue sécheresse. Le nombre de rachats d’une valeur d’au moins 10 milliards de dollars a bondi au cours des trois premiers mois de 2024 par rapport à la même période de l’année dernière, tiré par d’importantes transactions américaines dans les secteurs de l’énergie, de la technologie et de la finance… Onze transactions de ce type, pour une valeur totale de 215 milliards de dollars. , ont été réalisées au cours du trimestre, contre cinq rachats d’une valeur totale de 100 milliards de dollars au cours des trois premiers mois de 2023. »

25 mars – Bloomberg :

« Les matières premières progresseront cette année alors que les banques centrales des États-Unis et d’Europe s’apprêtent à réduire les taux d’intérêt, contribuant ainsi à soutenir la demande industrielle et des consommateurs, selon Goldman Sachs… Les matières premières pourraient un rendement de 15 % par rapport à 2024 à mesure que les coûts d’emprunt diminuent, que le secteur manufacturier se redresse et que les risques géopolitiques persistent, ont déclaré des analystes dont Samantha Dart et Daan Struyven…. Le cuivre, l’aluminium, l’or et les produits pétroliers pourraient grimper, selon la banque, qui a également souligné la nécessité pour les investisseurs d’être sélectifs car les gains ne seraient pas universels.»

5 mars – Wall Street Journal :

« Le marché financier le plus grand et le plus important au monde connaît une croissance à pas de géant. À Wall Street, cela rend les gens nerveux. Les émissions annuelles de bons du Trésor américain ont explosé, doublant presque depuis le début de la pandémie.

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