Editorial: le spectre de la vraie grande crise se profile… il y a urgence à intervenir

Voilà, tout est dit en un seul graphique.

Ce graphique est la visualisation de la crise, ou plus exactement de la gravité de la crise. La crise est là, tout le monde le sait, du moins dans les cercles restreints de ceux qui comprennent quelque chose à la monnaie et à la finance.

La crise est là car la liquidité s’effondre, les institutions et spéculateurs endettés sont obligés de réduire leurs leviers, la valeur des gages, c’est à dire des collatéraux donnés en garantie est sévèrement amputée, c’est l’insolvabilité en chaine, la canalisations financières se colmatent, la fluidité disparait.

Cela, c’est la description de la crise, mais ce n’est pas très grave car il y a un remède miracle, ce remède s’appelle le paradigme, risk-on/risk-off. Il signifie que, quand il y a un run, c’est à dire une fuite devant le risque, les capitaux restent dans les marchés et vont s’investir dans les emprunts d’Etat et singulièrement les Treasuries américaines parce qu’elle sont considérées comme refuges contre le risque.

Cette bascule risk-on/riçsk-off est rééquilibrante car elle fait baisser les taux et maintient la liquidité globale, elle permet aussi d’ailleurs de l’améliorer. Dan sles inventaires, la baisse de la valeur des actions est partiellement compensée par la hausse de la valeur des obligations et des fonds d’Etat, ce qui dans le portefeuille classique 60/40 est positif.

L’existence du paradigme risk-on/risk-off est l’arme suprême dans l’arsenal des régulateurs. Elle permet d’amortir la panique et surtout elle augmente la valeur des fonds d’Etat, ce qui, avec le jeu classique de rééquilibrage du portefeuille mondial reconstitue un plancher pour la valeur des actifs. C’est le mécanisme utilisé dans les quantitative easing par exemple.

Le maintien d’une demande considérable pour les fonds d’Etat est central car il maintient la demande de monnaie, cela équivaut au maintien de la monnayabilité des actifs financiers. Tant qu’il y a demande de fonds d’Etat, c’est à dire demande de monnaie, c’est à dire demande de papier, on peut stopper les crises et lutter contre elles; mais si cette demande disparait, c’est la grande aventure. Et c’est la marche vers la vraie grande crise.

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