EDITORIAL.
Je vous passe ce texte ( voir ci dessous) mais sachez que je ne partage absolument l’analyse qui le sous tend; en revanche Je suis d’accord avec tout ce qu’il décrit comme conséquences et symptômes.
Bref je suis d’accord sur les effets mais pas sur les causes.
Je suis d ‘accord sur les apparences et le superficiel mais radicalement critique sur l’analyse aussi bien de Trump que de la situation dans laquelle se trouve le système.
Le système est en crise existentielle comme le prouve la situation médiocre de l’appareil économique d’ensemble, et les malaises dans nos sociétés.
Le capital productif est insuffisamment rentable et le système ne peut assurer un pouvoir d’achat suffisant pour tourner harmonieusement; tout cela est vrai, mais ce sont les faux remèdes apportes à cette situation qui créent les inégalités explosives.
Ces faux remèdes sont la production exponentielle de dettes, la financiarisation tous azimuts, la spéculation, la concentration du capital dans la haute technologie et l’hyper-communication, la monopolisation et la rentification encouragées par le pouvoir politique capturé et surtout le rôle central accordé au marché boursier en tant que dispositif qui oblige à l’optimisation de la profitabilité du capital.
Le marché boursier tient toutes les institutions en otage i! agit comme le régulateur suprême, tout le monde, même les masses s’agenouillent devant le veau d’or. La croyance s’est répandue que c’était lui qui créait la richesse et non plus le travail!
Le monde est devenu « stock exchange dependant ». C’est là que se produisent l’argent et le capital fictif à partir de la matière première que constitue la création monétaire devenue kleptocratique..
Les fortunes actuelles ne s’originent pas dans l’exploitation des salariés ou dans l’industrie, non les inégalités s’originent dans la financiarisation, dans la politique monétaire, dans l’alchimie financière, dans tout ce qui est fait pour faire durer un régime qui bute sur ses limites réelles.
En dernière analyse certes les contradictions/antagonismes se situent au niveau du système de production mais ces contradictions sont rejetées hors de ce système, élevées dans un imaginaire de signes, de promesses financières et c’est au niveau de cet imaginaire financier que se créent et se répartissent et s’enflent les inégalités.
L’exploitation du facteur travail est toujours la base des inégalités colossales, mais cette exploitation est devenue indirecte, enfouie, cachée à la conscience des salariés car elle est médiatisée par le truchement opaque, par l’alchimie de la monnaie, du crédit, de la dette et de la finance.
C’est parce que l’exploitation s’est déplacée, invisibilisée, c’est parce qu’elle est devenue indirecte, c’est parce qu’elle s’est enfouie dans les boites noires de la finance et de la monnaie que les classes sociales sont mystifiées, que les solidarités salariées ont disparu et que les kleptocrates peuvent jouir ensemble tranquillement du festin monétaire et financier qu’ils se servent eux mêmes sur le dos des peuples.
L’« oligarchie aristocratique » se réunit à Davos
André Damon@Andre__Damon
25 janvier 2025
WSWS
Plus de 1 000 jets privés venus du monde entier ont volé cette semaine vers la station de ski suisse de Davos, transportant les PDG des banques du monde entier, les dirigeants du secteur de l’énergie et les chefs d’État pour assister au Forum économique mondial.
Avant le sommet, l’organisation caritative de lutte contre la pauvreté Oxfam a publié son rapport annuel, notant que la richesse des milliardaires du monde avait augmenté de 2 000 milliards de dollars en une seule année, un rythme trois fois plus rapide qu’en 2023.
L’étude a révélé que la richesse de chacune des dix personnes les plus riches a augmenté en moyenne de près de 100 millions de dollars par jour en 2024.
Oxfam écrit que cette élite forme désormais ce qu’elle appelle une « oligarchie aristocratique », accumulant sa richesse principalement par héritage et la transmettant de génération en génération.
Il reliait la croissance des inégalités sociales à la monopolisation croissante de l’industrie. Il écrivait :
Alors que les monopoles resserrent leur emprise sur les industries, les milliardaires voient leur richesse grimper en flèche à des niveaux sans précédent. Le pouvoir des monopoles accroît l’extrême richesse et les inégalités dans le monde entier.
En 2014, Oxfam a lancé la tradition de publier un rapport annuel sur les inégalités en amont du Forum économique mondial. Cette année-là, l’homme le plus riche du monde, Bill Gates, avait une fortune nette de 76 milliards de dollars. Aujourd’hui, Elon Musk, l’homme le plus riche du monde, possède une fortune nette cinq fois supérieure, soit 427,5 milliards de dollars.
Dans son rapport de 2014, Oxfam avertissait : « Cette concentration massive de ressources économiques entre les mains d’un nombre réduit de personnes représente une menace importante pour les systèmes politiques et économiques inclusifs. »
Plus d’une décennie plus tard, cet avertissement ne concerne pas le futur mais le présent. En France, en Allemagne et au Royaume-Uni, les partis néofascistes ont réalisé des gains électoraux majeurs. Et aux États-Unis, Donald Trump, l’homme qui a tenté un coup d’État fasciste en 2021, a de nouveau été propulsé à la Maison Blanche par l’oligarchie américaine.
Trump, occupé à superviser ce qu’il appelle une « révolution » dans l’État américain, n’a pas assisté à l’événement en personne. Il y a plutôt assisté à distance, prononçant de brèves remarques sur un écran géant devant plus de 850 participants à la conférence. Comme l’a décrit David Ignatius du Washington Post :
L’image de Trump dominait la salle sur plusieurs écrans. Sous l’empereur de la taille d’une salle de cinéma, au centre de la scène, étaient assis cinq dirigeants d’entreprises et de politiques, qui semblaient minuscules dans leurs sièges ornés du logo du Forum économique mondial. Autrefois, on aurait pu les appeler eux-mêmes « maîtres de l’univers », mais ils n’étaient désormais que des suppliants lançant des questions faciles à l’Übermensch.
Trump s’est placé au-dessus des dirigeants des banques et du secteur de l’énergie qui l’ont accueilli à bras ouverts, l’ont flatté et l’ont loué. Mais comme tout dictateur, il ne parle pas seulement en son nom mais aussi au nom d’une classe sociale. Trump a donné voix aux instincts les plus prédateurs de l’oligarchie financière américaine. Sa vision des États-Unis est celle d’un pays dans lequel les entreprises sont libres d’exploiter à mort les travailleurs du pays, d’empoisonner l’air et de déverser des déchets toxiques dans les eaux.
« Mon administration a lancé la plus grande campagne de déréglementation de l’histoire, dépassant de loin les efforts record de mon dernier mandat », a déclaré M. Trump. Il a promis qu’« il n’y aura pas de meilleur endroit sur terre » pour « construire des usines ou développer une entreprise » qu’aux États-Unis.
Trump a déclaré que le taux d’imposition des sociétés aux États-Unis est de 21 % et « nous allons maintenant le ramener de 21 à 15 % ». Il a ajouté : « 15 % est à peu près le niveau le plus bas. Et de loin le plus bas d’un grand pays ».
Ce programme, a déclaré Trump, est « une révolution de bon sens ». En effet, c’est du « bon sens » pour les oligarques – des gens qui ne se souviennent pas de la dernière fois où ils ont pris l’avion et qui ne comprennent pas pourquoi les travailleurs peuvent formuler des exigences aussi déraisonnables que de gagner suffisamment pour manger et de ne pas travailler jusqu’à en mourir.
Mais Trump a exigé la soumission non seulement de la population américaine, mais du monde entier. Il a intimidé, menacé et cajolé. Donald Trump, le criminel condamné, la star de télé-réalité et l’escroc immobilier, a endossé le rôle de Capo di Tutti Capi , faisant aux oligarques d’Europe « une offre qu’ils ne peuvent pas refuser ».
Mon message à toutes les entreprises du monde est très simple : venez fabriquer votre produit en Amérique, et nous vous appliquerons des taxes parmi les plus basses de toutes les nations du monde. Nous les réduisons de manière très substantielle, même par rapport aux réductions d’impôts initiales de Trump. Mais si vous ne fabriquez pas votre produit en Amérique, ce qui est votre prérogative, alors, tout simplement, vous devrez payer des droits de douane.
Après cela, Trump a réitéré ses menaces d’annexer le Canada : « Je dis que vous pouvez toujours devenir un État, et si vous êtes un État, nous n’aurons pas de déficit. »
Le lendemain, le Financial Times a rendu public les détails de l’appel du 15 janvier de Trump à Mette Frederiksen, la première ministre danoise, pour exiger qu’elle cède l’île arctique du Groenland aux États-Unis. « L’intention était très claire. Ils le veulent », a déclaré au journal un responsable qui a écouté l’appel. « Les Danois sont désormais en mode crise. »
Il existe un lien profond entre les efforts de Trump pour créer une dictature de l’oligarchie financière et ses tentatives de soumettre les Amériques et l’Europe, à commencer par ses appels à l’annexion du Canada. Il y a plus de 100 ans, Vladimir Lénine, dans son ouvrage fondateur de 1916, L’Impérialisme , décrivait ce qu’il appelait « le stade le plus élevé du capitalisme ».
Les monopoles, l’oligarchie, la lutte pour la domination et non pour la liberté, l’exploitation d’un nombre croissant de nations petites ou faibles par une poignée des nations les plus riches ou les plus puissantes – tout cela a donné naissance à ces caractéristiques distinctives de l’impérialisme qui nous obligent à le définir comme un capitalisme parasitaire ou en déclin.
Comme à l’époque de Lénine, les caractéristiques les plus fondamentales et essentielles de l’ordre social impérialiste commencent à prédominer. Dans la sphère intérieure, ce sont la dictature, le monopole et la paupérisation toujours plus grande de la classe ouvrière. Dans les relations internationales, ce sont la piraterie, le colonialisme et la fusion de la politique économique et militaire dans le but de dominer le monde. Tous ces processus de putréfaction capitaliste trouvent leur expression combinée dans Trump : le Führer des oligarques.
La dictature du capital financier que Trump et ses collègues oligarques sont en train de construire se fait aux dépens de la classe ouvrière, que Trump espère réduire à un dénuement abject dans le paradis des oligarques qu’il est en train de construire.
Mais toute l’histoire moderne nous enseigne que de telles concentrations de richesses et de pouvoir sont le présage inévitable de bouleversements révolutionnaires. La classe ouvrière, qui produit toutes les richesses de la société et qui peut en un instant paralyser toute la société, aura son mot à dire sur cette question.
Bonjour M. Bertez
Vous qui entrez ici:
A ma gauche: » La classe ouvrière […..] aura son mot à dire sur cette question. »
A ma droite: » Ils ne possèderont rien et ils seront heureux. »
En garde!
Il nous reste à espérer que la Comédie humaine ne vire pas à la Divine comédie.
Cordialement
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