Vivre selon ses moyens est considéré comme une vertu dans de nombreuses cultures, à une exception notable près : les États-Unis, dont la dette publique augmente d’environ un trillion de dollars tous les 100 jours et devrait continuer à le faire au cours des prochaines décennies.
Dans le passé, cela a contribué à maintenir le style de vie américain, mais les avantages de cette expansion apparemment sans fin pour les citoyens ordinaires sont beaucoup moins évidents aujourd’hui. Combien de temps encore les États-Unis pourront-ils exister en supposant que c’est le monde qui doit leur fournir de quoi vivre ?
Les Etats- Unis ne distribuent pas assez de revenus à leurs salariés, afin de maintenir des profits élevés, les salaires sont trop bas; ce qui crée, pour les ménages un besoin de crédit pour continuer à consommer.
Il y a un lien entre d’un coté l’appétit de consommation des américains, l’insuffisance de revenus distribués aux salariés par les entreprises , les marges bénéficiaires importantes des entreprises et le recours dans tous les domaines a l’endettement.
En fait les marges bénéficiaires importantes des entreprises américaines sont en condensé achetées, réalisées à crédit; au lieu de distribuer du pouvoir d’achat via les salaires, le système économique américain le distribue par le crédit.
C’est la notion peu utilisée de « cout de production de la demande ».
Pour tourner une économie a besoin de clients, de demande solvable et donc elle a besoin que du pouvoir d’achat soit distribué via les salariés ; ce pouvoir d’achat qu’il faut accorder aux salariés constitue le cout de production de la demande; plus il faut distribuer une part importante de la valeur ajoutée et plus le cout de production de la demande est élevé, ce qui bien sur pèse sur la profitabilité.
Mais vous pouvez tricher et distribuer peu de pouvoir d’achat et dire à vos salariés , endettez vous pour payer vos dépenses de consommation, c’est ainsi qu’est organisé le système américain: on compense les salaires insuffisants par le recours au crédit et ceci permet d’extérioriser des profits importantes, au dela de ce qui serait normal dans un système harmonieux.
C’est tout le secret de l’apparente prospérité des Etats -Unis: on remplace les couts salariaux normaux par des dettes d’une part et par des distributions de subsides par le gouvernement d’autre part .
J’ai souvent expliqué qu’en vertu des équivalences dans la comptabilité nationale, les déficits du gouvernements constituent les excédents du secteur privé. Le gouvernement crée une demande par ses dépenses qui, étant payée par le recours au déficit et a la dette ne vient pas amputer les profits mais au contraire vient les bonifier.
Le pouvoir d’achat insuffisant des américains qui travaillent est la cause de la rentabilité élevée du capital américain; la demande du gouvernement non financée par l’impôt mais par le déficit et la dette bonifie également la rentabilité du système americain; l’etranger qui finance les déficits du système américain in fine bonifie la rentabilité du système américain!
Le pouvoir d’achat insuffisant a besoin pour faire tourner la machine économique d’être complété:
d’abord par le recours au crédit sans cesse croissant des consommateurs,
ensuite par les redistributions astronomiques du gouvernement,
enfin par des deficits croissants financés par les acheteurs étrangers de valeurs du Trésor. .
Ecoutons Snider
Les États-Unis ont un énorme problème d’inadéquation des revenus. Enlevez les transferts gouvernementaux ce qui reste est si peu de revenus privés qu’il faut donner quelque chose. Je ne pense pas que les gens se rendent compte à quel point c’est grave. Tout cela a été masqué par « l’aide » du gouvernement.
La seule conclusion semi-solide que l’on puisse tirer de la faiblesse du PIB américain au premier trimestre est que le « boom » de l’année dernière était en réalité transitoire et acheté principalement par la dette publique. Cela n’aurait jamais été durable et ce n’était certainement pas inflationniste.
On peut aussi ajouter l’illusion d’un secteur privé florissant aux US.
Que seraient devenues toutes ces grosses compagnies(Gafam comprises) sans les contrats signés par le gouvernement ou les aides directes publiques?
La taille du déficit montre deux choses:
Que le gouvernement crée une croissance artificielle grace a ses dépenses.
Que le gouvernement est en train d’assécher toutes les liquidités qui pourraient s’investir dans le secteur privé,et cela de plus en plus vite.
Qui se moquait de l’union soviétique?
J’aimeJ’aime