4 mars – Financial Times :
« Les investisseurs commencent à imaginer un système financier sans les États-Unis en son centre, offrant à l’Europe une opportunité qu’elle ne doit tout simplement pas laisser passer.
Cet exercice de réflexion sur l’impensable se déroule malgré une cacophonie de bruit sur les marchés.
Mansoor Mohi-uddin, économiste en chef de la Bank of Singapore, s’est récemment rendu chez des clients à Dubaï et à Londres. À sa grande surprise, aucun d’entre eux ne lui a posé de questions sur des questions à court terme comme les valeurs technologiques ou les ajustements des taux d’intérêt. Au lieu de cela, dit-il, « les gens disaient : ‘Que se passe-t-il ?’ L’ère du libre-échange, des marchés libres et de la mondialisation est révolue, et personne ne sait ce qui va la remplacer. »
Ils font bien sûr référence à la nouvelle administration américaine.
Un mois après avoir repris son siège à la Maison Blanche, Donald Trump et ses collègues ont pratiquement détruit l’alliance transatlantique et ont fait peu de cas des freins, contrepoids et institutions clés sur lesquels repose le véritable exceptionnalisme américain. « C’est un changement tellement capital qui est en train de se produire. Si cela continue comme ça, les répartiteurs de capital se demanderont : « Est-ce que je veux rester alloué aux États-Unis ? », dit Mohi-uddin. »
Non seulement le monde évolue vite, fondamentalement, mais il le fait de façon chaotique et conflictuelle , ce qui crée une incertitude majeure.
Le vrai moteur de la croissance et de l’activité économique, n’en déplaise aux keynésiens c’est l’investissement, c’est à dire les dépenses en capital.
Ces dépenses ont besoin d’un carburant qui est le profit passé et ses anticipations futures et d’un climat , d’un climat de confiance. Cette confiance est fondée sur la visibilité.
Dans la mesure ou l’endettement joue un rôle central dans nos systèmes , dans la mesure ou cette endettement dépend de l’humeur des marchés depuis la déregulation, dans la mesure ou l’humeur des marchés dépend des animal spirits, on peut s’interroger: est-ce que le recours à la dette, au levier peut durer dans un environnement aussi incertain, aussi instable, aussi précaire?
Le risk-on nécessaire à la bonne marche de notre système peut-il se maintenir et prospérer?
Question subsidiaire, les gouvernements et les banques centrales alliées peuvent ils forcer les marchés, diriger les capitaux là ou ils le veulent, de façon sure, efficace? Le dirigisme peut il pallier à la disparition spontanée du gout pour le risque et le jeu qui a caractérisé les dernières décennies. ?
N’y a-t-il pas contradiction , antagonisme entre la création de l’incertitude et la montée du risque et la volonté affichée/le besoin affiché des gouvernements et des banques centrales de hausser les depenses de capital fixe tous azimuts et si cette contradiction est levée par le dirigisme n’y a-t-il pas risque de révulsion des marchés, inquiets des ponctions, effrayés par le retour a une forme de socialisme peu propice aux affaires?
Autrement dit:
Y a -t -il un risque de mise en branle d’une dynamique de désendettement? Dynamique qui serait complementaire de l’accroissement des dettes des gouvernements, de la dé-globalisation et d’une certaine tendance à la redomestication?
Si pareille dynamique s’ébauchait, elle serait critique pour la bulle du financement boursier, laquelLe est l’équivalente de la bulle du financemnt hypothécaire de 2006 et 2007.
La question se pose alors; qui assurerait la liquidité, la contrepartie sur le marché des actfs financiers une fois le rêve écroulé?
Un terrible enchainement se profilerait avec baisse des valeurs des collatéraux, chute des capacités bilantielles des institutions bancaires et shadow bancaires, révélations des fausses comptabilités et des manipulations frauduleuses.
J’anticipe mais je veux mettre le doigt sur une réalité trop souvent négligée : notre système mondial est un Tout , c’est un colossal puzzle dynamique et toutes les pièces doivent s’emboiter, s’articuler pour qu’il fonctionne, je dis bien simplement fonctionne, continue sans se gripper.
Notre système est fondé sur le déséquilibre; il est fondé sur les déficits, le recyclage, l’attrait pour le dettes, pour le jeu spéculatif. Il a besoin que chaque jour à la grande loterie du système financier, on montre des gagnants, pas des perdants.
La Chine et les banques centrales mondiales ont considérablement ralenti leurs achats de bons du Trésor au cours des dernières années, c’est un point qui n’est pas suffisamment étudié et donc pas assez pris en compte.
C’est une sorte d’éléphant rose dans la pièce.
Toute la question du recyclage, est posée et avec elle celle des liquidité en dollars recyclées dans les bons du Trésor et les marchés boursiers américains. L’ingénierie financière audacieuse et à spéculation sur l’effet de levier a créé une demande apparemment sans fin de liquidités en dollars, de bons du Trésor et d’actions américaines. Toute l’alchimie financiere moderne repose en dernière analyse sur le levier et le report dans le temps des desequilibres. Cela aura une importance considérable lors de la prochaine vague de désendettement spéculatif sérieux.
La faiblesse du dollar cette semaine laisse présager des problèmes de dollar et de liquidité.
7 mars – Wall Street Journal:
« Le plus haut diplomate chinois a réprimandé l’administration Trump et a déclaré que les efforts pour contenir l’ascension du pays étaient voués à l’échec, présentant Pékin comme une force de stabilité mondiale dans un rejet de la politique américaine sous le président Trump. « Aucun pays ne devrait se faire l’illusion qu’il peut réprimer et contenir la Chine tout en construisant de bonnes relations avec elle », a déclaré le ministre des Affaires étrangères Wang Yi… « De telles méthodes à double face sont non seulement préjudiciables à la stabilité des relations bilatérales, mais rendent également impossible l’instauration d’une confiance mutuelle. »
6 mars – Bloomberg:
« Plus que tout, l’adoption par la Chine de systèmes d’intelligence artificielle open source sera ce qui fera pencher la balance en sa faveur dans la course acharnée aux technologies avec les États-Unis. Washington et la Silicon Valley ont désormais une fenêtre limitée pour s’adapter et réagir, sous peine de voir l’IA chinoise dominer de manière écrasante les produits et applications utilisés par les industries mondiales de demain. Le choc de DeepSeek en début d’année a été le premier signal d’alarme… Mais le second est arrivé cette semaine, dans le rapport politique publié au Congrès national du peuple à Pékin, qui a été lu attentivement. »
6 mars – Bloomberg :
« Une hausse de 439 milliards de dollars des mégacapitalisations technologiques chinoises cette année a laissé leurs homologues américaines autrefois imbattables dans la poussière, une surperformance qui, selon de nombreux investisseurs, pourrait se prolonger. Un panier à pondération égale des sept poids lourds technologiques chinois, dont Alibaba Group Holding Ltd. et Tencent Holdings Ltd. — surnommés les « 7 titans » par la Société Générale SA — a gagné plus de 40 % cette année. Ce chiffre est à comparer à une baisse d’environ 10 % de l’indice des actions des Sept Magnifiques, dont la chute a également poussé l’indice Nasdaq 100 au bord d’une correction. »
5 mars – BBC :
« La Chine a prévenu les États-Unis qu’elle était prête à mener « n’importe quel type » de guerre après avoir riposté aux tarifs douaniers croissants du président Donald Trump. Les deux premières économies mondiales se rapprochent d’une guerre commerciale après que Trump a imposé de nouveaux tarifs sur tous les produits chinois. La Chine a rapidement riposté en imposant des droits de douane de 10 à 15 % sur les produits agricoles américains. « Si les États-Unis veulent la guerre, qu’il s’agisse d’une guerre tarifaire, d’une guerre commerciale ou de tout autre type de guerre, nous sommes prêts à nous battre jusqu’au bout », a déclaré l’ambassade de Chine… C’est l’un des discours les plus forts de la Chine depuis que Trump est devenu président et il intervient alors que les dirigeants se sont réunis à Pékin pour le Congrès national du peuple annuel. »
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