« Pire que le pire scénario. » « Jour de la Libération », « un jour qui restera gravé dans l’infamie».
Comité de rédaction du Financial Times : « L’étonnant acte d’automutilation de l’Amérique. »
Tels sont les titres des médias que l’on peut trouver ici et là; autant dire qu’ils ne brillent ni par leurs capacités informationnelles, ni par leur compétence analytique, ni par leur objectivité, ni par leur honnêteté vis à vis de leurs lecteurs Tout est mélangé, les faits , les invectives, les appréciations et les anathèmes!
Alors que la fonction d’informer dévient très importante car elle elle permet d’éclairer l’avenir et de s’y préparer, les intellectuels manquent à leur fonction, ils ne sont capables que de déformer, juger et maudire.
Le catalyseur de l’éclatement de la plus grande bulle géopolitique, économique, financière et monétaire, de l’histoire a été prononcé mercredi sur la pelouse de la Maison Blanche.
Un ensemble de bulles mondiales historiques interconnectées éclate, ce qui équivaut en quelque sorte à la reconnaissance de la fin du suprématisme américain tout en essayant de le restaurer.
La tentative de restaurer le suprématisme est l’aveu que celui ci bat de l’aile et qu’il n’est plus qu’un chateau de cartes; il a tenu plusieurs décennies, il était vouée à une fin désastreuse. Les échafaudages, les béquilles pour le faire tenir étaient devenus contre productifs, ils aggravaient et hâtaient la destruction. Trump les dynamitées.
Toute les questions étaient de savoir quand cela allait se produire et de savoir si la chute allait être volontaire, provoquée ou imposée par le cours des évènements. On avait dépassé les limites, on ne parvenait plus à les repousser, et il est des moments dans l’histoire ou le quantitatif devient du qualitatif !
Il est difficile d’imaginer les États-Unis et surtout le Monde Occidental plus démuni face à ce qui va se passer tant ils ont vécu dans un imaginaire de toute puissance qui leur a totalement masqué la situation crisique dans laquelle ils se trouvaient.
Ils n’ont même pas accédé à la prise de conscience de leur l’insolvabilité généralisée, de la défaite militaire en Ukraine, de la puissance technologique réelle de la Chine etc .
A force de vivre dans le déni et dans un imaginaire produit par le désir sans borne et sans cout de jouissance et le refus de l’effort, voila que l’on se trouve fort démuni quand la tempête arrive. Moment des comptes, le roi est nu.
C’est un contexte terrible pour entrer en crise.
Nos sociétés inégalitaires, divisées, sans consensus, haineuses, trompées sont en colère et profondément ingérables , déja on était au bord du dysfonctionnement total.
L’ordre mondial actuel s’effondre.
La fragmentation et l’absence de leadership risquent de représenter un grave danger.
Au lieu de choisir la voie de la concertation pour maintenant essayer de gérer ensemble la crise comme en 2008 et comme lors du Covid, les pays choisissent la rétorsion, les mensonges, et les gesticulations de surenchère. C’est criminel et imbécile tant il est vrai que cet affrontement, ce bellicisme vont précipiter le chaos et la dislocation.
Le contexte de la guerre commerciale mondiale qui se déroule est inexploré. En effet c’est la Grande Aventure, a un moment ou déjà tous les amortisseurs de crise, sont usés, épuisés.
La possibilité de spirales incontrôlable est d’autant plus grande que la crise va être le prétexte a un renforcement de la guerre entre deux conceptions du monde; celle des soi disant progressistes en réalité profondément conservateurs de l’ordre qui leur sied si bien et celle des conservateurs laissés pour compte, appauvris, rétrogradés, ringardisés qui refusent les dérives de la post modernité.
La situation réelle est une situation de lutte des classes, le Vif contre le Mort, mais qui en raison de la destruction et des mystifications des dernières décennies se présente comme une lutte de Tous contre Tous!
C’est aux USA que la lutte se donne à voir le plus clairement car le thème MAGA est ce qui se rapproche le plus de la revanche des classes travailleuses declassées par la mondialisation sous la houlette de la finance . La dernière déclaration de Bessent hier est tout à fait explicite sur ce poinst; il évoque clairement les « workers », les travailleurs.
Derrière tout ce remue ménage, il y a, enfouie, dissimulée, travestie, la lutte des classes , une lutte d’une complexité extrême , opaque, ou personne n’y reconnait les siens! Une lutte des classes sans conscience de classe! Une lutte des classe sou les identités se sont perdues.
Au fil du temps , crise financière prolongée, récession/dépression économique, voire guerre non commerciale tout cela va essaimer, muter,
Les marchés financiers vont prendre en compte une multitude de risques qui n’étaient nullement inclus dans les prix . Pour éviter le chaos il faut que la Fed et ses vassales acceptent d’honorer leurs engagements et acceptent la logique qu’elles ont elles même imposée. La Fed a externalisé le risque, elle l’a pris à sa charge, elle doit honorer sa promesse , celle de1987! Que Trump lui plaise ou non.
La crise actuelle qui vient de se déclencher ne bénéficiera hélas pas de la réponse mondiale concertée qui a permis d’apaiser les précédentes paniques alors que jamais concertation et coopération n’ont été plus nécessaires.
EN PRIME
« Le S&P 500 plonge de 6 %, son pire plongeon depuis mars 2020. »
« Le S&P 500 termine la semaine en baisse de 9,1 %, son plus fort déclin depuis mars 2020. »
« Le pire effondrement boursier depuis la Covid s’aggrave, les risques de récession s’envolant. »
« Le VIX clôture à son plus haut niveau depuis 2020, la chute des actions s’accélérant. »
« L’indicateur de peur de Wall Street atteint son plus haut niveau depuis le krach de la Covid de 2020. »
« Les obligations à haut risque subissent leur pire plongeon depuis 2020, les États-Unis étant les plus durement touchés. »
« JPMorgan et Goldman s’effondrent après leur pire débâcle de deux jours depuis la pandémie »
« Les fonds spéculatifs frappés par les appels de marge les plus importants depuis la crise de la Covid de 2020. »