Depuis de nombreuses années j’affirme paradoxalement que le maillon faible de la chaine financière mondiale c’est le Japon.
Note sous cet acpect la BNS suisse est également un hedge fund à sa taille bien sur.
Son bilan est celui d’un colossal hedge fund financé à bas prix par l’épargne japonaise en yens et investi dans des actifs à risque dans le monde. Ce hedge fund opère sans couverture avec de nombreux mismatch contraires à l’orthodoxie financière.

Le vrai risque mondial c’est celui de la révulsion de ce financement quasi gratuit par l’épargne domestique, révulsion qui peut intervenir sous n’importe quel choc: inflation des prix, crise sociale, crise politique, menace de guerre ou autre comme faillite d’une firme géante ou catastrophe naturelle.
L’imagination me manque pour étayer ces risques, tout comme elle manque certainement aussi aux élites japonaises qui ont choisi cette voie à la fois pour préserver l’ordre social intérieur et leur situation vassalité extérieure vis à vis de leur maitre américain. Ils pensaient qu’au lieu de « réparer » leur propre économie en crise , ils pourraient s’en tirer en mettant simplement en place un carry trade massif.
Hanno Lustig
Économiste à Stanford. Passionné par les taux de change
Qui est le plus grand carry trader de devises au monde ?
Il se pourrait bien que ce soit le gouvernement japonais lui-même.
Cela devient évident lorsque l’on consolide le bilan de la BoJ, en intégrant les fonds de pension, les gouvernements central et locaux et les institutions financières détenues par l’État.
Le gouvernement consolidé se finance en partie par les réserves bancaires (détenues à la BoJ), qui représentent 90 % du PIB.
Le secteur public consolidé au Japon est engagé dans un carry trade de devises mondial, empruntant au taux court en yen japonais, une monnaie de financement typique du carry trade, et en investissant 56 % du PIB dans des actifs étrangers risqués, sans se couvrir contre le risque de change.
Le secteur financier japonais ne peut pas reproduire ce carry trade de devises, car les intermédiaires financiers doivent se couvrir contre le risque de change.
Les écarts de parité des intérêts couverts (CIP) réduisent les rendements couverts contre le risque de change gagnés par les investisseurs japonais à l’étranger (voir Du, Tepper et Verdelhan), ce qui taxe effectivement les sorties de capitaux couverts contre le risque de change.
Le secteur financier japonais commence avec une large base de déposants en yens, qu’il cherche à déployer à l’étranger pour obtenir des rendements plus élevés. Cela crée une demande d’emprunts synthétiques en dollars, ce qui augmente le taux du dollar synthétique au-dessus du taux du dollar au comptant.
Entre 2011 et 2021, l’écart négatif de l’écart CIP est particulièrement important. Le gouvernement japonais consolidé assume également un risque boursier important.
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