« La prime de risque demeure comprimée dans de nombreux segments de marché, rendant les conditions financières plus souples qu’elles ne le seraient autrement » -Schnabel

FRANCFORT, 28 mai (Reuters) – Le programme d’assouplissement quantitatif mis en place par la Banque centrale européenne (BCE) a pu limiter l’impact des hausses de taux en maintenant les coûts d’emprunts sur les marchés à un niveau faible, a déclaré mardi la cheffe économiste de la BCE, Isabel Schnabel, à l’occasion d’une conférence sur les banques centrales organisée par la Banque du Japon à Tokyo.

Le programme d’achat d’actifs a pris fin certes , mais la responsable de politique monétaire a ajouté que le stock d’actifs financiers qui a été accumulé et monétisé par la BCE pouvait encore interférer avec son combat contre l’inflation. Elle semble ainsi confirmer que l’effet de stocks detenus a l’actif de la BCE a une certaine importance alors que d’autres prétendent que seuls les flux en ont.

« La prime de risque demeure comprimée dans de nombreux segments de marché, rendant les conditions financières plus souples qu’elles ne le seraient autrement », a déclaré Isabel Schnabel, précisant que « cela a pu limiter la transmission de la politique monétaire au cours du récent cycle ».

Sous cet aspect des primes de risque, il est évident qu’elles sont basses, elles ne sont pas à leur prix tout simplement parce que les marchés savent que toujours les banques centrales s’opposeront à leur dilatation; les spécialistes savent bien qu’un retour du risk-off produirait un nouvelle crise financiere.

La contraction des primes de risques est la conséquences du transfert implicite des risques sur les bilans de la banque centrale. Et c’est vrai que cette croyance au « Put » agit en sens contraire de la politique proclamée, elle s’oppose à la transmission des soi-disants politiques de resserrement.

L’économiste a ajouté que les programmes d’achats d’actifs ont permis de stabiliser les marchés lors de périodes de tensions, menant toutefois à une hausse des inégalités et à des pertes pour les banques centrales tout en interférant avec le fonctionnement normal des marchés.

ComptageIsabel Schnabel a plaidé pour des achats d’obligations « plus ciblés et moins importants », « qui auraient lieu lorsque cela serait nécessaire mais qui seraient arrêtés plus rapidement ».

« Dans une économie bancarisée comme celle de la zone euro, l’expérience montre que d’autres mesures, comme les opérations de refinancement à long terme, peuvent apporter un soutien important (…) tout en ayant un impact plus faible et moins persistant », a ajouté la responsable de politique monétaire.

La BCE a acheté des titres obligataires d’une valeur totale de 5.000 milliards d’euros entre 2015 et 2022

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