Les bulles, c’est un tout, c’est un système, c’est un régime qui touche tous les aspects de l’hégémonie, de l’unilatéralisme, de la volonté de domination.

L’inflationnisme, « cela marche, nous sommes des dieux » disent les Gnomes.

L’or ne monte pas parce que les autorités fédérales vont réduire leurs taux. L’or ne monte pas parce que le dollar est sur le point de s’effondrer. L’or monte car il commence à comprendre, il prend conscience du piège dans lequel la Fed est engagée: le piège des deficits, de la dette et de la non-solvabilité.

La Fed ne peut pas augmenter ses taux et le gouvernement ne peut pas cesser et ne cessera pas de dépenser.

L’inflationnisme et la production de monnaie doivent continuer, c’est marche ou crève.

Le pivot de la Fed au dernier trimestre de 2023, la ré-accélération de l’activité économique, l’envolée des conditions financières vers les sommets les plus laxistes, tout cela a convaincu les opérateurs que si la Fed persistait dans sa guidance de baisse des taux, c’est parce qu’elle y était obligée!

La Fed est face à un dilemme dont elle ne peut sortir de façon satisfaisante, donc dans le cadre de la balance des risques elle choisit celui qui lui parait le moindre, elle choisit de laisser l’inflation des prix des biens ,des services, du pétrole et des actifs faire un nouveau tour; elle choisit de laisser la spéculation se réactiver.

5 avril – Bloomberg :

« L’ancien secrétaire au Trésor, Lawrence Summers, a déclaré que l’augmentation de l’emploi aux États-Unis en mars montre que la Réserve fédérale se trompe dans son estimation du taux d’intérêt neutre, et a mis en garde contre toute décision de baisse des taux en juin. « Il s’agit d’un rapport brûlant qui suggère que, au contraire, l’économie est en train de ré-accélérer », a déclaré Summers… Parallèlement à d’autres facteurs, notamment un assouplissement « épique » des conditions financières, « il me semble que les preuves sont accablantes que le taux neutre est bien plus élevé que ne le suppose la Fed », a-t-il déclaré.

Assouplissement « épique » des conditions financières, en effet. Le débat sur le soi-disant « taux neutre » a toujours été une tromperie destinée à donner une apparence scientifique à ce qui est un « choix », choix de solvabiliser et monétiser. Il n’y a pas plus de taux neutre dans le monde réel que de beurre en branche.

Le seul débat intéressant est celui-ci: sommes-nous aujourd’hui dans la fatidique « phase terminale » de la plus grande bulle de l’histoire, dans la phase finale de la deuxième plus grande expérience monétaire de tous les temps après celle de John Law?

Pour moi le signal que les forces de destruction se rapprochent c’est la rapidité avec laquelle cette fois ci, les marchés ont compris la situation de « corner » dans laquelle se trouvait la Fed.

Dans le cycle en cours, Les perceptions ont changé, les reflexes pavloviens de la reflation ont joué très vite et très puissamment, ce qui indique que le terrain sur lequel la Fed intervient maintenant est beaucoup plus glissant qu’avant.

On ne peut sans cesse recommencer les mêmes cycles et les mêmes discours sans que peu à peu les participants des marchés ne finissent par comprendre.

En fait je vais plus loin il y a eu trois vagues de compréhension, trois vagues de prise de conscience ; la première a eu lieu en octobre 2022 quand tout l’Occident a été obligé d’assouplir les conditions financières pour faire face à la crise britannique des Gilts et de la Livre sur les bévues de Liz Truss, puis il y eu l’épisode la monétisation indirecte pour sauver les banques régionales avec SVB, et ensuite il y a eu septembre et octobre 2023 lors des indications du pivot de Powell lequel a voulu jouer à l’apprenti sorcier pour réussir un atterrissage en douceur.

La politique monétaire est-elle restrictive aujourd’hui ? Bien sur que non pour la plupart des secteurs de la finance et de l’économie. -sauf les CRE bien sur-. Les conditions réelles, pratiques sont exceptionnellement souples face aux performances que l’on peut réaliser avec l’argent facile. La dynamique des bulles contourne largement des mesures de resserrement qui seraient restrictives dans tous les autres environnements.

L’air du resserrement , n’ a été joué que pendant quatre mois tout au plus. Il y avait des réserves de précaution car le resserrement avait été téléphoné, il y a eu des innovations, il y a eu des entrées de capitaux venant de l’étranger. Il y a eu le sauvetage des banques régionales . Les l’excès de crédit ont persisté, dominés par la dette du Trésor et la spéculation à effet de levier , c’est-à-dire par les « opérations de base » et les « opérations de portage » financées par les « repo ».

Je ne suis pas sur que Powell et ses complices soient de bonne foi, je pense que ce sont des gens de peu de morale, de sens de l’intérêt général présent et futur, mais en plus il s ‘y ajoute l’incompétence fondamentale pour tout ce qui touche le long terme; tous ces gens optimisent au jour le jour, sans carte, sans boussole, ils passent leur temps à esquiver les écueils qui se présentent sans théorie valable et surtout sans expérience.

Dans le grand cycle du crédit qui a commencé après la seconde guerre mondiale, les innovations ont dépassé la compréhension des acteurs et des régulateurs. Les constructions guidées par l’appât du gain facile ont été multipliées sans véritables tests , sans souci du conséquences, on avance, on a avancé.

A mon avis personne n’a vraiment compris ce que cela voulait dire que d’aller vers la finance de marché, vers la finance de Wall Street et en quoi cela différait de la finance ancienne bancaire.

Dans le cycle de bulle actuel, les effets des outils monétaires contemporains de la Fed sur la finance de marché ne sont pas du tout compris.

Ce qui n’a pas été compris c’est la mutation qui a consisté a mettre le crédit et la valeur des actifs financiers sur le marché financier, à la merci des animal spirits et de l’esprit de jeu.

Ce qui n’a pas été compris c’est le lien qui peu à peu se nouait entre la production de crédit, la liquidité, les taux , le risque, les récits et la valorisation des actifs, ce lien qui s’est noué au sein de la sphère financière a brisé le lien ancien avec le fondamental, avec l’activité économique, avec l’utilité. La bulle se forme quand on se libère du poids du réel pour n’être soumis qu’aux caprices de l’air chaud de la finance.

La plus grande bulle de l’histoire ne gonfle pas, sans des milliards de QE, des taux zéro et une myriade de mécanismes de soutien à la production de liquidités et des discours théoriques et publicitaires qui la légitiment.

Tout cela ne se fait pas sans le sous bassement de l’exceptionnalisme.

Les politiques inflationnistes de la Réserve fédérale ont rendu possibles des déficits fédéraux sans précédent de 7 % du PIB en temps de paix, dépenses qui ont contribué à gonfler les bénéfices des entreprises et les revenus des ménages.

Ce que je veux dire c’est que c’est un tout, c’est un système, c’est un régime qui touche tous les aspects de l’hégemonie, de l’unilatéralisme, de la volonté de domination.

3 avril – Bloomberg :

« Les banques centrales, dirigées par la Chine et l’Inde, ont continué à accroître leurs réserves d’or en février, marquant le neuvième mois consécutif de croissance, selon le World Gold Council. Un montant net de 19 tonnes a été acheté, la Banque populaire de Chine représentant 12 tonnes. La Reserve Bank of India et la National Bank of Kazakhstan ont chacune augmenté leurs avoirs de 6 tonnes.

4 avril – Bloomberg :

« Le cuivre a atteint son plus haut niveau en 14 mois alors que les investisseurs se ruent sur le métal industriel phare en réponse aux risques croissants en matière d’offre et aux espoirs d’une reprise mondiale de la demande.

Les prix ont grimpé jusqu’à 1,5 % jeudi après que les commentaires accommodants du président de la Réserve fédérale, Jerome Powell, ont donné un élan à un rallye amorcé début février en raison de l’augmentation rapide des risques pesant sur l’offre.

Les perturbations dans les principales mines ont obligé les fonderies à payer des prix historiquement élevés pour obtenir le minerai extrait, et les usines chinoises – qui produisent plus de la moitié du cuivre affiné dans le monde – se rapprochent de la mise en œuvre d’une réduction commune de la production en réponse.

30 mars – Financial Times :

« Les traders parient sur un marché du cuivre plus tendu dans les mois à venir, alors que la déception suscitée par la croissance économique chancelante de la Chine est dépassée par les craintes d’une compression des approvisionnements mondiaux. Le cuivre – un baromètre clé de la santé économique mondiale étant donné son utilisation dans tous les domaines, des bâtiments aux lignes électriques – pour livraison en juin coûte 8 832 dollars la tonne, soit 105 dollars de plus que le prix au comptant. La différence entre les livraisons actuelles et futures est la plus grande jamais enregistrée, depuis 1994… »

1er avril – Financial Times :

« Une augmentation de la demande d’électricité pour alimenter les centres de données et pour Selon les producteurs, une révolution de l’intelligence artificielle marquera le début d’un âge d’or pour le gaz naturel. Les besoins énergétiques croissants de l’IA augmenteront bien au-delà de ce que les énergies renouvelables et les batteries peuvent fournir, affirment les dirigeants, ce qui rend crucial un approvisionnement accru en combustibles fossiles pour le réchauffement de la planète, même si les gouvernements s’engagent à réduire leur utilisation. « Cela ne se fera pas sans gaz », a déclaré Toby Rice, directeur général d’EQT, le plus grand producteur de gaz du pays, à propos du prochain boom de l’IA.

L’indice Bloomberg Commodities a bondi de 3,4% (en hausse de 4,3% depuis le début de l’année).

L’or au comptant a augmenté de 4,5 % à 2 230 $ (en hausse de 12,9 %).

L’argent a bondi de 10,1 % à 27,48 $ (en hausse de 15,5 %).

Le brut WTI a bondi de 3,74 $, ou 4,5 %, à 86,91 $ (en hausse de 21 %).

Le cuivre a bondi de 5,7 % (en hausse de 9 %).

2 avril – Bloomberg:

« Les traders d’options pétrolières cherchent de plus en plus à se protéger contre la hausse des prix du brut alors que les tensions s’intensifient au Moyen-Orient. Les indicateurs de marché à court terme pour le Brent et le brut américain se sont inversés au cours de la semaine dernière, reflétant davantage de demande d’options d’achat haussières que de ventes baissières. Le biais d’achat du WTI du deuxième mois, qui montre ce que les traders paieront pour les options qui profitent d’une hausse des prix par rapport à une baisse, a été modifié mardi pour la première fois depuis novembre… »

Avril 4 – Bloomberg :

« Un trio d’universitaires a une vision audacieuse du marché du crédit privé en plein essor, estimé à 1 700 milliards de dollars : après prise en compte des risques et des frais supplémentaires, la classe d’actifs n’offre pratiquement aucun rendement supplémentaire aux investisseurs. Dans une nouvelle étude publiée par le Bureau National de Recherche Économique, les professeurs ont fait valoir que les prêteurs directs dans l’ensemble ne produisent pratiquement aucun alpha – ou une compensation supplémentaire par rapport aux références générales du marché. Cette conclusion sera certainement controversée dans un marché dont la taille a plus que doublé au cours des cinq dernières années grâce à l’attrait de rendements plus élevés et plus stables par rapport à la dette cotée en bourse. « Ce n’est pas une panacée pour les investisseurs de pouvoir gagner 15 % sans risque », a déclaré Michael Weisbach, professeur de finance à l’Ohio State University, qui a co-écrit l’étude avec Isil Erel et Thomas Flanagan. « Une fois ajustés au risque, ils obtiennent essentiellement le montant qu’ils méritent, mais pas plus. »

5 avril – CNBC :

« La création d’emplois en mars a largement dépassé les attentes, signe d’une accélération continue d’un marché du travail animé et résilient. Les effectifs non agricoles ont augmenté de 303 000 pour le mois, bien au-dessus de l’estimation du Dow Jones d’une hausse de 200 000 et supérieur au gain révisé à la baisse de 270 000 en février… Le taux de chômage a légèrement baissé à 3,8 %, comme prévu, même si le taux d’activité a évolué. plus élevé à 62,7 %… Dans la mesure clé du salaire horaire moyen, les salaires ont augmenté de 0,3 % pour le mois et de 4,1 % par rapport à l’année dernière, tous deux conformes aux estimations de Wall Street. La croissance est venue de nombreux secteurs habituels qui ont généré des gains au cours des derniers mois. Les soins de santé arrivent en tête avec 72 000, suivis par le gouvernement (71 000), les loisirs et l’hôtellerie (49 000) et la construction (39 000). Le commerce de détail a contribué pour 18 000 tandis que la catégorie « autres services » en a ajouté 16 000. »

3 avril – CNBC :

« La croissance de l’emploi dans le secteur privé a augmenté en mars à son rythme le plus rapide depuis juillet 2023, ce qui indique une vigueur continue du marché du travail américain, a rapporté la société de traitement de la paie ADP… Les entreprises ont ajouté 184 000 travailleurs sur le mois, une augmentation. par rapport au gain révisé à la hausse de 155 000 en février… En plus de la forte reprise de l’emploi, ADP a signalé que les salaires des travailleurs qui sont restés dans leur emploi ont augmenté de 5,1 % par rapport à l’année dernière, le même taux qu’en février après avoir montré une détente constante depuis longtemps. 2023. Ceux qui ont changé d’emploi ont enregistré des gains de 10 %, également plus élevés que les mois précédents. « Le mois de mars a été surprenant non seulement par les augmentations salariales, mais aussi par les secteurs qui les ont enregistrées », a déclaré Nela Richardson, économiste en chef d’ADP.

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