J’ai depuis longtemps la conviction que notre avenir, c’est la violence.
Le retour à la barbarie.
Nos sociétés ne progressent pas, elle rétrogradent et les illusion de la Modernité tout comme celles de la technologie ne font que masquer ces phénomènes.
Nous sommes dans des phases de ré-ensauvagement. De retour en arrière.
Nos sociétés n’ont rien appris, rien retenu des violences, des horreurs et des guerres passées, à un point telles qu’elles réécrivent l’Histoire afin de pouvoir escamoter ses enseignements et faire en sorte que les mêmes causes produisent les mêmes effets; la réécriture de l’Histoire a pour fonction objective dans le système de nier ses enseignements, de permettre les terribles répétitions. On le voit avec l’histoire du nazisme que les Occidentaux escamotent pour éviter que leurs interventions en Ukraine ne soient condamnées.
Ce qui se passe en Ukraine et la politique occidentale dans son ensemble attestent du fait que nos sociétés n’en veulent rien savoir de tout ce qui s’est passé avant, le grand mythe c’est celui , alimenté par l’illusion des techniques, le grand mythe c’est celui du « dorénavant ce ne sera plus jamais comme avant« ! De lui découle cette idée criminelle qu’il y a d’un coté ceux qui sont du bon coté de l’Histoire et de l’autre ceux qui sont du mauvais coté. N’est-ce pas Monsieur Macron?
C’est un mythe nécessaire à nos societés dominées par le Capital. Le Capital pour survivre et ne pas s’effondrer sous le poids de ses dettes a besoin de croissance et cette croissance passe par le mythe social du « dorénavant, ce qui se fait est systématiquement mieux que ce qui se faisait avant« ; le Capital a besoin de détruire les formes anciennes, les créations passées ,de les dévaloriser comme des vieilles voitures, de vieux ordonnateurs, de vieux téléphones portables afin de justifier les péremptions et les investissements et donc les profits.
Le Capital est un Ogre insatiable qui a besoin de faire croire que demain ce sera mieux qu’aujourd’hui. Il s’alimente des illusions de la croissance, du progrès, de la modernisation et de la dépréciation de l’ancien , y compris de l’Eternel.
La destruction , que l’on appelle souvent créatrice pour lui donner une tonalités positive, est inhérente au système d’accumulation du capital. Autant que le besoin de faire croire aux peuples que ce qui se fera demain sera mieux que ce qui se faisait hier; en ce sens les soi disant guerres pour les valeurs occidentales dites démocratiques sont des guerres pour imposer la destruction des croyances anciennes et libérer les forces capitalistes qui ne demandent qu’à accaparer les richesses auparavant hors de portée
Faute d’ apprentissage, faute d’accumulation constructive de la mémoire des sinistres expériences passées, nos sociétés répètent , elles ne s’en aperçoivent pas parce les formes, les apparences, les costumes, les oripeaux des répétitions diffèrent et comme personne ne cherche ce qui se cache sous la surface , les même forces fondamentales produisent toujours les mêmes effets.
Vous lirez le texte ci dessous , qui pour moi , est un tissus de conneries superficielles dégoulinantes de bien pensance , ce texte et la pensée sous jacente font partie du problème, ils en sont une illustration.
La Verité dans son caractère symbolique de reflet fidèle du Réel, a une fonction centrale dans nos cultures, dans nos sociétés et donc dans nos systèmes sociaux nationaux et internationaux ; elle seule, si elle est suffisamment forte, claire, et surtout reconnue comme telle met tout le monde d’accord. Il y a un rapport étroit mais caché entre la Vérité et la Confiance.
Le Bien , le Beau, le Vrai sont désirables pour tout le monde.
C’est le seul point d’accord possible: les opinions divisent, la Vérité unit, réunit sinon rassemble .
Depuis les années 1860, le monde a perdu la référence des choses en-soi: Parce que Dieu est mort, le monde croit que tout est permis!
Les groupes sociaux dominants ont rapidement pris la place des dieux et au lieu des Lois qui nous dépassent, ils ont imposé leurs règles, celles qui leur permettent de dominer, d’accumuler et de jouir en rond
Depuis la grande Révolution de la pensée, depuis la fin des choses en elle mêmes, depuis la chute de la catégorie de Verité, depuis la dictature de l’offre et de la demande, la pensée Occidentale croit que tout est relatif. Des gens comme les marginalistes et leurs suiveurs, comme les Nietzschéens, puis comme les post marxistes et leurs épigones comme Foucault pour ne citer que quelques références ont beaucoup fait pour détruire les certitudes anciennes fondées sur les catégories du vrai et du faux.
Ce faisant, depuis la victoire culturelle du relativisme dont le wokisme est un avatar post moderne, tout est suspendu dans les airs: les valeurs, les convictions, les règles morales, le bien, le mal; il suffit de revoir la sinistre Cérémonie de destruction de l’Ouverture des Jeux Olympique pour en voir les effets et les ravages.
Le relativisme qui sévit dans nos sociétés est ce qui détruit les consensus, les fameux « vivre ensemble » et fait que nécessairement, faute de l’arbitre que constitue le Vrai, l’Absolu, il n’y a plus d’autre solution aux conflits aux antagonismes et au contradictions que la force. Seuls les affrontements permettent les « solutions ».
Nos sociétés évoluent vers le règne de l’opinion du plus fort; personne ne peut le contester! L’explosion des réseaux sociaux jointe à celle de l’usage des mensonges par les pouvoirs en place va tout amplifier.
Ceci implique la généralisation de l’intolérance, de l’usage de la force, le recours à la violence, l’escalade et finalement les anéantissements.
La modernité, le progrès, instrumentalisés par les classes dominantes, leurs larbins et leurs mercenaires produisent de façon endogène, organique, la violence; et notre avenir c’est la guerre, les guerres.
Lisez ce texte hommage à la superficialité.
Le professeur Brad Evans est titulaire d’une chaire de violence politique et d’esthétique à l’Université de Bath.
Son livre, How Black Was My Valley: Poverty and Abandonment in a Post-Industrial Heartland , est publié chez Repeater Books.
L’idée de guerre civile fait traditionnellement référence à un conflit interne dans lequel un groupe armé cherche à arracher le pouvoir à l’État.
Si certains peuvent écarter cette idée en suggérant que la guerre civile n’est pas le propre des Britanniques, nous ne devrions pas être si complaisants. N’oublions pas, après tout, qu’à côté de la version américaine, la guerre civile anglaise de 1642-1651 reste l’une des plus instructives.
C’est à partir de cette version très britannique du massacre civique que la théorie moderne de la souveraineté est apparue dans le Léviathan de Thomas Hobbes . Non seulement elle a mis en avant le mantra désormais familier selon lequel il n’y a pas de politique sans sécurité et pas de sécurité sans État, mais elle a également établi la compréhension fondamentale – reprise plus tard par Max Weber – selon laquelle seul l’État peut s’engager dans une violence légitime.« Bien que certains puissent écarter cette idée en suggérant qu’une guerre civile n’est pas quelque chose que les Britanniques font, nous ne devrions pas être si complaisants. »
Ce qui caractérise une guerre civile de ce point de vue, c’est la remise en cause de ce monopole et du droit de l’État à utiliser la force pour maintenir l’ordre. Le fait que les forces de police qui apparaissent en première ligne deviennent souvent les premières cibles n’est donc pas un hasard.
Mais où se situe la ligne à franchir pour que les tensions civiles se transforment en guerre ? Depuis les années 1970, des penseurs critiques comme Michel Foucault ont cherché à inverser la logique de la guerre civile pour expliquer comment les États mènent toujours une sorte de bataille silencieuse contre des groupes minoritaires. C’est ainsi qu’ont émergé des notions telles que la violence structurelle. Présenter une guerre civile comme un processus – qui ne se résume pas toujours à des massacres généralisés mais peut aussi être mesuré en termes de violence et de tensions sociales plus larges – a un certain mérite. Le danger d’un tel raisonnement, cependant, est que si tout est une guerre civile, rien ne l’est.
Si Sarajevo a clairement montré que les nouveaux contours de la guerre civile allaient s’écrire en termes ethniques, on avait déjà montré en Somalie, au Mexique et plus tard au Rwanda que l’idée même de guerre civile n’était plus limitée à des mouvements isolés dont le seul but était la prise de contrôle de l’État.
Cette violence sans limites est devenue mondiale avec le 11 septembre, qui a révélé le nihilisme absolu de certaines doctrines ethniques. Il a également montré que les frontières entre race, religion et convictions politiques sont loin d’être homogènes.
La violence politique est depuis longtemps motivée par des divisions ethniques, ce qui renvoie à un problème bien plus vaste que les explications réductrices axées sur la race. Bien sûr, il existe des chevauchements entre la race et l’ethnicité, mais ils ne s’excluent pas mutuellement. Si nous ne le reconnaissons pas, nous ne parviendrons pas à comprendre correctement les causes et les solutions.
Trente ans après les violences en Yougoslavie, le monde est indéniablement différent.
Le paysage politique britannique est à mille lieues de ce qu’il était au début des années 1990, divisé par toutes les tensions sur les réseaux sociaux qui, comme l’ont montré ces derniers jours, rendent la violence plus facile à provoquer par des généraux en ligne désinformateurs et sans uniforme.
Cette situation s’est accompagnée d’une américanisation de notre système politique, où la performativité – y compris la performativité de la violence et de l’indignation – a remplacé la substance et où les frontières complexes de l’identité et de l’ethnicité ont été réduites à de grossières caricatures fondées sur des catégories bien définies de race, de sexe, de genre et de toute autre catégorie que nous souhaitons imposer.
La catégorie de race, par exemple, ne nous dit pas grand-chose sur les privilèges d’une personne ou ses convictions politiques et religieuses. C’est pourquoi les contre-récits autour de la « blancheur » ne sont pas non plus utiles ici ; tout comme ils ne permettent pas d’expliquer pourquoi de nombreux Noirs et Asiatiques aux États-Unis soutiennent Donald Trump, ou pourquoi Enrique Tarrio, d’origine afro-cubaine, est devenu le président de l’organisation néofasciste Proud Boys. N’oublions pas leur émeute de cosplayers au Capitole, car cette pantomime a montré que de tels mouvements ne s’attendent pas aujourd’hui à pouvoir s’en prendre à l’État. Au contraire, leurs ennemis sont d’autres Américains qui ont une vision différente de ce qu’est réellement être américain.
Contrairement à ce qui se passe en Grande-Bretagne, l’idée d’une guerre civile est depuis longtemps au cœur des débats américains. En effet, ce qui caractérise le film d’Alex Garland, Civil War, c’est précisément sa plausibilité. Garland a révélé l’un des truismes d’une guerre civile, dont l’expérience n’est jamais universellement partagée. Une guerre civile n’a jamais signifié que chaque rue était un champ de bataille. La violence est toujours concentrée. Voir les rues de Belfast en feu ce week-end devrait nous le rappeler. Cette ville, qui pour de nombreux observateurs impartiaux a été au bord d’une guerre civile pendant plusieurs décennies, était également vivable même si les divisions ethniques ont nécessité la construction physique de murs. Belfast montre également que les lignes de division ethnique ne sont jamais statiques mais prennent de nouvelles formes.
Comment réagir à cela ? Beaucoup ont balayé du revers de la main les auteurs des violences du week-end en soulignant leur caractère brutal et en accusant des individus comme Tommy Robinson ou Nigel Farage. Bien que je comprenne cet instinct – la criminalité était parasitaire et odieuse – cela ne doit pas se faire au détriment de la compréhension qu’elle a également été perpétrée au nom d’une certaine vision ethno-nationaliste. Ainsi, tout comme nous nous sommes demandés « pourquoi nous détestent-ils ? » au lendemain du 11 septembre, nous devons maintenant nous demander « pourquoi y a-t-il tant de haine en Grande-Bretagne ? ».
Depuis le milieu des années 1990, les études sur les conflits mondiaux ont toujours avancé l’idée que la pauvreté est la principale cause de violence. En effet, toutes les organisations internationales et tous les groupes humanitaires chargés de limiter les conflits et la violence ont avancé l’idée que le sous-développement était dangereux. Certes, certaines régions de Grande-Bretagne sont désespérément pauvres à l’heure actuelle. Elles souffrent des retombées d’années d’austérité, de l’impact du Brexit et des coûts du confinement lié au Covid. Le fait que la colère se répande dans ces régions est une raison suffisante pour réfléchir plus profondément. Mais nous ne devons pas tomber dans le piège de tout réduire à une question d’économie.
« Nous sommes dans des phases de ré-ensauvagement. De retour en arrière. »
C’est la loi du cycle, le cercle; On monte celui-ci à gauche en disant « plus jamais ça », on atteint l’apogée tout en haut, on croit que cette fois c’est différent, et puis c’est la descente infernale vers le recyclage comme les aiguilles d’une montre qui font le tour du cadran, d’où à la fin cette impression de marcher sur la tête, du monde qui devient fou, avec le trio de la dégénérescence, la dégradation, la dissolution, et puis de nouveau la renaissance, où l’on dira de nouveau: plus jamais ça.
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