Editorial. La seule certitude quant à l’avenir c’est une vague sans précédent de destruction et de destructions !

Dans sa fonction objective, le marché des Bourses de Valeurs est un espace de découverte des vrais prix et des valeurs économiques sous jacentes.

J’ai dans le passé beaucoup écrit sur cette fonction de découverte des vrais prix pour signaler que l’inflationnisme monétaire, c’est à dire la création de monnaie de crédit et de dettes avait pour fonction de masquer les vrais prix, de les fausser.

L’inflationnisme monétaire a pour fonction de s’opposer aux vrais prix c’est à dire aux destructions générées par le progrès des techniques, des savoir-faire et des processus de production

L’inflationnisme monétaire est un moyen de lutter contre les effets de la productivité, effets considérés comme négatifs car déflationnistes dans un monde noyé dans les dettes.

Les heures de travail pour fabriquer un produit donné diminuent donc la valeur-travail de ce produit baisse sans arrêt, cela provoque de la déflation et l’hélium monétaire a pour fonction de gonfler, de masquer cette déflation réelle.

La découverte des vrais prix comme toutes les théories du libéralisme, c’est du pipeau théorique, bien sur car

-d’une part les vrais prix exprimées en monnaie désancrée cela ne signifie pas grand chose puisque le lien fondamental a été rompu,

-d’autre part il reste à voir dans quelle mesure les prix et valeurs monétaires expriment des utilités sociales non seulement actuelles mais surtout futures.

La société de demain reste à inventer.

C’est dans cet esprit que je contemple les imbécilités qui circulent sur l’Intelligence Artificielle, sur les miracles de la technologie, sur le Trésor caché de la digitalisation, et tout ce qui s ‘y rapporte; on nous parle beaucoup d’opportunités et personne ne nous parle des péremptions, des coûts et des destructions de valeur.

Nos crises financières à répétition sont des crises de refus des destructions , ce sont des crises provoquées par le refus de remettre en continu les compteurs à zéro.

Les destructions selon moi dans les années a venir vont être colossales parce que les prix exprimés en monnaie fiat sont bullaires, parce que les valeurs sous jacentes dans beaucoup de cas vont être détruites, obsoletes en particulier dans les secteurs lourds comme l’immobilier et les equipements de production, de transport .

Ici Daron Acemoglu essaie d’attirer l’ attention sur ce phénomène qui a mon avis est volontairement occulté par les élites afin de tromper les masses sur les bienfaits des progrès technologiques en les séparant de leurs inconvénients ; cette séparation du plus et du moins est l’une des structures de la tromperie qui permet la domination par les élites. elle font miroiter les gains et dissimulent les couts de tout ce qu’elles vous imposent.

La transition climatique va provoquer des transferts de richesses, des paupérisations considérables dont les masses seront les premières et désignées victimes. Pas seulement au plan de la valeur de leur travail mais aussi au plan de leurs petits actifs, de leurs reserves ,de leurs retraites, de leurs droits acquis.

9 avril 2024

DARON ACEMOGLU

Plutôt que de faire aveuglément confiance à des théories élégantes mais simplistes sur la nature du changement historique, nous devons de toute urgence nous concentrer sur la manière dont la prochaine vague d’innovations de rupture pourrait affecter nos institutions sociales, démocratiques et civiques.

Laisser ce soin aux entrepreneurs technologiques risque de provoquer davantage de destruction – et moins de création – que ce que nous avions prévu.

BOSTON – L’ancien concept chinois du yin et du yang témoigne de la tendance des humains à percevoir des schémas d’opposés imbriqués dans le monde qui nous entoure, une prédilection qui s’est prêtée à diverses théories des cycles naturels des phénomènes sociaux et économiques.

Tout comme le grand philosophe arabe médiéval Ibn Khaldun voyait le chemin de l’effondrement éventuel d’un empire imprimé dans son ascension, l’économiste du XXe siècle Nikolaï Kondratiev a postulé que l’économie mondiale moderne évolue selon des supercycles à « ondes longues ».

Mais aucune théorie n’a été aussi populaire que celle – qui remonte à Karl Marx – qui lie la destruction d’un ensemble de relations productives à la création d’un autre.

En 1913, l’économiste allemand Werner Sombart observait que « de la destruction naît un nouvel esprit de création ».

C’est l’économiste autrichien Joseph Schumpeter qui a popularisé et élargi la portée de l’argument selon lequel les nouvelles innovations remplacent perpétuellement les technologies auparavant dominantes et renversent les anciens géants industriels.

De nombreux spécialistes des sciences sociales se sont appuyés sur l’idée de « destruction créatrice » de Schumpeter pour expliquer le processus d’innovation et ses implications plus larges. Ces analyses ont également identifié des tensions inhérentes au concept. Par exemple, la destruction entraîne-t-elle la création, ou est-elle un sous-produit inévitable de la création ? Plus précisément, toute destruction est-elle inévitable ?

Une réflexion sur “Editorial. La seule certitude quant à l’avenir c’est une vague sans précédent de destruction et de destructions !

  1. Argument « selon lequel les nouvelles innovations remplacent perpétuellement les technologies auparavant dominantes et renversent les anciens géants industriels. » est celui de l’ivrogne qui cherche ses clés au pied du réverbère, non parce qu’il les a perdues à cet endroit, mais « parce qu’ici du moins, on a de la lumière pour chercher… ». 

    En fait Daron Acemoglu cherche dans les innovations technologiques les mécanismes du changement social. Or c’est exactement l’inverse qui est à l’œuvre car c’est la lutte des classes qui suscite l’innovation sociale. On oublie trop souvent que le propre de l’homme, outre sa capacité à rire (et d’en rire), c’est l’inventivité, la création d’objets techniques, symboliques et sociaux et d’en jouer. 

    Lorsqu’après une accumulation d’innovations infinitésimales nos ancêtres chasseurs-cueilleurs-prédateurs ont inventé la sédentarisation, alors par l’agriculture et l’élevage ils sont devenus producteurs de leurs moyens de subsistances ; alors la nécessité de l’inventivité sociale s’est imposée. En effet, l’état de chasseurs-cueilleurs est une lutte permanente contre la disette, obligés de se déplacer en permanence lorsque les subsistances viennent à manquer. Devenus sédentaires nos ancêtres firent une découverte qui allait bouleverser la planète et ce faisant eux-mêmes. Ils peuvent produire PLUS qu’ils ont besoin de CONSOMER pour vivre et prospérer ! Avec des hauts et des bas, mais globalement toujours plus haut…

    C’est ainsi à partir du sur-produit que la propriété privée a été inventé : le plus gros et le plus fort a dit « c’est à moi ». Alors la police a été inventé pour que ceux qui produisent ne la ramène pas trop… ; puis l’armée pour se défendre contre les autres… ; et enfin les prêtres, les intellectuels et les magistrats pour expliquer que cela est l’ordre naturel des choses. 

    Depuis, l’innovation sociale s’est développée, a changé de formes, s’est complexifiée, mais parce qu’elle est fondée sur le même schéma de base, de lutte pour s’approprier le surproduit social est toujours là. Exploitation, Annexions, colonisations et guerres aux seul profits des 1%…

    Aujourd’hui la situation est d’autant plus préoccupante que le marché du système capitaliste a atteint les bornes de la planète et qu’il est en train de pourrir sur place, menaçant même les acquis –oh combien douloureux– antérieurs de la civilisation humaine. Actuellement, ces capacités productives sont elles-mêmes en état de régression.

    La solution ne viendra que d’une innovation sociale qui mijote depuis un moment : supprimer la gestion privée du surproduit social pour qu’il soit géré collectivement par ceux qui produisent les richesses et satisfaire les besoins de la multitude. À l’ère du village mondial connecté par Internet cela devient réaliste. Mais il y a encore du boulot … le vieille taupe creuse.

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