Les promesses trahies de l’Occident à la Russie

L’OTAN, une alliance strictement défensive 

L’invasion de l’Ukraine en 2022 a enflammé la controverse. Une analyse scrupuleuse des faits montre qu’au lendemain de la réunification de l’Allemagne, Américains, Britanniques ou Allemands s’étaient bel et bien engagés à ne pas étendre l’Alliance atlantique vers l’est.

par Hélène Richard

Aperçu

Les promesses trahies de l’Occident à la Russie 

JPEG - 169.2 ko
Grayson Perry, « The American Dream » (Le rêve américain), 2020.extraordinaryobjects.co.uk © Grayson Perry/Droits réservés

Le 23 décembre 2021, deux mois avant l’invasion de l’Ukraine, le président russe Vladimir Poutine revenait lors de sa conférence de presse annuelle sur un de ses griefs les plus tenaces à l’égard de l’Occident : la promesse trahie de ne pas étendre l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (OTAN) vers les frontières russes faite à son pays à la fin de la guerre froide. « “Pas un pouce vers l’est”, nous ont-ils dit dans les années 1990. Et alors ? Ils ont triché, ils nous ont effrontément trompés. On compte cinq vagues d’élargissement à ce jour. » 

Depuis son discours prononcé lors de la conférence sur la sécurité de Munich en 2007, le reproche revient régulièrement dans la bouche du chef de l’État russe. En 2014, au lendemain de l’annexion de la Crimée, Poutine estime que la Russie a été mise « devant le fait accompli » ; trois jours avant d’envahir l’Ukraine, il dénonce encore les « phrases creuses » prononcées par ses partenaires au moment de la réunification allemande.

La ruée vers l’Est

La ruée vers l'Est

Dans les chancelleries comme dans la plupart des médias occidentaux, cette accusation russe est qualifiée d’opération de propagande.

Plusieurs angles d’attaque permettent de la disqualifier.

Le premier consiste à prêter à Poutine des propos qu’il n’a jamais tenus. « Il n’existe aucune trace écrite de cette rumeur qui a la vie dure », affirme par exemple le chroniqueur Pierre Haski (France Inter, 2 décembre 2021). Ce que le président russe n’a jamais prétendu. Au contraire, il reproche au dernier dirigeant soviétique Mikhaïl Gorbatchev d’avoir échoué à obtenir des garanties formelles sur le non-élargissement de l’OTAN vers l’est alors qu’il faisait une concession stratégique majeure en acceptant la réunification. Le traité de Moscou du 12 septembre 1990, signé par les « 2 + 4 » — les deux Allemagnes et les quatre puissances occupantes victorieuses de la seconde guerre mondiale (France, Royaume-Uni, États-Unis, Union soviétique) — stipule en effet qu’aucune troupe non allemande (…)

Taille de l’article complet : 1 049 mots.

Cette publication est en vente sur la boutique en ligne.

Vous l’avez achetée ? Connectez-vous pour accéder en ligne aux articles. 

Identifiez-vous

Pas encore achetée ? Activez votre accès en passant votre commande. 

Commander

Lycées, bibliothèques, administrations, entreprises, accédez à la base de données en ligne de tous les articles du Monde diplomatique de 1954 à nos jours. Retrouvez cette offre spécifique.

Hélène Richard

Laisser un commentaire