Si elle est menacée la Russie s’autorise des premières frappes nucléaires tactiques.
LES POSITIONS DE TODD
Emmanuel Todd, historien, anthropologue et démographe français, a partagé plusieurs déclarations et analyses récentes sur la guerre en Ukraine, principalement à travers son livre La Défaite de l’Occident (Gallimard, 2024) et diverses interventions médiatiques.
Résumé des points clés de ses dernières réflexions
Déclarations et analyses récentes :
- La guerre en Ukraine comme symptôme du déclin occidental
Todd considère le conflit ukrainien comme une illustration de la faiblesse croissante de l’Occident, en particulier des États-Unis. Dans La Défaite de l’Occident, il soutient que les États-Unis sont tombés dans un « piège » en soutenant l’Ukraine, surestimant leur capacité industrielle et militaire à soutenir un tel effort face à la Russie. Il affirme que l’appareil militaro-industriel américain est défaillant, incapable de produire suffisamment d’armes pour répondre aux besoins du conflit, une situation qu’il attribue à un déclin industriel entamé dès les années 1960. - La Russie stabilisée face à un Occident nihiliste
Selon Todd, la Russie, loin d’être affaiblie, a démontré une résilience économique et une capacité à maintenir sa stabilité interne malgré les sanctions occidentales. Il la décrit comme une « démocratie autoritaire » qui, bien que imparfaite, bénéficie d’un sentiment national fort et d’une démographie en amélioration (fécondité à 1,7 enfants par femme contre 1,2 en 2001). À l’inverse, il juge l’Occident en proie à un « nihilisme », marqué par la disparition des valeurs collectives (sentiment national, moralité sociale) liée à l’effondrement du protestantisme et à une perte de dynamisme industriel. - Prédiction d’une victoire russe et ses implications
Todd prédit une victoire russe dans le conflit, qu’il voit se prolonger potentiellement jusqu’en 2027 en raison d’une stratégie russe prudente visant à minimiser les pertes humaines. Il argue que cette issue marquerait la « défaite de l’OTAN », ce qui, paradoxalement, pourrait libérer l’Europe de la tutelle américaine. Il envisage un rapprochement entre l’Allemagne et la Russie, basé sur des complémentarités économiques (comme les projets Nord Stream) et une démographie similaire (1,5 enfant par femme dans les deux pays), qui rendrait une confrontation militaire entre eux improbable. - Critique du soutien occidental à l’Ukraine
Il qualifie le soutien des Occidentaux à l’Ukraine de « moralement douteux », estimant qu’il s’agit d’une guerre par procuration où l’Occident envoie les Ukrainiens mourir avec des armes insuffisantes. Il remet en question la légitimité des frontières ukrainiennes héritées de l’URSS, notamment en Crimée et dans le Donbass, qu’il considère comme peuplés de populations se sentant russes, rendant leur « reconquête » par Kiev problématique. - Une vision géopolitique globale
Todd inscrit la guerre en Ukraine dans une recomposition mondiale où le « reste du monde » (non occidental) se rangerait du côté de la Russie face à un Occident isolé. Il souligne l’échec des sanctions contre Moscou et la capacité de la Russie à maintenir son économie (le rouble ayant gagné 8 % face au dollar depuis 2022, selon lui). Il voit dans ce conflit le début d’un basculement de l’ordre mondial, où les États-Unis perdent leur hégémonie.
Évolution depuis ses analyses précédentes :
Comparé à ses déclarations antérieures (par exemple, en 2023 dans La Troisième Guerre mondiale a commencé, publié au Japon), Todd affine son propos dans La Défaite de l’Occident. Il insiste davantage sur l’incapacité matérielle des États-Unis et sur une issue favorable à la Russie, tout en développant l’idée d’une émancipation européenne post-conflit.
Ses dernières déclarations de Todd sur la guerre en Ukraine, dressent le portrait d’un Occident en perdition face à une Russie résiliente, avec des conséquences majeures pour l’Europe et l’ordre mondial.