Le « rapport Draghi » offre-t-il la solution dont l’Europe a réellement besoin ?
Par Global Times
Publié le : 11 septembre 2024
Illustration : Chen Xia/Global Times
L’ancien président de la Banque centrale européenne et Premier ministre italien Mario Draghi a présenté lundi à Bruxelles un rapport intitulé « L’avenir de la compétitivité européenne ». Dans ce rapport, il appelle l’UE à « changer radicalement ».
La « prescription » proposée par Draghi dans un contexte d’extrême inquiétude de l’UE face au déclin de sa compétitivité est-elle vraiment ce dont l’Europe a besoin ?
La principale préoccupation du rapport est le déclin de la compétitivité de l’Europe. L’Europe est aujourd’hui confrontée à un dilemme sans précédent, avec une croissance économique atone, une compétitivité industrielle en baisse, un chômage élevé et une faible confiance des entreprises. En conséquence, l’Europe a commencé à explorer diverses « prescriptions » pour relever ses défis.
Dans le « Rapport Draghi », qui compte 69 pages, la Chine est mentionnée sur 25 pages. Le rapport souligne que « la compétitivité de l’UE est actuellement mise à mal de deux côtés.
D’un côté, les entreprises européennes sont confrontées à une demande étrangère plus faible – en particulier de la part de la Chine – et à une pression concurrentielle croissante de la part des entreprises chinoises ». En avril, Draghi a spécifiquement condamné la Chine pour avoir « menacé de saper » la base industrielle européenne en « tentant de capturer et d’internaliser toutes les parties de la chaîne d’approvisionnement dans les technologies vertes et avancées ».
Le« rapport Draghi » reflète l’inquiétude générale de l’Europe. Il est compréhensible que l’Europe cherche une issue à sa situation actuelle. Cependant, cette solution ne doit pas impliquer de positionner la Chine comme une cible entravant le développement européen, ni de se faire aux dépens des relations Chine-UE. Si l’UE recourt à une telle approche, elle ne parviendra pas seulement à aider l’Europe à surmonter ses défis, mais pourrait même aggraver ses problèmes.
Les difficultés économiques actuelles de l’Europe révèlent des défauts structurels profondément enracinés. Face à une concurrence intense sur le marché, les entreprises européennes ont du mal à se transformer et à s’adapter aux nouveaux développements économiques et technologiques, ce qui les place dans une position nettement désavantageuse sur le marché mondial. Dans ce contexte, alors que la Chine a fait des progrès significatifs dans des domaines émergents comme les énergies renouvelables, certains points de vue européens, avec la pression supplémentaire des États-Unis, perçoivent la relation commerciale normale avec la Chine comme une dépendance et un risque excessifs.
Cependant, cette perspective non seulement occulte les problèmes propres à l’Europe, mais confond également les questions de compétitivité avec des jeux géopolitiques complexes, aggravant ainsi la situation économique difficile de l’Europe.
En fait, la Chine et l’Europe partagent de profonds intérêts mutuels dans les relations économiques et commerciales, la gouvernance mondiale et la politique. Malgré leurs différences, les relations Chine-UE bénéficient d’une forte force motrice endogène et de perspectives de développement prometteuses. L’essence de la coopération Chine-UE réside dans les avantages complémentaires et les bénéfices mutuels. La Chine peut soutenir l’Europe dans le développement de nouvelles énergies, contribuer à résoudre les goulets d’étranglement auxquels l’Europe est confrontée.
Le déclin de la compétitivité agit comme un filet invisible, rendant difficile la compétitivité de l’Europe sur la scène internationale. Plus l’Europe est inquiète, plus elle doit s’efforcer de rester lucide. Une poursuite simpliste du protectionnisme, comme le font actuellement les États-Unis et l’UE, ne peut pas résoudre les problèmes fondamentaux et profonds auxquels l’Europe est confrontée. L’UE doit résoudre les frictions commerciales avec la Chine par le dialogue et la consultation, en tenant compte des préoccupations légitimes de chacun, tout en évitant les conflits commerciaux de représailles et en prévenant une situation perdant-perdant. C’est seulement ainsi que l’UE pourra améliorer sa compétitivité. La « prescription » européenne ne doit pas se concentrer sur l’exagération de la façon dont la Chine a « étranglé » l’espace de survie de l’Europe ; elle doit plutôt se concentrer sur la correction de ses propres défauts structurels.
Le « rapport Draghi » offre-t-il la solution dont l’Europe a réellement besoin ?
Par Global TimesPublié le : 11 septembre 2024 à 00h22

Illustration : Chen Xia/Global Times