Editorial. La terrible défaite des peuples.

BRUNO BERTEZ

Le 12 février 2025

Vous ne pouvez comprendre le présent que si vous avez suivi le fil de l’Histoire qui conduit au présent. La modernité politique et kleptocratique nie l’histoire, les origines, les causes et effets; elle nie l’intelligence explicative afin d ‘imposer sa dictature du présentisme.

Le pragmatisme c’est la dictature des apparences, la dictature des fausses évidences comme celle-ci;

il y a des dettes, des déficits donc il faut augmenter les impôts et réduire les pouvoirs d’achat!

Cette injonction n’est acceptable que si on a auparavant occulté l’origine des dettes.

Si on réintroduit l’origine des dettes, on voit qu’elles sont imputables aux élites qui ont:

-acheté la paix sociale, fait de la démagogie à crédit,

-sauvé leur système surendetté par encore plus de dette

-elles ont refusé de payer ce qu’elles ont donné,

– elles ont refusé la destruction de leur richesse fictive,

-elles ont refusé de hausser leurs impots,

-elles ont pratiqué des politiques monétaires, budgétaires et financières de fuite en avant.

Exemple: vous ne pouvez rien comprendre à la situation historique actuelle si vous ne repartez pas de la crise existentielle du capitalisme financier des année 2007/08. c’est cette crise et les non-solutions qui lui ont été apportées qui éclairent tout ce qui se passe maintenant.

L’évènement majeur c’est cette crise financière de 2008 ou le monde failli « sauter », sombrer. Tout le système bancaire et financier était bloqué, insolvable , surendetté. L’argent les monnaies en valaient plus rien.

L’ordre mondial était menacé.

Les élites au lieu de traiter le problème, de réduire le surendettement, de restructurer le système bancaire et financier, et de retourner à la discipline, ces élites ont choisi la fuite en avant.

Elles ont fait encore plus de toutes les pratiques qui avaient conduit à la crise, tout absolument tout!

On a dit alors qu’elles « kick the can » c’est à dire tapent dans la boite de conserve qui descend la rue. Elles ont choisi la facilité de truquer les comptabilités, produire toujours plus de dettes, toujours plus de déficits, toujours plus de liquidités, toujours plus d’argent gratuit. Choix qui équivalaient à terme à accepter deux conséquences d’abord l’enrichissement de ceux qui étaient déjà très riches et ensuite le report de la charge de la crise sur les classes salariées et les classes moyennes .

La crise non résolue du capitalisme en 2008 mais dont on a reporté la charge sur les classes moyennes a enhardi les élites, elle ont compris qu’après cette défaite du salariat elles avaient la voie libre pour aller plus loin: elles parachèvent une défaite historique des peuples.

En refusant le nettoyage de la crise de 2008, les élites ont fait payer aux peuples le coût de cette crise, elles ont créé de la monnaie et des dettes qui ont enrichi les déja-riches, elles ont produit le populisme et émietté les sociétés civiles, ; elles ont brisé la coopération mondiale remplacée par la rivalité et le chacun pour soi.

On cherche à vous faire croire que les inégalités devenues colossales sont tombées du ciel, c’est faux les inégalités actuelles ont pour origine un choix délibéré de politique monétaire, choix de gonfler les Bourses, les patrimoines et les actifs des deja riches pour réduire l’insolvabilité globale. On a enrichi les deja riches par le biais d’émission de monnaie et de dettes gratuites ou quasi gratuites. On a fait une sorte de dévaluation de la monnaie financière.

Le refus du nettoyage de 2008 a produit:

– la dislocation des consensus politiques à l’intérieur des pays et le Trumpisme

-la fin de la coopération mondiale

– la compétition stratégique,

-la guerre froide et

-maintenant la guerre chaude.

Que ce soit en France, en Allemagne , aux USA ou ailleurs la dislocation des consensus politiques, la montée des extrêmes ont pour origine la mondialisation ratée, la financiarisation, la crise de 2008, etc

En 2008 au lieu d’être ruinés, les kleptocrates ont pris le pouvoir.

Les partis de gôche, les syndicats, les médias, les intellectuels ont failli à leur mission en 2008 d’éclairer les peuples et de s’opposer aux élites. Ils ont trahi parce qu’ils étaient déjà embourgeoisés, déjà devenus « libéraux », traitres de classe. Déja ils étaient passés de l’autre coté; tout le reste en découle.

La crise non résolue du capitalisme en 2008 mais dont on a reporté la charge sur les classes moyennes a enhardi les élites dis-je , elle ont compris qu’après cette défaite du salariat elles avaient la voie libre pour aller plus loin:

elles parachèvent une défaite historique des peuples.

elles gagnent la lutte des classes.

Une terrible défaite, une défaite qui sera définitive grâce au contrôle que l’hyperclasse mondiale prend sur la Révolution technologique et communicationnelle en cours.

L’hyperclasse s’approprie les Savoirs.

5 réflexions sur “Editorial. La terrible défaite des peuples.

  1. « LA TERRIBLE DÉFAITE DES PEUPLES. »

    Bien résumé, claire, net… Mais trop gentil !

    Ce tournant historique, 2008, nous mène à l’abîme. Derrière les diversions bruyantes se trouve un silence de plus en plus lourd, assourdissant…

    L’évolution humaine et ses enjeux basculent dans une effroyable stupidité assumée, dévastatrice et dans une indifférence volontaire. Les peuples s’auto-détruisent dans un suicide collectif sans rien comprendre au film qui se déroule devant leurs yeux.

    C’est « fun » la mort, ça délivre du « mal de vivre » de la complexité moderne. La mort est devenue une jouissance salvatrice pour ceux qui perdent les pédales et jubilatoire pour ceux qui attendent consciemment ou inconsciemment leur tour comme sur les manèges d’une de ces fêtes foraines !

    Pour les plus courageux, les champs de batailles ne manquent pas, ils pensent mourir en héros pour une patrie, un dieu, une délivrance.

    La beauté s’efface en beauté. La vie se meurt. L’amour redevient animal et l’amitié bestiale. En attendant ce printemps renouveau, que les femmes pleurent sur les tombes des amants perdus et de leurs enfants inconnus.

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  2. Montée des extrêmes en tant que simple exutoire car elles sont également aussi sous contrôle.

    ça aussi c’est une défaite des peuples que de ne pouvoir choisir que parmi des partis déjà rentrés dans le rang.

    Il n’y a qu’à voir sur qui on tape le plus fort pour savoir qui est le plus opposant. En France et ça me fait mal de le dire mais c’est manifestement LFI.Le RN s’est couché et il est adoubé. Il peut prendre le pouvoir il ne fait plus peur.

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  3. Bonjour M. Bertez

    Vous corroborez ce que Warren Buffet disait il y a quelques années:

    « Oui il y a une lutte des classes et la mienne est en train de la gagner! »

    En France, il n’est toujours pas admis que le RPR avait fait voter Le Pen au premier tour pour éliminer Jospin et faire ré-élire Chirac- Sarkozy à la manoeuvre- ; de nos jours, il n’est pas admis que Mélenchon et la gôche ont tout fait pour faire réélire E. Macron, le contremaître local de la classe « Blackrock & co ».

    Les français se débrouillent très bien pour se défaire tout seuls.

    Cordialement.

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