Après avoir atteint un record de 42 427 le 11 juillet, l’indice japonais Nikkei 225 était en baisse de 26,6 % au plus bas du 5 août.
Le Nikkei a chuté de 19,5 % en seulement trois séances, pour ensuite récupérer 20,0 % en huit séances. Le Nikkei a bondi de 9,3 % cette semaine.
Du plus haut de clôture du 10 juillet au plus bas intraday du 5 août, l’indice américain des semi-conducteurs (SOX) a chuté de 25 % – avant de rebondir de près de 21 % en neuf séances. Le SOX a augmenté de 9,8 % cette semaine.
Au cours de cette période, Nvidia a chuté de 33 % – pour ensuite rebondir de 35 %. Nvidia a augmenté de 18,9 % cette semaine.
Du plus haut du 10 juillet au plus bas du 5 août, le Nasdaq100 (NDX) a chuté de 15,7 % avant de rebondir de 12,2 %. Le NDX a progressé de 5,4 % cette semaine, et le S&P500 de 3,9 %.
Le yen a progressé de 14 % par rapport au dollar en 18 séances – et a reculé de 5 % en neuf séances.
Au cours de cette période, le peso mexicain a chuté de 22 % par rapport au yen japonais (aux plus bas du 5 août) et a depuis rebondi d’environ 13 %.
Les rendements des valeurs du Trésor US à dix ans se négociaient à 4,29 % le 24 juillet, puis ont baissé de 62 pbs à 3,69 % aux plus bas du 5 août.
Le rendement des valeurs du trésor à dix ans était repassé au-dessus de 4 % le 8 août, pour retomber à 3,80 % le 14, avant de clôturer cette semaine à 3,88 %.
Le S&P 500 a bondi de 3,9 % (en hausse de 16,4 % depuis le début de l’année) et le Dow Jones a progressé de 2,9 % (en hausse de 7,9 %).
Les banques ont bondi de 3,9 % (en hausse de 15,3 %) et les courtiers ont bondi de 5,1 % (en hausse de 19,2 %).
. Le Nasdaq 100 a bondi de 5,4 % (en hausse de 15,9 %).
Les semi-conducteurs ont bondi de 9,8 % (en hausse de 23,8 %).
Avec un bond de 77 $ du lingot d’or, l’indice HUI de l’or a bondi de 8,7 % (en hausse de 28,3 %).
Le monde financier est instable, frivole, il est désancré et ceci va croissant!
La valeur n’est plus ce qu’elle était ma brave dame!
Dans les années 1860, le monde a changé, il s’est éveillé à une nouvelle conception de la Valeur.
L’économiste français travaillant à Lausanne Leon Walras a fait redescendre la notion de Valeur, des cieux de l’Olympe sur la terre.
Ce fut le développement de ce qu’ on appelé le marginalisme, fondement de ce qu’on connait sous le nom d’économie de marché ou Ecole Autrichienne dont le chef de file fut Hayek.
La valeur n’existe plus comme opérateur central de la réflexion économique, et guide des actions humaines rationnelles puisqu’elle n’est que point de rencontre des désirs, c’est à dire point de rencontre d’une offre et d’une demande; la valeur devient fondée dans la tautologie. Les prix sont déterminés par l’offre et la demande et l’offre et la demande sont déterminées par les prix.
Je simplifie pour les besoins de l’exposé bien sur. Ne me critiquez pas pour cette simplification s’il vous plait.
Avec cette « découverte » s’est développé le relativisme qui va jusqu’à prétendre que « La vérité est dans l’œil de celui qui regarde ».
Rien ne vaut en soi.
Je vous parle souvent de toutes ces choses, elles constituent l’un des cadres de ma réflexion sur la Modernité .
Et vous savez que je critique régulièrement ce relativisme généralisé comme instrumentalisé par les élites, par les dominants et leurs larbins.
Afin d’asseoir leur pouvoir: ils ont besoin de détruire l’idée même de Vérité objective, ils détruisent les référents, les en-soi pour imposer leur subjectivité c’est à dire la vérité qui leur est utile. Ils escamotent la Vérité pour la remplacer par l’Opinion qui, elle est un hit parade qui se fabrique pour peu que l’on détienne le contrôle des médias et des outils de diffusion du savoir.
La question du complotisme tourne autour de tout cela; ils émettent des fausses vérités, des mensonges, des ni-vrais ni-faux et si vous les soupçonnez de dissimulera les vraies faits et causalités alors vous êtes marginalisé, frappée du sceau de la ringardise, de la beaufitude, maudit etc. Le complotisme est un avatar, un remède à la destruction de la vérité. La parole complotiste est un remède impur, maladroit, plein de gangue et elle a besoin d’être nettoyée, taillée, polie comme dirait Hegel.
Si la parole est déconnectée, irrémédiablement détachée, libérée du poids du réel alors ceux qui détiennent la production de la parole sont les maîtres du monde. Pour cela il faut détruire l’objectivité de la vérité, il faut couper le lien entre le signe et le monde qu’il reflète, il faut nier l’existence même du fondamental, et par exemple il faut couper le lien entre la monnaie et l’or. La monnaie peut devenir simple système de croyance et donc tomber du ciel, au service des riches et des puissants .Tout doit flotter, c’est l’objectif, c’est le moyen qui permet la domination sans partage et peu à peu sans révolte.
La vérité c’est incontestable est une denrée très difficile à cerner, et la plupart des choses que les gens présentent comme étant la vérité ne sont rien d’autre que l’interprétation populaire des faits. Mais La vérité existe, même si personne ne la connaît ! Ce que nous confondons avec le Vérité c’est le mouvement vers la vérité, les étapes vers la vérité, et ensuite la diffusion et l’usage que l’on en fait. C’est la confusion de Foucault par exemple . La vérité existe, on ne s’en rapproche que de façon asymptotique par le travail, l’expérience/expérimentation , l’effort et l’esprit critique. Eliminer le concept de Vérité comme le font certains penseurs c’est donner la voie libre à la tyrannie des puissants afin qu’ils puissent imposer la leur de Verité, par la répétition et l’influence.
Que signifie « la valeur est dans l’œil de celui qui regarde » ?
Le « spectateur » est celui qui regarde quelque chose. La valeur de la chose regardée dépend de la personne qui regarde. Si je ne lui accorde pas de valeur, elle n’a aucune valeur pour moi. Cela signifie également que les choses sont évaluées différemment par différentes personnes.
La valeur dépend donc des majorités qui se font ou se défont.
Ceci implique qu’il n’y a pas de valeur en soi, que la valeur est instable, qu’elle est frivole, qu’elle flotte désancrée au gré des caprices des courants porteurs de l’opinion mais aussi au gré des injections qui sont faites dans le système des valeurs , injections comme les injections monétaires ou même leur simple espoir.
La Bourse est le modèle de la frivolité des valeurs mais elle s’autodétruit de l’instabilité qui en découle, elle perd ses fonctions directrices, informatives, elle n’éclaire plus le futur, elle n’anticipe rien , elle est un bouchon au fil des flux d’opinion, de monnaie, de mode et d’affects.
16 août – Bloomberg
« La cupidité a pris le dessus sur la peur à Wall Street – et le cataclysme boursier qui a secoué le monde ces dernières semaines pourrait bien n’être qu’un simple point sur les graphiques des prix à long terme. Mais la déroute estivale restera aussi dans les annales comme un exemple particulièrement extrême d’une tendance qui façonne la finance moderne depuis des années maintenant : des chocs de plus en plus fréquents qui éclatent sans prévenir.
Aussi vite que la volatilité a éclaté, elle s’est calmée, le S&P 500 affichant sa plus forte hausse hebdomadaire depuis novembre, les obligations à haut rendement engrangeant une semaine de gains et les rendements du Trésor se stabilisant…
L’indice VIX, « l’indicateur de la peur » de Wall Street, vient de battre deux records : la hausse la plus rapide jamais enregistrée de 25 points ou plus, et la remontée la plus rapide après la hausse… Ces renversements sont un cauchemar pour quiconque essaie d’apporter des explications sensées aux mouvements des marchés. »
Vous savez que j’ai une autre idée importante; je soutiens que les actifs financiers ont changé de nature, ils ont cessé d’être des reflets plus ou moins parfaits de la réalité économique et du business et sont devenus des avatars, des mutations directes de la monnaie; on passe de la monnaie aux actifs financiers sans discontinuité par le glissement sur les paramètres que sont le rendement, le risque, la maturité. Il y a changement certes quand on passe de la monnaie aux actifs financiers mais il n’y a plus de rupture, ceci donne aux gnomes la possibilité de manipuler, de faire à la main les marchés financiers et de les piloter.
Les autorités gnomiques contrôlent tout grâce à cette continuité du champ monétaire, elles ont instauré la monnaieitude. Elles disent qu’elles vont ouvrir les robinets monétaires, baisser les taux, relacher les conditions financières et la Bourse monte, s’envole.
Le système a transformé les actifs financiers en quasi monnaie, il les ont asservis.
En fait il n’y a plus d‘actifs financiers qui auraient un lien avec l‘action et la volonté il n’y a plus que des passifs financiers qui obéissent aux passions du jeu .
C’est dur à avaler n’est ce pas?
Quand en 1971 les USA étant insolvables, Nixon a libéré le dollar de son ancrage à l’or et au travail, il a du même coup enclenché le processus qui devait au fil des ans libérer les valeurs mobilières de leur ancrage dans le monde économique, dans le monde de la production et les a fait entrer dans le monde de la fantaisie.
Ce qui est arrivé à l’argent transformé en monnaie est arrivé aux actifs financiers devenus quasi monnaie.
Jean Joseph Goux l’un des plus puissants penseurs de la frivolité de la valeur.
Pourquoi parler d’argent quand l’argent n’existe plus ?
Quand il n’est plus que la pauvre métaphore d’un métal précieux qui autrefois entrait dans la circulation sous la forme palpable de pièces frappées par l’État, mais qui aujourd’hui est absent ?
On pourrait préférer le mot de « monnaie », plus abstrait, qui renvoie non plus à l’avoir mais au système, non plus, subjectivement, à la richesse ou au manque, mais à la structure même d’un dispositif où un équivalent général représente la valeur échangeable.
Mais là encore, cette représentation de la valeur a subi un tel bouleversement, qu’il n’est plus très sûr que nous puissions dire ce qu’est la monnaie.
Ni Aristote, ni Turgot, ni Adam Smith, ni Marx – ni même ce Walras, dont la rupture de paradigme qu’il introduit est pourtant la plus claire annonciatrice des horizons présents de l’économie –, ne reconnaîtraient pleinement leur monnaie dans ce que nous appelons aujourd’hui de ce nom.
C’est que la représentation de la valeur et la valeur de la représentation ont subi des mises en cause fondamentales, aussi bien du côté de la « représentation » que du côté de la « valeur ».
Nous sommes entrés dans un régime du signe, du sens et de la chose, qui n’est plus celui que les Lumières avaient porté à sa transparence politique et métaphysique la plus grande. Et c’est sans doute en même temps que ce déplacement et ces ruptures, que l’entente conceptuelle étroite entre la philosophie et l’économie politique, maintenue jusqu’à Marx, s’est distendue inexorablement, voire rompue tout à fait.
La spéculation boursière relève d’une logique paradoxale qui déconstruit les traditionnelles oppositions métaphysiques entre le virtuel et le réel, le rationnel et l’irrationnel, le prévisible et l’aléatoire, le matériel et l’immatériel, etc.
C’est l’extension de cette logique boursière — vouée à une radicale «frivolité», au jeu de la dérive et de l’aléa — à l’ensemble des valeurs (éthiques et esthétiques) qui a porté le capitalisme à franchir le seuil de la post-modernité.
Ce n’est pas dans les années 1960 et avec la société de consommation que ce bouleversement s’opère — et que vire l’imagination du capitalisme. Le changement décisif de paradigme a eu lieu bien plus tôt, avec le développement de l’économie néoclassique. Au point de rencontre d’une morale hédoniste (qui vise l’exacerbation du désir) et de la mise en place d’une économie de marché (aboutissant à une «illimitation» des produits convoitables).
Les échos et les correspondances de cet enjeu font l’objet de ce livre. A la fois dans les théories économiques (Proudhon, Walras, Pareto, Charles Gide…), dans l’imagination littéraire (Vallès, Zola, Péguy, Valéry, André Gide, Valéry Larbaud, Roussel, Bataille…) et le discours philosophique (Condillac, Sartre, Derrida, Baudrillard…). A travers l’irruption et la domination du modèle boursier des valeurs — qu’il soit accepté ou critiqué — à travers le jeu de la valeur et du désir, au travers des effets de la dématérialisation croissante de la monnaie et de la richesse, c’est l’imaginaire du capitalisme actuel qui s’expose et se découvre.