Les analystes et commentateurs se trompent, ils passent totalement à coté des vraies raisons objectives qui justifient la quasi disparition des primes de risques. Le marché est rationnel.
Les primes de risques sont à des niveaux historiquement très bas, ridicules même si on tient compte de la situation absolument délétère, catastrophique du monde:
-la guerre fait rage,
-d’autres guerres menacent,
-la sécurité énergétique n’est pas garantie
-la mondialisation se disloque,
-on s’achemine vers de nouvelles guerres commerciales,
-les Bric’s étudient des moyens de détruire l’impérialisme du dollar
-les masses de dettes sont colossales,
-les déficits ne cessent de s’empiler,
-les consensus sociaux nationaux s’effondrent,
-nos sociétés sont divisées, vieillissantes, elles ne se reproduisent plus
-nos systèmes politiques sont contestés,
-les firmes sont surendettées et gavées de dettes et crédit
Le risque vrai, l’incertitude sur l’avenir, tout cela est quasi unique dans l’Histoire et l’ambiance ressemble à une ambiance de pré-guerre mondiale ou de polycrises; il s ‘y ajoute la perspective d’un bouleversement majeur, bouleversement qui va affecter toutes les valeurs, tous nos processus, bouleversement que personne ne peut évaluer ; le bouleversement climatique avec son symétrique les parades idiotes et gaspilleuses des élites.
Le monde est en mutation, instable, fragile , déséquilibré et il ne tient que par le miracle de béquilles monétaires, fiscales et surtout par la création d’un imaginaire qui empêche les masses de prendre conscience de ce qui est en train d’advenir.
Bref les primes de risque devraient être himalayennes.
Alors pourquoi sont elles au plus bas et non reflétées/incluses dans le prix des actifs financiers ?
Tout simplement parce que le Marché, son inconscient et les super élites intelligentes, proches des Grands Prêtres du Système, savent que le risque est assuré, couvert, pris en charge ailleurs!
C’est comme en 2006 quand on croyait que le risque des prêts pourris subprimes était assuré à la fois par les statistiques, les modèles, par les firmes d’assurances spécialisées et par les dérivées comme les CDS, credit default swaps.
Il est rejeté hors du systèmes des marchés financiers, il est externalisé!
Il est assumé par les banques centrales et singulièrement par le Centre du système: la Reserve Federale Americaine!
Le marché dans son inconscient à construit cette certitude, le risque est assuré au plus haut niveau et le plus haut niveau c’est celui de la Fed laquelle a la possibilité de toujours produire de la monnaie de base pour soutenir les bourses, les marchés, les indices et assurer la liquidité. La certitude qu’a acquis l’inconscient du marché n’est pas psychologique, ou subjective, non elle est rationnelle , elle s’appuie sur la nécessité; ce qui doit arriver arrivera même si on ne sait pas quand.
Les banques centrales ont , l’histoire l’a maintenant prouvé, les outils pour réduire tous les chocs au niveau de quelques hoquets de quelques pourcents ; grâce aux baisses de taux nominales, grâce aux taux réels négatifs, grace à la manipulation de la Volatilité, grâce aux repos, grâce au Quantitative Easing, grâce aux SWAPS, grâce aux achats d’ETF et grâce aux mensonges il faut l’ajouter.
A l’intérieur de la Sphère Monétaire/Financière, le risque est évacué , il n’existe plus à ce niveau,
En fait il n’existe qu’au niveau ultime systémique c’est à dire au niveau d’une rupture qui ferait que les gens, les acteurs économiques refusent la monnaie qui est émise , c’est à dire échangent la monnaie que créeraient les banque centrales contre autre chose que des actifs financiers et préfèreraient des actifs réels…
comme le plus symbolique d’entre eux; l’or .
Les élites parmi les élites, quelques élites du sommet de la pyramide savent que les autorités monétaires assurent, garantissent contre tous ces risques, qu’elles fourniront toutes les liquidités qui permettront comme en 2008 et comme lors du Covid de transformer toute crise de solvabilité en crise de liquidité.
L’inconscient du marché, la main invisible ou mieux, le cerveau invisible savent que le risque ne doit plus être inclus dans les cours de Bourse et qu’il n’y aucune raison d’exiger des primes de risque pour échanger de la monnaie contre des actifs financiers puisque les actifs financiers sont de la monnaie et que toujours, moyennant quelques pourcents de baisse les autorités garantissent la monnaieitude, le caractère monétaire des actifs financiers; les autorités monétaires garantissent en quelque sorte qu’il n’y aura plus jamais de Réconciliation entre l’imaginaire financier et le monde réel.
Non seulement l’inconscient du marché sait que les gros risques sont assurés mais en plus il pressent que plus les vrais risques montent, plus la future manne sera grosse.
Il anticipe que les flux de monnaies à venir seront importants!
Non seulement on n’inclue plus de prime de risque mais on inclue au contraire la future aubaine du sauvetage car on sait que la prochaine inondation monétaire fera comme en 2008 et comme lors du Covid monter le niveau de la mer financière! Tout amoncellement de nuages noirs de crise est interprété comme le signe précurseur de futurs torrents de largesses monétaires, c’est ainsi que le système fonctionne!
On ne déprécie pas les actifs pour tenir compte du risque mais on les surévalué pour tenir compte du futur ras de marée de liquidités qui va tout faire monter!
En clair nous sommes assis , adosses à un mur, à une digue qui retient la monnaie de base qui n’attend que le déclenchement d ‘une crise pour se déverser.
C’est de la dialectique pure; le négatif produit le positif ! Action-Réaction-Résultante!
EN PRIME
Les pertes n’ont plus d’importance car tout le monde sait qu’il y aura un plan de sauvetage. Le pire dans la crise financière mondiale a été le blocage de tout. Cela a rendu le marché de plus en plus imprudent car personne n’est jamais tenu responsable de ses mauvais comportements. Un risque moral sous stéroïdes.
Bulle de crédit aux entreprises
| Le stratège du crédit18 octobre |
Les spreads des obligations d’entreprises sont désormais à leur plus bas niveau depuis 20 ans.
Les spreads des obligations de qualité investissement sont actuellement de 83 points de base (le plus bas niveau depuis mars 2005) tandis que les spreads des obligations à haut rendement sont de 280 points de base (le plus bas niveau depuis mi-2007, peu avant l’effondrement du marché).
Les spreads mesurent la rémunération supplémentaire exigée par les investisseurs obligataires pour acheter des obligations d’entreprises par rapport aux bons du Trésor « sans risque ». Ils sont censés être une mesure du risque, mais les spreads actuels suggèrent que peu d’investisseurs obligataires, voire aucun, ne pensent même au risque lorsqu’ils se démènent pour écouler leur argent le plus rapidement possible.
Sur une base « ajustée au risque », un concept qui reste important car les investisseurs vont bientôt s’en rendre compte à leurs dépens, les spreads actuels sont en réalité plus serrés qu’il y a 20 ans, en particulier pour les obligations à haut rendement. En 2007, ces obligations offraient encore des protections raisonnables aux acheteurs. Aujourd’hui, elles n’offrent pratiquement aucune protection contre le comportement abusif des emprunteurs.
Pourquoi les spreads sont-ils si bas aujourd’hui ?
Il y a plusieurs raisons.
Tout d’abord, il y a beaucoup trop d’argent dans le système qui court après le papier. L’excès de liquidité conduit à une complaisance excessive.
Nous l’avons déjà vu et nous le voyons à nouveau.
Ensuite, la Fed assouplit sa politique, ce qui donne un fort coup de pouce aux obligations de qualité investissement et un coup de pouce moindre mais toujours significatif aux obligations à haut rendement, en particulier celles mieux notées (BB/B+) qui représentent la plus grande part du marché.
Troisièmement, les fonds de capital-investissement/de crédit privé qui dominent les marchés du crédit aux entreprises n’évaluent pas correctement ou en temps opportun leurs actifs à la valeur de marché car la plupart de leurs actifs ne sont pas négociés publiquement ou activement.
En conséquence, les prix des obligations à haut rendement sont considérablement gonflés, ce qui se traduit par des spreads plus serrés. En d’autres termes, les spreads des obligations à haut rendement déclarés sont plus serrés car nous ne parlons plus vraiment de classes d’actifs cotées en bourse. Même les marchés obligataires publics à haut rendement se comportent comme des marchés quasi privés, ce qui fausse leurs chiffres.
Personne ne devrait acheter des obligations de qualité investissement ou des obligations à haut rendement à leurs marges actuelles, à moins d’y être obligé.
Les arbres ne poussent pas jusqu’au ciel et les spreads ne se réduisent pas à zéro. Il est presque certain que les spreads vont s’élargir (même s’ils se réduisent encore temporairement) à mesure que les marchés obligataires seront contraints de faire face à l’augmentation du fardeau de la dette des entreprises et des gouvernements, qui freinera la croissance économique.