Sondage, les 100 jours d’Attal à Matignon. Le retour de Hollande.

Observatoire de la politique nationale BVA Xsight-RTL : Avril 2024
100 jours à Matignon : Gabriel Attal maintient sa popularité

50% des Français ont une bonne opinion de lui (+1), contre 50% qui en ont une mauvaise opinion (stable).Des résultats partagés, qui lui permettent toutefois de maintenir un socle de popularité relativement positif, notamment quand on le compare à celui d’Emmanuel Macron (33%; stable).

Un différenciel de popularité qui ne constitue pas (encore ?) une menace pour le Président : le Premier ministre est davantage perçu comme un atout pour lui (35%) que comme un handicap (10%)

Enfin, Gabriel Attal se situe pour le moment un peu au-dessus de ses prédécesseurs après 100 jours d’exercice du pouvoir (Edouard Philippe : 46% ; Jean Castex: 45% ; Elisabeth Borne : 46%).

Son image s’écorne mais résiste

Il perd des points en deux mois mais continue d’être perçu par une majorité de Français comme quelqu’un de compétent (53%; -2), qui a des convictions (55%; -5) et qui sait où il va (51%; -1).Un répondant sur deux reconnait toujours sa capacité de prendre les décisions qui s’imposent (48%; -4) et à faire preuve d’autorité (46%; -5), même si sur ces deux sujets dont il a fait son cheval de bataille en termes d’identité, il perd quelques plumes.

En revanche, il peine à convaincre sur son action et sa capacité à changer concrètement les choses

Après 100 jours d’exercice du pouvoir à Matignon, les Français sont désormais plus nombreux à se prononcer sur le sujet qu’en février dernier et ils expriment davantage de mécontentement (46% ; +6) que de satisfaction (41%; +3) à l’égard de son action.

Dans le détail, les jugements sont particulièrement critiques concernant la lutte contre les déficits publics (62%), la santé (62%), le logement (57%) ou le chômage (57%).

Alors qu’il a annoncé des mesures pour lutter contre la violence des jeunes et restaurer l’autorité, son action dans le domaine de la sécurité est également jugée sévèrement (55% de mécontentement).

Les résultats sont un peu meilleurs concernant son action en faveur de la laïcité (41% sont satisfaits, vs 46% mécontents) et dans une moindre mesure l’éducation (38% vs 52%), signe que son passage rue de Grenelle a façonné durablement son image.

En définitive, seuls 43% des répondants lui font confiance pour améliorer la situation de la France (-1 depuis février) et 41% pour améliorer leur quotidien (stable).

Sondage réalisé du 17.04.2024 au 18.04.2024
Christelle Craplet
Co-directrice de BVA Opinion

AUTRE SONDAGES LE RETOUR DE HOLLANDE!

Le grand retour (ou com’ back en anglais)

Publié le 8 avril 2024 par maximetandonnet

« Dans le dernier baromètre Elabe pour « Les Echos », il est la quatrième personnalité politique préférée des Français, avec 29 % d’image positive, de loin premier à gauche, et le seul parmi le Top 6 à progresser (+2 en avril). » 

De qui parle-t-on ainsi?

De François Hollande qui « retrouve ainsi les faveurs de l’opinion » (sic).

Un historien spécialiste du Directoire et du Consulat me l’avait annoncé un jour, lors d’une réception en 2018: « Vous verrez, quand la France aura atteint le fond de l’abîme, elle regrettera François Hollande« .

Alors, oubliées les virées nocturnes en scooter? Oubliée Léonarda? Oubliées les promesses fantaisistes, répétées pendant cinq ans sur la baisse du chômage? Oublié le cirque de six mois sur la déchéance de nationalité comme réponse au massacre du Bataclan, avant un enterrement de première classe? Oubliée l’annonce de la fin de la menace terroriste, un 14 juillet 2016, quelques heures avant la tuerie de Nice? Oublié le chaos social permanent? Et le scandale? Oublié « Un président ne devrait pas dire ça? »

De fait, l’opinion semble avoir la mémoire courte.

Pourquoi un tel retour, ou plutôt demi-retour en grâce? (4ème avec 29%, comme on dit, au pays des aveugles, les borgnes sont rois).

Parce que François Hollande, avec sa silhouette et son air bonhomme, incarne bien « l’anti-macron ». A juste titre: un président « normal » est mieux qu’un président (prétendument) « Jupiter ». Les Français (enfin, les 29%) ont raison, au fond, de préférer la posture de bonhommie à celle d’arrogance : pour un résultat à peu près identique. Mais ils oublient aussi autre chose: l’actuel chef de l’Etat, qu’ils peinent à supporter (au moins 75% d’entre eux) malgré sa double élection, est une pure créature de François Hollande, son fils politique, spirituel, son enfant prodigue, son héritier idéologique.

Ils oublient que la politique des mandats Macron (économique, budgétaire, sécuritaire, sociétale, migratoire, sanitaire, énergétique, diplomatique, etc.) est grosso modo la même que celle de l’ère Hollande – sauf sur la fiscalité des milliardaires.

Et cela est bien normal dès lors que M. Macron est une pure créature de M. Hollande.

Avec une différence quand même: M. Hollande est (me semble-t-il) d’un niveau d’intelligence – au sens de l’intuition, la lucidité sur soi-même, sur les autres, sur le monde et sur l’histoire – sans doute au-dessus de l’actuel président.

Le secret d’une carrière politique réussie aujourd’hui – jusqu’à l’Elysée – n’est surtout pas l’intelligence comme définie ci-dessus. C’est la désinhibition, l’absence de sur-moi (au sens freudien) ou de limite, de conscience de soi et des autres, être prêt à absolument tous les mauvais coups, tous les mensonges, les manipulations, la démagogie, sans limites, toutes les volte-face, un cynisme, parfois confondu à tort avec l’intelligence, tous les pires sales coups pour le bien public.

Tel est l’un des grands malheurs de la France. Et jamais le bout du tunnel n’a paru aussi éloigné, sinon illusoire…

MT

6 réflexions sur “Sondage, les 100 jours d’Attal à Matignon. Le retour de Hollande.

  1. « Vous verrez, quand la France aura atteint le fond de l’abîme, elle regrettera François Hollande« .

    Cette phrase est d’une bêtise crasse.

    On fonce vers le fond et les français ne regretteront personne de ceux qui nous y auront conduit dont Hollande.

    Le moment venu, on nous sortira un nouveau candidat du chapeau et ce ne sera surement pas Attal qui va voler en éclats dès la rentrée quand il va devoir augmenter les impôts.

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    1. La politique a subi la même disjonction que celle que je décris régulièrement concernant les marchés financiers: on y transacte, on y échange des signes, des images à l’intérieur d’un monde imaginaire et on n’en sort plus jusqu’à ce que le réel, l’usage, la rareté, les limites, la mort , tout cela fracasse l’imaginaire.

      Au sein de l’imaginaire toutes les combinaisons , toutes les permutations sont possibles, aussi bien le retour de Hollande que celui de Macron un jour. Le monde des signes est un monde de manipulation d’équivalents ou plutot de faux équivalents et de tenants lieux. La Com crée un trou, une faille, un manque dans l’inconscient collectif et ensuite elle bouche ce trou par un signe , un artefact conçu à cet effet.

      Il n’y a pas de véritable ancrage, tout est à deux dimensions, en surface comme dans les sondages, et la mémoire des masses ne dépasse pas selon un prix Nobel célèbre -Allais- 3 ans.

      Sitot que ces « images » créées par la Com sont élues, elles déçoivent et ceux qui ont apporté leurs voix s’en écartent , ils s’aperçoivent que cette image ne résiste pas à l’usage; pas à la pratique !

      L’usage voila un mot important qu’il faut réintroduire dans le vocabulaire à tous les niveaux, et dans tous les domaines, il faut se libérer de la dictature de l’échange et surtout de la dictature du désir, et revenir à l’usage.

      La encore c’est la fonction de la guerre que de « tuer » ces dictatures et de réintroduire la vérité de l’usage .

      je ne crois pas que l’imaginaire bullaire politique soit plus mur pour crever que l’imaginaire financier; je ne vois aucun signe avant coureur d’une réintroduction du réel ou d’une réconciliation avec le réel; les jeunes qui nous succéderont sont en train de s’écarter encore plus du réel et des praxis, aliénés qu’ils sont dans les digits et l’assistance/dépendance .

      L’univers imaginaire continue de s’étendre avec l’emprise des médias, le l’urbanisme, des aides sociales, de l’argent tombé du ciel, avec le règne de la parole et de l’image publicitaire.

      C’est pour cela que les guerres sont de vrais évènements historiques, déterminants: elles réintroduisent le réel, le besoin, la nature, et elles crèvent les bulles aussi bien politiques que culturelles, financières ou monétaires.

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    1. Un tunnel est plus ou moins dans un axe horizontal…
      Dans un axe vertical, je verrai bien un puits.
      Ensuite, aller du puits au gouffre, il n’y a qu’un pas.

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  2. Bonsoir M. Bertez

    « « …Vous verrez, quand la France aura atteint le fond de l’abîme, elle regrettera François Hollande » .

    Pour pouvoir descendre encore plus bas?

    Ne pas oublier que F. Hollande n’ a pu arriver à l’Elysée que parce que le premier « lancé » par la « gauche », à savoir D.S.K, a trébuché aux USA.

    Il est courant de filer la métaphore routière pour décrire les parcours politiques: du genre la route est droite et la pente rude, un boulevard, une route semée d’embûches quand ce n’est pas une impasse. Dans la même veine, on pourrait dire que F. Hollande a vu s’ouvrir un « pont de singe » inattendu devant lui et qu’il a bien su profiter de l’occasion.

    Mais il a fini par se dévoiler à Minsk: et il n’est plus crédible où que ce soit dans le monde.

    Cordialement

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