La frappe de missiles sur Rostov par les Ukrainiens

La frappe de missiles d’aujourd’hui sur Rostov.

Pepe Escobar.

Dans le grand théâtre des machinations géopolitiques, où les récits sont élaborés avec la finesse d’un chef d’orchestre, le récent déploiement de missiles Storm Shadow par l’Ukraine contre Rostov n’apparaît pas comme un crescendo mais comme une note fugace et discordante. Cet acte, plutôt que de signaler un coup de maître stratégique, dévoile le dénouement de la campagne assiégée de l’Ukraine et le déclin de l’influence de ses mécènes de l’OTAN.

L’illusion de l’intelligence tactique

Le missile de croisière longue portée Storm Shadow, fourni par les Britanniques, jouit d’une réputation redoutable. Son déploiement par l’Ukraine était censé modifier la dynamique du champ de bataille, permettant des frappes en profondeur sur le territoire russe. Cependant, la récente attaque contre Rostov, bien qu’elle ait momentanément fait la une des journaux, n’a pas permis d’obtenir un avantage stratégique substantiel. Les infrastructures ciblées ont subi des dommages, mais la résilience des structures logistiques et de commandement russes est restée inébranlable. Cela reflète les cas précédents où l’utilisation par l’Ukraine de ces armes avancées n’a donné que des résultats tangibles limités.


Un pari désespéré

Cette frappe de missiles peut être interprétée comme une manifestation de désespoir. Face aux avancées incessantes des forces russes et au soutien décroissant des alliés occidentaux lassés de la guerre, les dirigeants ukrainiens semblent avoir recours à des actes de défiance symboliques. Ces gestes, bien que convaincants sur le plan théâtral, n’ont pas l’impact substantiel nécessaire pour changer le cours du conflit. La dépendance à l’égard des armements fournis par l’Occident souligne une dépendance qui n’a pas réussi à se traduire par des succès sur le champ de bataille, ce qui a encore érodé le moral des forces ukrainiennes.

L’influence déclinante de l’OTAN

L’engagement de l’OTAN sur le théâtre ukrainien a été entaché d’erreurs de calcul et d’excès de pouvoir. La stratégie d’encerclement et de pression de l’Alliance contre la Russie a non seulement échoué, mais a également révélé des fissures au sein de ses propres rangs. La fourniture d’armes de pointe, telles que le Storm Shadow, était destinée à renforcer les capacités défensives de l’Ukraine. Au lieu de cela, elle a mis en évidence les limites d’une intervention extérieure dans un conflit profondément enraciné dans la dynamique régionale et les complexités historiques. Les résultats décroissants d’un tel soutien sont évidents, car les objectifs stratégiques de l’OTAN ne sont toujours pas atteints.

Le dénouement inévitable

L’attaque de Rostov, loin de mettre en évidence la résilience ukrainienne, sert plutôt de prélude à la conclusion inévitable de ce conflit prolongé. L’incapacité persistante à remporter des victoires décisives, malgré l’aide militaire occidentale, signale un tournant. Les options stratégiques de l’Ukraine se réduisent et l’appétit pour la poursuite de la confrontation s’amenuise parmi sa population et ses partisans internationaux. Le spectre d’un règlement négocié plane, avec des conditions probablement défavorables aux aspirations initiales de Kiev.

L’effet d’entraînement géopolitique

Au-delà du théâtre immédiat, cette évolution se répercute dans les couloirs du pouvoir mondial. Les nations qui observent le conflit perçoivent les limites du soutien militaire occidental et la résilience de la profondeur stratégique russe. Ce réajustement des perceptions influence les alliances, les partenariats économiques et le paysage géopolitique plus large. L’érosion de la toute-puissance perçue de l’OTAN encourage d’autres acteurs à faire valoir leurs intérêts, ce qui pourrait remodeler l’ordre mondial d’une manière imprévue au début du conflit.

Conclusion

Dans les annales de l’histoire, l’attaque de missiles de Rostov ne sera pas considérée comme un moment décisif de triomphe, mais comme un symbole de la futilité de la dépendance à l’égard d’un soutien extérieur sans une stratégie interne cohérente et durable. Le parcours de l’Ukraine, marqué par le courage et la résilience, s’approche d’un tournant où la recherche de la paix par des moyens diplomatiques devient non seulement une option, mais un impératif. Pour l’OTAN, cet épisode est un rappel brutal des complexités inhérentes aux conflits régionaux et des dangers d’une extension excessive.

Alors que le rideau tombe sur cet acte du drame géopolitique, le monde regarde avec impatience, anticipant les résolutions et les réalignements qui façonneront le prochain mouvement de cette symphonie complexe de pouvoir et de politique.

Pepe Escobar écrit | 18 déc. 2024

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