
Ces derniers jours, les conséquences de la politique américaine dite de « tarifs douaniers réciproques » n’ont cessé de s’intensifier : les marchés financiers mondiaux ont fluctué, les achats paniqués et la thésaurisation se sont emparés des consommateurs américains, et la communauté internationale a exprimé une ferme condamnation.
Tout cela souligne une fois de plus l’impopularité de l’unilatéralisme et du protectionnisme. Le 5 avril, le gouvernement chinois a publié sa position contre l’abus des tarifs douaniers par les États-Unis, déclarant : « L’intimidation économique qui reporte les risques sur d’autres finira par se retourner contre eux » et « le monde ne reviendra pas, et ne doit pas, retomber dans l’isolement ou la fragmentation mutuelle ». Il s’agit non seulement d’appels légitimes à l’équité plutôt qu’à l’hégémonie, mais aussi de déclarations fortes, en phase avec l’actualité et l’orientation du développement mondial.
La mondialisation économique est une voie inévitable pour le progrès humain, et la coopération ouverte est une tendance historique irréversible. Le réseau actuel d’accords commerciaux à travers le monde n’est pas dicté par un seul pays ; il s’agit plutôt d’une conséquence naturelle du développement des forces productives et de l’approfondissement de l’interdépendance entre les nations.
Le commerce est un moteur essentiel de la croissance économique et représente la forme la plus fondamentale de la mondialisation. L’expansion du commerce mondial a stimulé la croissance économique et la prospérité mondiales, tout en renforçant l’interconnexion de l’économie mondiale.
Depuis la création de l’Organisation mondiale du commerce il y a 30 ans, le volume du commerce mondial est passé d’environ 5 000 milliards de dollars en 1994 à 33 000 milliards de dollars en 2024, soit une multiplication par plus de cinq. La mondialisation économique a facilité la circulation des biens et des capitaux, fait progresser la technologie et la civilisation, approfondi les échanges entre les peuples, amélioré les moyens de subsistance et apporté un niveau de prospérité mondiale sans précédent.
En tant que première économie mondiale, les États-Unis représentent depuis longtemps plus de 25 % du PIB mondial, et le dollar américain, en tant que monnaie de réserve internationale dominante, constitue environ 60 % des réserves de change mondiales.
Forts de ces atouts, les États-Unis ont tiré d’énormes bénéfices de la mondialisation économique et du système hégémonique basé sur le dollar, faisant d’eux indéniablement le principal bénéficiaire du libre-échange et de l’ordre économique international actuel.
Pourtant, ces dernières années, les États-Unis ont refusé de reconnaître les gains tirés du libre-échange, se présentant comme les victimes d’un système commercial mondial injuste. Ils ne promeuvent plus la mondialisation économique ; au contraire, ils en sont devenus de plus en plus un perturbateur.
Comme l’ont souligné certains chercheurs, les raisons peuvent se résumer à trois points principaux :
premièrement, utiliser la guerre commerciale comme une menace pour obtenir de plus grands avantages ;
deuxièmement, détourner l’attention des problèmes intérieurs ; et
troisièmement, maintenir leur statut d’hégémonie économique tout en freinant le développement des autres pays.
Malgré les calculs minutieux de Washington, ses actions vont à l’encontre des leçons de l’histoire et de l’air du temps. Dans les années 1930, les États-Unis ont également imposé des droits de douane de plus de 50 % sur près de 2 000 catégories de biens étrangers importés, sous prétexte de « protéger les industries américaines ». Mais le résultat a été tout autre : non seulement les États-Unis ont sombré dans la Grande Dépression, mais ils ont aussi provoqué un désastre mondial.
En 2018, sous le slogan « ramener l’industrie manufacturière », les États-Unis ont imposé des droits de douane sur environ 250 milliards de dollars de produits chinois. Cette mesure s’est avérée plus tard être « l’expérience politique la plus coûteuse du XXIe siècle ». Le Peterson Institute for International Economics a estimé que les consommateurs américains paient environ 57 milliards de dollars de plus chaque année en raison des droits de douane, ce qui entraîne une augmentation significative du coût de la vie. On peut dire que le gouvernement américain, confronté à des difficultés, recourt fréquemment au protectionnisme pour tenter de résoudre ses problèmes internes par des moyens externes ; mais ces efforts relèvent toujours d’un vœu pieux qui nuit à la fois aux autres et à lui-même.
Les États-Unis ne représentent actuellement que 13 % des importations mondiales de biens, soit une baisse significative par rapport aux près de 20 % d’il y a vingt ans. Cela signifie qu’il est encore plus difficile pour les États-Unis d’inverser seuls la mondialisation économique. Une expérience de pensée menée par Simon Evenett, professeur à l’IMD Business School, montre que si les États-Unis cessent toutes leurs importations de biens, 70 de leurs partenaires commerciaux compenseraient intégralement leurs pertes de ventes aux États-Unis en un an, et 115 en cinq ans. Le Financial Times britannique a même déclaré sans ambages que l’importance des États-Unis pour le commerce mondial pouvait être surestimée. Si les États-Unis se positionnent contre la majorité des pays qui défendent le libre-échange et maintiennent un système commercial multilatéral, le résultat final ne sera pas une « démondialisation économique », mais plutôt une « désaméricanisation du monde ».
Ces dernières années, la mondialisation économique a connu des contre-courants, mais personne ne peut enrayer sa progression. Face à la vague de protectionnisme, les forces qui soutiennent et promeuvent la mondialisation économique accélèrent également leur convergence. L’approfondissement du Partenariat économique régional global, la progression de la Zone de libre-échange continentale africaine et l’élargissement des BRICS indiquent tous que les partisans et les opposants à la mondialisation économique sont en lutte acharnée, mais que les forces motrices l’emportent toujours sur la résistance.
L’aspiration commune des pays du monde entier aujourd’hui n’est pas de nier et d’abandonner complètement la mondialisation, mais d’appeler à une mondialisation économique plus universellement bénéfique et inclusive.
Dans ce contexte, il n’est ni possible ni conforme à la tendance historique de couper artificiellement les flux de capitaux, de technologies, de produits, d’industries et de personnes entre les pays, ni de refouler le vaste océan de l’économie mondiale dans des lacs et des rivières isolés.
L’économie mondiale est depuis longtemps profondément interconnectée et il est impossible de revenir à une économie fragmentée et autosuffisante, façon « Robinson Crusoé ». Toute tentative de bloquer les lois économiques par de hauts murs sera finalement balayée par la vague de la mondialisation.
À une époque où l’économie mondiale est profondément interconnectée, les opportunités de développement ne peuvent être nourries qu’en « abattant les murs » plutôt qu’en « construisant des murs », et par des « poignées de main » plutôt que des «coups de poings ». Promouvoir le développement d’une mondialisation économique plus ouverte, inclusive, universellement bénéfique et équilibrée est une responsabilité partagée de la communauté internationale