Editorial: Aux USA, la masse de papier s’envole, le grand cycle de l’inflationnisme qui a débuté sous sa forme accélérée en Mars 2009 entre dans sa phase finale!
Bruno Bertez UN EDITORIAL OUTSIDE THE BOX
La situation financière mondiale peut maintenant à juste titre être qualifié de bullaire en regard des schemas d’interpretation historique.
CES SCHEMAS HISTORIQUES SONT ELABORES EN REFERENCE A L’ECONOMIE PRODUCTIVE REELLE, CELLE QUI EST PRODUCTIVE DE VRAIES RICHESSES, PAS DE SIMPLE PAPIERS OU PROMESSES.
La finance produit de la « valeur » … de la « valeur financière », c’est à dire des « actifs » produits par la production de monnaie de crédit. plus on produit de monnaie de crédit et plus la masse des actifs enfle: il faut bien que l’argent aille quelque part a énoncé Ben Bernanke en 2011.
LA FINANCE PRODUIT EN QUELQUE SORTE DES « PASSIFS » ( des dettes) QUE L’ALCHIMIE BOURSIERE TRANSFORME EN « ACTIFS » (richesse) !
Donc le veritable réferent de l’univers financier a cessé d’être la richesse réelle, c’est un univers en-soi, un imaginaire. La production de biens et de services et de profit ou de valeur ajoutée ou de surproduit, cet univers financier est un avatar , un sous ensemble de l’univers monétaire, lequel univers est un produit du crédit. La valeur déchange des actifs financiers est de plus en plus séparée de la valeur d’usage qui est de procurer des flux financiers internes, des flux d’exploitation issus de la production, nous sommes dans un univers de « pantalons a une jambe ». uniquement faits pour être tradés, pour passer de mains en mains comme un Mistigri.. tant que la musique joue disait en son temps Chuck Prince, il faut danser.
Le référent de l’univers financier -la monnaie- est désancré, déconnecté, il flotte comme flottent le dollar et les monnaies depuis 1971( Décrochage de l’or) et 1973 (Accords de la Jamaique)
Ceux qui croient encore que l’univers financier est une représentation de l’univers formé par l’économie réelle se trompent, ils n’ont pas suivi les progrès de la Modernité laquelle constitue une marche vers l’abstraction, vers le jeu des signes libérés du poids du réel, vers la mort de Dieu et vers la toute puissance du Verbe des hommes devenus démiurges.
La Modernité est Méphistophélique, elle nie la finitude de notre condition, elle nie la rareté, elle nie la pesanteur. elle sépare les ombres des corps , en ce sens elle est satanique. La Modernité a institué le règne des illusionnistes qui se font passer pour des magiciens.
Vu sous cet angle d’univers imaginaire libéré, produit par la monnaie , monnaie elle même produite par la dette; l’univers financier est infini, en expansion constante. Dans cet univers les arbres montent jusqu’au ciel.
Mais il ya une condition pour que les arbres continuent de monter: il faut que sans cesse ils soient arrosés par de la nouvelle monnaie, par de nouvelles promesses, par de nouvelles dettes.
On peut aller plus loin et être plus cyniques.
En effet quand produit-on plus de dettes; quand appuie-t-on sur l’accélérateur, quand force-t-on la vitesse de la printing press? Réponse Quand cela va mal, quand il y,a une crise , quand tout menace s’effondrer comme en 2000, comme en 2008; comme en 2012 ; comme en 2020 etc; bref le système accélère sa production de dettes lorsqu’il est menacé d’effondrement, ceci vous permet de comprendre par exemple pourquoi le marché financier allemand est booming alors que l’Allemagne plonge dans un ravin.
Vive les crises, elles enrichissent ceux qui détiennent des actifs financiers, des portefeuilles.
Soyons encore plus cyniques; pour qu’il y ait création de monnaie il faut que cette monnaie soit demandée, acceptée, bref il faut que cette monnaie soit considérée comme attrayante, sans risque, il faut que ce soit la monnaie du plus fort: d’ou le lien systémique avec l’Exceptionnalisme Americain .
Ceci implique l’hégémonie, la peur, la guerre, l’impérialisme.
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Ruchir Sharma
8 hours ago
L’auteur est président de Rockefeller International.
Son dernier livre est « Ce qui a mal tourné avec le capitalisme »
Après avoir qualifié dans ma dernière chronique la part démesurée des États-Unis sur les marchés financiers mondiaux de « mère de toutes les bulles », la principale réaction que j’ai reçue, même de la part des quelques personnes qui partagent mon point de vue, était qu’il n’y a aucun signe que cette bulle va se dégonfler dans un avenir proche.
Personne ou presque ne prévoit une explosion imminente des cours. Presque tous les analystes de Wall Street prédisent que les actions américaines continueront de surperformer celles du reste du monde en 2025.
Mais tout cet enthousiasme ne fait que confirmer que la bulle est à un stade très avancé.
Si le consensus sur « l’exceptionnalisme américain » est si écrasant, qui pourra prendre le train en marche et l’amplifier encore davantage ?
Les certitudes de Wall Street ont débordé sur les médias grand public, qui ne s’intéressent souvent aux tendances du marché que lorsqu’elles sont bien établies et proches de leur fin. Le battage médiatique autour de la supériorité américaine est désormais le sujet de la télévision, de la radio, des podcasts, des chroniques de journaux et des couvertures de magazines, qui ont pour habitude de pointer du doigt les tendances futures.
Les haussiers estiment que l’Amérique peut rester dominante, grâce aux bénéfices impressionnants des entreprises du pays. Mais la croissance des bénéfices américains ne serait pas aussi exceptionnelle sans les bénéfices exceptionnels de ses grandes entreprises technologiques et les dépenses publiques massives.
Au fil du temps, les bénéfices exceptionnels sont éliminés par la concurrence.
La croissance et les bénéfices bénéficient également d’un coup de pouce artificiel grâce au déficit budgétaire le plus lourd jamais enregistré à ce stade d’un cycle économique, et de loin.
La plupart des économistes estiment néanmoins que, si les bilans des ménages et des entreprises américains sont en bonne santé, le boom économique va perdurer. Les rares personnes qui s’inquiètent des projets de Donald Trump en matière de droits de douane ou d’immigration ont tendance à penser que ces projets nuiront davantage aux économies étrangères qu’à celles des États-Unis.
Mais tout héros a un défaut fatal.
Le défaut de l’Amérique est sa dépendance croissante à la dette publique.
Mes calculs suggèrent qu’il faut désormais près de 2 dollars de dette publique supplémentaire pour générer 1 dollar supplémentaire de croissance du PIB américain, soit une augmentation de 50 % par rapport à il y a seulement cinq ans.
Si n’importe quel autre pays dépensait de la même manière, les investisseurs fuiraient, mais pour l’instant, ils pensent que l’Amérique peut s’en sortir en toute impunité, en tant que première économie mondiale et émetteur de la monnaie de réserve.
Il est plus probable que d’ici l’année prochaine, les investisseurs se détourneront et exigeront des taux d’intérêt plus élevés ou une démonstration de discipline budgétaire, déclenchée peut-être par un déficit encore plus important ou par des enchères de bons du Trésor toujours plus importantes.
Ces exigences vont affranchir les États-Unis de leur dépendance aux dépenses publiques, au moins temporairement, et par conséquent nuire à la croissance économique et aux profits des entreprises.
Pour être clair, il s’agit d’une bulle dans la performance des États-Unis par rapport au reste du monde, et non d’une manie du marché américain des années 1990. Elle peut donc se dégonfler de manière bénigne si les alternatives commencent à paraître plus attrayantes.
Peut-être l’Allemagne et la France parviendront-elles à se ressaisir sur le plan économique, comme l’ont fait la Grèce et l’Espagne il y a dix ans , alors qu’elles étaient en difficulté.
Peut-être que Pékin, sous la pression des droits de douane imposés par Trump et de la faiblesse de la demande intérieure, finira par relancer la consommation pour stabiliser l’économie.
Mais, fascinés par « l’exceptionnalisme américain », les analystes ne peuvent parler que du fait que les États-Unis sont le premier marché mondial depuis un siècle. Ils oublient que pendant six des onze dernières décennies, le marché boursier du pays a été à la traîne par rapport au reste du monde, la dernière fois dans les années 2000, lorsqu’il n’a généré aucun rendement et que la valeur des marchés émergents a triplé. À la fin de cette décennie, l’attitude des marchés émergents faisait écho à la certitude que j’entends aujourd’hui à propos des États-Unis : « Où ira l’argent ? »
L’incroyable surperformance des marchés par rapport aux autres pays pourrait prendre fin si la croissance ralentit aux États-Unis, s’accélère dans d’autres grandes puissances, ou pour des raisons imprévues.
C’est souvent ainsi que les bulles se terminent : de manière inattendue.
Les deux dernières folies sur les marchés mondiaux ont été le boom des matières premières, qui a commencé à éclater en 2011 sous l’effet d’une nouvelle offre, et la bulle de croissance chinoise, qui s’est effondrée en 2021 dans un contexte de répression étatique du secteur immobilier. Plus une tendance dure, plus les investisseurs deviennent confiants et plus ils adhèrent à cette tendance sans discernement.
Dans les dernières phases d’une bulle, les prix deviennent généralement paraboliques et, au cours des six derniers mois, les cours des actions américaines ont surpassé ceux des autres pays avec une marge jamais atteinte sur une période comparable depuis au moins un quart de siècle. Dans un espace aussi raréfié, il ne faut pas grand-chose pour que les moteurs calent. Tous les signes classiques de prix, de valorisations et de sentiment extrêmes suggèrent que la fin est proche.
Il est temps de parier contre « l’exceptionnalisme américain ».
LES DEPËCHES
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