On n’échappe pas à la Nécessité: « La FED est absolument prête à aider à stabiliser les marchés si nécessaire ».-Boston Fed president Susan Collins
Q : La Fed est-elle prête à fournir des dollars si nécessaire via les lignes de swap de dollars permanentes ?
Powell : « Absolument… quand c’est nécessaire. »
Powell ne se focalise pas sur l’inflation, mais sur la stabilité des garanties et le fonctionnement ordonné du marché des valeurs du trésor
Alors que l’inflation globale est désormais retombée à son plus bas niveau depuis quatre ans, des signaux plus profonds du marché mettent en évidence une fragilité systémique.
Ce que les critiques de Powell oublient, c’est que la Fed n’est pas seulement un gestionnaire du couple inflation/emploi , mais un véritable pompier du système , chargé de préserver la liquidité du dollar américain dans un monde qui devient structurellement instable.
Regardons sous la surface :
• Le marché des obligations à haut rendement est quasiment gelé. À la mi-avril, seuls 13 milliards de dollars de dette à haut rendement avaient été émis, contre une moyenne mensuelle de 52,5 milliards de dollars. Cela représente une chute de 75 % de l’accès au capital pour les entreprises les plus endettées.
• Les spreads de swap : un signal critique de confiance des contreparties et de tensions de financement sont profondément négatifs, une indication qui suggère que les teneurs de marché se retirent du risque.
• Les traders paient désormais une prime pour se couvrir contre une baisse du dollar américain, c’est une première depuis cinq ans. Il ne s’agit pas d’un comportement habituel du marché des changes ; il s’agit d’une réaction au stress.
•Pendant ce temps, l’immobilier commercial américain (en particulier l’immobilier industriel et logistique lié aux flux commerciaux) est en difficulté, les entrepôts de Long Beach et de la côte ouest se préparant à subir l’impact de l’effondrement de plus de 90 % du trafic de conteneurs à destination des États-Unis en provenance de Chine.
Il ne s’agit pas d’une économie qui demande une hausse ou une baisse des taux, mais d’un système financier qui se fissure discrètement.
La Fed sait qu’un choc supplémentaire pourrait déclencher un événement de crédit qui se répercuterait sur toutes le dettes, de la dette des entreprises aux produits dérivés, aux retraites et aux swaps de change.
Malgré les promesses de transparence, moins que jamais la Fed ne peut dire la verité, les marchés ne s ont pas positionnés et structurés pour la verité mais pour la propagande t la Com.
Les discours sur la politiques monétaires façonnent désormais la posture monétaire.
Admettre l’instabilité du système provoquerait la panique, surtout en période d’incertitude genéralisée et d’hyperlevier .
Maintenir les taux donne l’illusion de la stabilité et de l’indépendance, tout en laissant discrètement la place à des injections coordonnées et subreptices de liquidités là et quand c’est nécessaire
Ce n’est pas sans précédent.
La seule indication de Powell c’est: nous sommes bien positionnés pour faire face a tout ce qui peut arriver.
Il ne peut pas aller plus loin car dans les périodes de transition et de muation tout est réversible.
En 1994, le resserrement surprise d’Alan Greenspan pour anticiper les anticipations d’inflation a déclenché une débâcle sur les marchés obligataires mondiaux et contribué à la crise de la tequila mexicaine.
En 2006-2007, la Fed de Bernanke a maintenu ses taux tandis que les institutions financières prenaient des risques excessifs. Elles ont pris un cpi en baisse pour de la sécurité, alors même que les marchés immobiliers commençaient à céder sous la pression du crédit.
Powell est confronté à un mélange complexe.
Il anticipe une baisse du CPI mais les signaux de l’économie pointe vers un net redressement des anticipations d’inflation!
Avec 9 000 trillions de dollars de dette américaine arrivant à échéance au cours des 12 prochains mois, dont une grande partie est de courte durée, une hausse des taux ferait exploser le risque de refinancement.
En sens inverse une baisse sur un dollar baissier pourrait déclencher une ruée sur le dollar ou contraindre les prêteurs étrangers à exiger des conditions plus avantageuses.
Conclusion : on peut appler cela de la prudence ou de la patience, moi j’appelle cela se trouver dans les cordes, dans une impasse: ce qui correspond a mes analsyes de fond qui suggerent peu a peu la fed perd ses capacites à réguler et gerer, elle se trouve enfermée dans les contradictions. Il n’y a plus de solution optimum, elle devient impuissante, elle ne peut que godiller au jour le jour.
Elle perd le controle.
Powell ne peut gagner du temps et economiser ses cartouches pour que les perspectives budgétaires américaines se réajustent, que la liquidité se stabilise et que la géopolitique se décante (tarifs douaniers, contrôle des capitaux ou escalade).
L’inaction, lest un aveu tacite que la Fed est confrontée à des mécanismes de marché défaillants, coincés entre les perspectives d’inflation et la réalité des collatéraux et autres garanties.
Elle s’efforce de maintenir le système debout .
Il n’y a rien de nouveau dans les propos de Powell.
La Fed est depuis 2008 le pompier d ‘un système incandescent.
Elle n’intervient que lorsqu’elle est obligée de le faire et elle n’était pas loin de devoir le faire il y a quelques jours.
Le put de Trump lui a provisoirement épargné le travail.
Par ailleurs on sait que les gnomes innovent et s’adaptent
Jusqu’à 2023 un QE n’intervenait qu’en prolongation de la baisse des taux.
Mais on sait depuis 2023 et la faillite de SVB et de Crédit Suisse qu’un QE peut intervenir même avec une inflation non stabilisée.
Tout est question d’urgence et de priorité.
Si on doit déclencher de l’inflation pour sauver le système on le fera quitte à adopter des mesures autoritaires pour la contrôler.
C’est non seulement possible mais presque écrit.
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