Editorial: « La bitcoinisation des actifs financiers »! Comment je suis hyper-fondamentaliste.

L’approche hyper-fondamentaliste semble représenter une « fin de l’histoire », où la déconnexion entre les marchés financiers et les fondamentaux économiques dure bien plus longtemps qu’on ne l’aurait imaginé, donnant l’illusion d’une permanence. Cependant, ce qui se passe dans cette sphère financière désancrée finit inévitablement par influencer l’économie réelle. Et à son tour, cette économie réelle, remodelée par la finance spéculative, finit par rejaillir sur la sphère financière.

Or, le réel est, par définition, plus ancré que le virtuel. Cela implique un retour inévitable au concret : l’idée que « les arbres ne peuvent pas pousser jusqu’au ciel » reflète justement la croyance qui se développe au sommet d’une bulle spéculative — celle selon laquelle « cette fois, ce sera différent ». Mais cette illusion est fondamentalement instable. Elle se nourrit d’une croyance erronée qui ne fait que retarder l’inévitable réconciliation avec la réalité.

L’hypothèse d’une « volatilité interne destructrice » dans l’approche hyper-fondamentaliste doit être perçue comme une tentative de prolonger cette déconnexion, un mécanisme par lequel le marché essaie de s’auto-corriger sans affronter les réalités économiques. Mais en réalité, ces ajustements internes ne font que repousser l’inévitable : le retour à une réalité économique tangible.

En conclusion, bien que l’hyper-fondamentalisme semble promettre une finance libérée des contraintes du réel, cette situation ne peut durer éternellement. La réalité économique finira par s’imposer, forçant les marchés à revenir à des valeurs fondées sur des fondamentaux concrets.

Vous soulignez pertinemment que si le marché tarde trop à se corriger, la géopolitique s’en chargera. L’unipolarité (ou la non polarité) est insoutenable (ou irréalisable) à ce stade l’histoire compte tenu des rapports de forces. Cette polarisation crée une dynamique à la fois entre les pôles (interpolaire) et au sein de chaque pôle (intrapolaire), conduisant inévitablement à un retour au réel. Si ce retour n’est pas initié de l’intérieur du système, alors il sera imposé par des forces extérieures.

Gil

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