Vers un bouleversement monétaire majeur, la donne va changer, le système ancien du « joueur de billes » va s’éroder puis se gripper.

Napier dont je vous passe les textes de temps à autre a retenu mon attention il y a quelques années en arbitrant la Chine en faveur de l’Inde et il avait raison! il vaut mieux être investi en Inde qu’en Chine.

Il conseille des institutions financières sur l’allocation d’actifs et est le fondateur du cours The Practical History of Financial Markets.

La deuxième économie mondiale est sur le point de parvenir à l’indépendance monétaire et, ce faisant, elle détruira le système monétaire international actuel.

C‘est la thèse de Napier et je la partage depuis longtemps.

Le systme actuel qui voit la Chine ancrer sa monnaie dans le dollar ou un pseudo panier est condamné car il entraine la Chine dans la déflation et limite ses marges de manœuvre; par ailleurs ce système avait du sens lors du bon fonctionnement du système monétaire coopératif du recyclage dit Bretton Wodds II, il n’en a plus maintenant t. On ne peut plus considérer qu’il va durer. La Chine a besoin de réduire sa dépendance et son ouverture sous ces aspects.

La Chine doit non seulement relancer son économie, mais aussi réduire ses dettes nous dit Russell Napier.

j’ajoute que tout ce ci est la conséquence de la fin d e la coopération internationale qui est intervenue au lendemain de la crise de 2008: nous sommes passés dans un monde de rivalit, de concurrence exacerbée, puis de compétition stratégique, de « containment », et enfin de guerre hybride. Dans ce nouveau monde le système ancien ne pouvait plus fonctionner. La Chine et les Etats Unis ont besoin de s’armer, de financer le beurre et les canons, donc le système monétaire BWII de recyclage ne peut plus fonctionner.

La Chine a l’un des ratios dette non financière totale/PIB les plus élevés de toutes les grandes économies, à 311 pour cent du produit intérieur brut. Alors que le fardeau de la dette de la plupart des pays diminue par rapport à la production, grâce à une forte croissance du PIB nominal et à la baisse du prix des titres de créances fixes , la Chine continue de signaler une augmentation de son ratio dette/PIB.

À la veille de la crise financière mondiale en décembre 2007, la dette non financière totale de la Chine ne représentait que 142 pour cent du PIB. Le régime de ciblage du taux de change, en limitant la croissance de la monnaie par rapport à la croissance de la dette totale, a poussé la Chine à des niveaux d’endettement toujours plus élevés qui l’ont finalement amenée au bord d’une déflation par la dette.

Le moment est venu pour les autorités chinoises d’utiliser les leviers monétaires pour générer une croissance plus élevée du PIB nominal.

Cela signifie permettre au taux de change de s’ajuster au niveau de croissance de la masse monétaire nécessaire pour réduire le fardeau de la Chine.

Le système monétaire international actuel prendra fin lorsque la Chine assumera cette pleine indépendance monétaire.

Les récents commentaires du président Xi Jinping selon lesquels la Banque populaire de Chine (PBoC) devrait lancer un programme de rachat d’obligations pour créer davantage de liquidités intérieures pourraient être le premier signe que le ciblage du taux de change est en train de disparaître de l’agenda politique.

L’action de la Banque populaire de Chine visant à accélérer le taux de croissance de la monnaie au sens large et à générer une croissance plus élevée du PIB nominal n’est pas compatible avec un taux de change stable, en particulier à une époque où les flux commerciaux et de capitaux s’éloignent de la Chine dans le cadre du « friendshoring » des États-Unis.

Il est temps pour la Chine de trouver une politique monétaire différente et totalement autonome.

Depuis 1994, la Chine est intervenue pour empêcher l’appréciation de son taux de change, notamment par rapport au dollar américain. Cette approche de politique monétaire a été rejointe par la majeure partie de l’Asie en 1998. Cette intervention a financé l’achat de titres de dette publique des pays développés, principalement des bons du Trésor américain, grâce à la création de réserves bancaires en monnaie locale.

Ces achats forcés, sans considération de prix et de taux ont a effectivement découplé le taux sans risque du taux de croissance nominal dans le monde développé.

Le système monétaire mondial a créé un écart persistant et artificiellement important entre les taux de croissance nominaux et le taux d’escompte, gonflant ainsi les prix des actifs et facilitant une augmentation du taux d’endettement. Les épargnants des pays développés ont été partiellement libérés du financement de leurs propres gouvernements et se sont plutôt tournés vers le financement du secteur privé et ont poussé les prix des actifs à la hausse.

Note: le fameux paradoxe du joueur de billes de Rueff ai-je longtemps expliqué est à la base de la tendance haussiere de longue durée des marches d’actifs; je suis content que Russell Napier abonde dans mon sens et soit parvenu aux même conclusions. .

La valorisation des actions américaines, telle que mesurée par le ratio cours/bénéfice de Shiller, a atteint un plateau plus élevé dans ce système monétaire et l’endettement des secteurs privé et public a atteint de nouveaux sommets par rapport au PIB.

L’excès de liquidité intérieure créé par l’intervention de change de la PBoC a été canalisé par le système bancaire d’État chinois pour financer l’investissement et l’augmentation de la production au détriment de la consommation. Ce capitalisme d’État a réduit le rôle joué par l’excès de liquidité dans la hausse des prix intérieurs et dans la perte de compétitivité de la Chine à l’échelle mondiale.

De cette manière, l’excédent extérieur de la Chine a duré beaucoup plus longtemps qu’il ne l’aurait été dans un système de marché.

Les banquiers centraux des pays développés ont ajusté leur propre politique monétaire pour s’adapter à la dynamique de l’inflation mondiale de plus en plus déterminée par la Chine.

Le Parti communiste chinois a créé un point d’appui, et les banquiers centraux ciblant l’inflation ont créé un « levier suffisamment long », grâce à la politique des taux d’intérêt et à l’extension de leurs propres bilans, pour « faire bouger le monde ».

Alors que la baisse du taux de change du renminbi, en réaction à une croissance beaucoup plus forte de l’offre de devises, fait planer le spectre d’une déflation des exportations, il est très peu probable que le reste du monde permette à la Chine de prendre une part encore plus importante du commerce mondial.

La réaction la plus probable est l’imposition de droits de douane et une ligne de démarcation plus claire entre les pays alignés sur la Chine et ceux qui ont leur allégeance ailleurs.

La perte d’accès à la capacité de production chinoise entraînera une hausse de l’inflation mondiale.

Les autorités des pays développés sont déjà obligés de pratiquer un interventionnisme accru pour garantir que les déséquilibres flagrants de l’ancien système monétaire (principalement des niveaux d’endettement excessifs ) soient tolérés avec un minimum de perturbations sociopolitiques.

Un tel interventionnisme va conforter le système pratiqué depuis la crise de 2008 connu sous le nom de répression financière. C’est un système de spoliation délibérée des épargnes les moins sophistiquées, c’est dire celles des masses et de leurs retraites.

Ceci , cynique, permettra de rouler et supporter les niveaux d’endettement excessifs comme ce fut le cas au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.

Editorial ou je stigmatise ceux qui crient sans arrêt au loup, et ou j’explique comment le système se prolonge.

Editorial. « Plus jamais cela! » Il faut protéger la bulle le plus longtemps possible et accepter l’idée qu’après ce sera le déluge.

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