Qui de la BCE ou la Fed relancera en premier le QE ?
Mon opinion est que ce sera probablement la BCE.
La BCE est confrontée à une menace économique historique qui pourrait exiger un QE plus rapidement que la plupart ne le pensent.
Le « nouveau cadre monétaire » qui a évolué depuis la crise financière mondiale exige de « vastes réserves » pour la stabilité . La BCE pourrait avoir besoin du QE ou d’une « facilité » pour des raisons techniques et économiques plus tot qu’on ne le croit..
La BCE plaide indirectement en faveur de l’assouplissement quantitatif
Lors de sa dernière réunion de politique monétaire la BCE a réduit ses taux de 25 points de base à 2,75 % pour le taux de dépôt et à 2,90 % pour le taux de refinancement principal, soit les taux les plus bas depuis début 2023.
Dans son communiqué, la BCE a déclaré que « les conditions de financement restent strictes… car notre politique monétaire reste restrictive ». Christine Lagarde prétend que « notre politique monétaire reste restrictive » .
.D’autres baisses sont donc à venir.
Mais le communiqué a également réaffirmé « nous sommes déterminés à garantir que l’inflation se stabilise durablement à notre objectif à moyen terme de 2 % ». Il s’agit d’un engagement à prendre en considération compte tenu du contexte économique précaire.
En 2005, la BCE estimait que la croissance potentielle de la zone euro était de l’ordre de 2 à 2,5 % par an . Vingt ans plus tard, la situation semble bien pire. Une estimation raisonnable du taux de croissance potentielle actuel est certainement plus proche 1% .
La chute de la croissance potentielle à environ 1 % alors que l’objectif d’inflation reste plus ou moins le même suggère que les taux d’intérêt devraient être fixés à environ 1 % plus bas. Pourtant, les taux d’intérêt actuels sont fixés presque exactement au niveau moyen de 2000-2008.
En fait, le taux de croissance potentiel à long terme de la zone euro, affecté par les coûts élevés de l’énergie, les menaces géopolitiques, le viellissement des capacités industrielles et le déclin démographique, pourrait être plus proche de 0% que de 1%.
La zone euro souffre depuis longtemps d’un problème de croissance potentielle mais les circonstances qui ont suivi l’invasion ukrainienne et la chute du secteur automobile européen mondial ont radicalement plombé la situation économique déjà précaire en Europe..
Le modèle économique européen est en faillite et rien ne peremt d’envisager autre chose que le bradage monétaire pour limiter les dégâts. La voie japonaise comme je l’ai expliqué à plusieurs reprises me semble la seule praticable: des dépenses publiques massives monétisées par une politique monétaire non conventionnelle. Avec les règles budgétaires révisées offrant plus de marge de manœuvre qu’auparavant, la BCE a la possibilité d’assumer une plus grande part du fardeau des émissions.
Après avoir été un point d’ancrage budgétaire l’Allemagne s’achemine vers la banalisation, elle va se rallier aux délices des déficits et de la monétisation sous prétexte de besoins économiques, climatiques sociaux et militaires.
Une augmentation des dépenses de défense européennes est inéluctable.
Ces perspectives exercent une pression à la baisse soutenue sur le taux de change. La parité avec le dollar sera atteinte dans les 3 à 6 prochains mois. Après ce sera l’Aventure.
Les pressions budgétaires à long terme vont s’étendre à l’Allemagne au fil du temps, la dérive sera facilitée par une éventuelle arrivée de Merz..
Tout cela semble être une prévision à long terme. Mais la combinaison des tarifs douaniers probables, des coûts géopolitiques, de la démographie et d’un modèle économique dépassé et d’une perte de confiance va accélérer la japonisation de l’Europe.
l’Europe a eu recours au QE de manière significative à partir de 2015 avec le programme d’achat d’actifs élargi de la BCE, et plus récemment avec le Pandemic Emergency Purchase Programme (PEPP) en réponse à la crise du COVID-19.
Les réactions des marchés financiers à ces annonces ont souvent été positives en termes de baisse des taux d’intérêt à long terme et de soutien aux marchés boursiers.
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