Editorial. L’intelligence artificielle, une colossale création de pouvoir d’achat fictif à l’échelle d’un pays!

C’est Alan Greenspan qui a le premier compris en profondeur ce que l’on appelle l’effet de patrimoine.

La politique monétaire extrêmement souple et laxiste crée un enrichissement -fictif- certes mais réel en terme de pouvoir d’achat de ceux qui possèdent des titres financiers.

La politique monétaire accommodante permet à la fois d’inflater/gonfler la valeurs de ces actifs et de mobiliser cette valeur soit en les revendant dans le cadre du Ponzi soit en s’en servant comme collatéral pour s’endetter plus..

C’est le résultât d’un processus alchimique qui permet de rendre réelles dès maintenant des richesses qui ne seront effectivement produites que dans un intervalle de 70 ans par exemple.

Cette alchimie fait que l’argent et le crédit se dirigent vers les marches financiers,-lieux de création de valeur- et qu’une dynamique s’instaure et qu’ils créent ainsi des richesses n’existent que dans l’imaginaire et la tête des gens. Notez bien : dans la tête des gens.

John Law qui est le prédécesseur et le maître de tous les gnomes avait déjà découvert cela et il en avait usé et abusé. Il avait montré le chemin en adossant les dettes du Regent à la spéculation sur les titres des diverses Compagnies , Mississipi et autres , lesquelles ont eu des capitalisations boursières astronomiques mais n’ont jamais gagné d’argent.

A cette époque le caractère exotique et l’éloignement géographique jouaient le même rôle d’opérateur alchimique que le temps joue maintenant; on capitalisait des profits imaginés à des milliers de kilomètres de Paris et maintenant on capitalise des profits imaginés à des dizaines et des dizaines d’années d’aujourd’hui .

John Law était un génie mais il était un précurseurs donc beaucoup de savoirs nécessaires à la poursuite d e son expérience d’escroquerie lui manquaient. Les gnomes actuels ont beaucoup d’expérience grâce aux crises qui se sont succédés dans l’histoire; non seulement ils ont l’expérience et ils en tirent les leçons, mais en plus ils ont des atouts et des outils que n’avait pas John Law : la technologie, la virtualisation, les connaissances statistiques, la complexité; les sciences sociales qui permettent le disjonction durable de l’imaginaire et du réel. Ils ont l’atout de la communication et la propagande et de la domination culturelle etc.

Donc vous imaginez bien que la voie défrichée par John Law peut être prolongée, prolongée tellement loin que certains en arrivent à croire que cela peut aller jusqu’à l’infini: les arbres peuvent monter jusqu’au ciel.!

L’effet de patrimoine qui produit du pouvoir d’achat ne se cantonne pas aux agents économiques prives, non il devient national. .

A un moment donné les Etats-Unis disposent d’une richesse apparente colossale et donc de la capacité à mobiliser un pouvoir d’achat mondial considérable grâce à la capitalisation de Wall Street. Grâce à ce pouvoir d’achat ils peuvent tout acheter, attirer à eux les richesses réelles du monde entier; l’alchimie boursière qui gonfle la valeur patrimoniale des Etats Unis est bien plus importante en terme systémique que le seul seigneuriage traditionnel. C’est ce que bien peu comprennent .

Wall Street est l’outil de domination concret des Etats-Unis dans sa fonction imaginaire de création de pouvoir d’achat fictif en dollars , dollars acceptés et convoités dans le monde entier!

24 mai – Bloomberg :

« Le gain de 110 % de Nvidia cette année est suffisant pour propulser la valeur de l’entreprise au-dessus de l’ensemble de la capitalisation boursière de l’Allemagne ainsi que d’une série d’autres grandes bourses.

L’enfant emblématique du boom de l’IA a dépassé l’Australie début février, a devancé la Corée du Sud quelques semaines plus tard et, à la clôture de jeudi, est désormais également au-dessus de l’Allemagne.

La prochaine hausse de 20 % ajouterait probablement l’Arabie saoudite et le Canada à la liste. Et si la prédiction de l’un des invités de Bloomberg TV jeudi était exacte et que Nvidia dépassait les 10 000 milliards de dollars, cela le rendrait plus grand que tous les marchés boursiers du monde, à l’exception des États-Unis.»

AOL, Cisco, Intel, Compaq Computer, Gateway 2000, Blackberry, 3Com, etc. – la liste des spéculations sur les bulles spéculatives pourrait s’allonger encore et encore. Et nous n’avons pas besoin de limiter nos souvenirs à la période des bulles de la fin des années 90. Souvenez vous, Il ne faisait aucun doute que Tesla dominerait le monde des véhicules électriques.

Bryan Taylor, économiste en chef, Global Financial Data, 13 novembre 2023

La radio était l’Internet et l’IA de son époque. Tout ce que vous aviez à faire était d’inclure le mot « radio » dans le nom de votre entreprise et le prix de vos actions monterait en flèche, même s’il y avait très peu de choses derrière l’entreprise. Une action comme Kolster Radio, qui fabriquait des récepteurs radio, est passé de 10 à 95 entre 1927 et 1929, puis s’est effondré en dessous de un dollar en 1930 lorsqu’il a déposé son bilan. Au cours des années 1920…, le titre RCA est passé de 5,825 en 1921 à 420 en 1928, divisé 5 pour 1 en mars 1929 et a culminé à 114,75 en septembre 1929 avant d’entamer sa baisse de 98 % à 2,50 en mai 1932. »  Source: RCA et les années folles, Bryan Taylor, économiste en chef, Global Financial Data, 13 novembre 2023

5 février 2020 – CNBC :

« La gestionnaire financière Catherine Wood a déclaré à CNBC… qu’elle maintient son dernier objectif de cours sur cinq ans de 7 000 $ par action pour Tesla. « Notre niveau de confiance dans le fait que ce titre se dirige vers 7 000 $ au cours des cinq prochaines années est très élevé », a déclaré Wood, fondateur et PDG d’Ark Investment Management.

« Nous sommes arrivés à ce prix en pondérant les probabilités de 10 scénarios différents. , y compris la faillite, pour être honnête. Nous avons donc essayé d’être aussi justes et équilibrés que possible », a ajouté Wood… »

Nvidia et l’alchimie boursière qui crée de la valeur actuelle, du pouvoir d’achat sur la base de résultats capitalisés sur 62 ans.

L’action de Nvidia a bondi de 15 % cette semaine, portant la capitalisation boursière à 2,619 trillions de dollars equivalent au PIB 2022 de la France, , – soit 62 fois les bénéfices et 32,9 fois les revenus (d’après Bloomberg). « La fortune nette du PDG de Nvidia, Jensen Huang, passe de 3 milliards de dollars à 90 milliards de dollars en cinq ans. » « La performance historique de Nvidia n’a pas été vue » dans l’histoire du capitalisme « , déclare le PDG de Tech. » « Les actions de Nvidia ont été multipliées par 28 environ au cours des cinq dernières années. » « Nvidia ne montre aucun signe de ralentissement de l’IA après une augmentation de plus de 400 % de l’activité des centres de données. » « Les résultats du premier trimestre de Nvidia confirment que la prochaine révolution industrielle est bien engagée. »

22 mai – Reuters :

« Pour les entreprises qui conçoivent des modèles d’IA et construisent les réseaux qui les forment et les gèrent, la réponse a été une course aux armements pour conquérir de nouveaux marchés et empêcher leurs rivaux de perturber leurs activités existantes. Microsoft, Amazon, Alphabet et Meta ont collectivement dépensé 200 milliards de dollars en dépenses d’investissement l’année dernière…, selon Bernstein.

Le cabinet d’études estime que ce chiffre augmentera de plus de 50 % cette année, principalement à cause de l’IA.

Comparés à ces sommes colossales, les revenus générés par l’IA restent faibles. Sequoia estime que l’IA générative rapporte désormais environ 3 milliards de dollars de revenus par an… La promesse de richesses futures a donné lieu à de gigantesques prévisions concernant les dépenses nécessaires à la fabrication des semi-conducteurs avancés, à la construction des centres de données et à la génération de l’énergie nécessaire à l’entraînement et à l’exécution de modèles d’IA. .

Le patron d’OpenAI, Sam Altman, a estimé plus tôt cette année ce chiffre à 7 000 milliards de dollars… »

« Nouvelles ères », « nouveaux paradigmes » et, aujourd’hui, « la prochaine révolution industrielle ». Pour l’instant, les conditions financières souples se prêtent à la folie des grandeurs.

Robert Cyran dans Reuters : « Le boom de l’IA de 5 000 milliards de dollars pourrait à la fois réussir et échouer. » Qu’il s’agisse de 5 trillions ou de 7 trillions de Sam Altman, il ne fait aucun doute que la bulle IA a creusé un trou noir épique en matière de dépenses. Centres de données. Puces et équipements semi-conducteurs. Nouveaux ordinateurs et serveurs. Le réseau électrique et les infrastructures énergétiques. Mises à niveau de logiciels et d’équipements dans toutes les entreprises américaines. Des marchés hyper liquéfiés et hautement spéculatifs accommodent tout . Un mélange de développements historiques prêts et disposés à financer une course aux armements pour changer le monde.

EN PRIME.

La course pour ne pas être dépassés menée par des entreprisses telles que Google ou autres les conduit à des investissements colossaux auxquels même leurs maitres d’œuvre croient peu si on écoute ce que disent des salariés qui ont quitté l’affaire.

Beaucoup parlent de désillusion voire de tromperie

« Le techno-optimisme implacable et l’illusion de l’inévitabilité sont la manière dont la Silicon Valley crée de la richesse papier. Mais rappelez-vous, de nombreux partisans de « l’IA partout » vantaient il n’y a pas si longtemps le Web3, le métaverse et les avantages de la gig economy. « 

Noam Chomsky qui parle de ce qu’il connait, le langage, la linguistique, est catégorique pour lui la dénomination est abusive, il n’y a nulle « intelligence » dans tout cela. La différence entre ce que l’on appelle l’intelligence artificielle et l’intelligence humaine est radicale.

Lisez ce qu’il dit ci dessous: c’est sévère!

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