Brad W. Setser est
chercheur principal Whitney Shepardson au Council on Foreign Relations (CFR). Son expertise couvre le commerce mondial et les flux de capitaux,
Premières réflexions sur l’accord commercial entre les États-Unis et le Royaume-Uni – Tout d’abord, il s’agit d’un accord très limité.
La plupart des nouveaux droits de douane américains sont maintenus. La plupart des restrictions sur les exportations américaines vers le Royaume-Uni (qui sont modestes) demeurent.
Peu de changements…
Beaucoup de marketing, mais la réalité de cet accord est que le Royaume-Uni a plus ou moins accepté le tarif réciproque de 10 % — et a négocié quelques ajustements aux 232.
Les Britanniques ont réussi à réduire le tarif douanier 232 sur 100 000 voitures à 10 %, et le tarif douanier sur l’acier à zéro (rétablissant ainsi l’ancien contingent tarifaire) — ce qui créé un précédent important pour les négociations à venir, plus conséquentes, avec l’Europe, le Japon et la Corée (les tarifs 232 peuvent être modifiés).
Trump a présenté les droits de douane de 10 % sur les voitures de luxe britanniques comme une mesure ponctuelle ; il aime simplement personnellement les Rolls et les Jaguar. Cela ne plaira pas à l’UE et au Japon. Ils réclameront également un contingent tarifaire (au minimum). Il convient également de noter que le tarif minimum pour les voitures semble être de 10 % (réciproque) + 2,5 %.
L’accord a ouvert le marché britannique à l’éthanol américain (le type de concession agricole que l’on trouve généralement dans un véritable « accord de libre-échange », qui n’aboutit presque jamais à un commerce agricole totalement ouvert). La fiche d’information du Royaume-Uni suggère que l’éthanol est utilisé pour brasser de la bière au Royaume-Uni, qui le savait
L’accord a également ouvert le marché britannique au bœuf sans hormones produit aux États-Unis et a accordé au Royaume-Uni un petit quota de bœuf pour le marché américain (ouverture « réciproque »). La fiche d’information du Royaume-Uni indique que le Royaume-Uni n’a pas modifié ses normes agricoles et alimentaires…
Les 232 accords (réduisant les quotas sectoriels de 25 %) sont les plus importants pour les négociations futures — car le tarif de 10 % sur les automobiles et le tarif zéro sur l’acier sont des objectifs pour tous les autres pays producteurs d’automobiles et d’acier (l’UE/le Japon/la Corée du Sud ne peuvent pas accepter moins que le Royaume-Uni sur les automobiles … )
Donc, si les États-Unis s’en tiennent à une règle tarifaire de « 25 % à moins qu’il ne s’agisse d’un rolls » (ou n’offrent que des quotas tarifaires de 100 000 à 10 %) aux grandes puissances exportatrices d’automobiles (et d’ailleurs au Canada et au Mexique, qui sont également désormais confrontés à 25 % … ) , les négociations avec le reste du monde pourraient échouer.
..D’un point de vue intellectuel, l’ouverture du marché du bœuf américain conforme aux normes britanniques ( » Bobby’s beef) est la concession la plus intéressante, car historiquement, les grandes entreprises agricoles américaines ont insisté pour que tout accord commercial oblige les partenaires commerciaux américains à accepter les normes américaines.
Je pense personnellement que c’est un compromis raisonnable — si les États-Unis veulent que leurs exportations redeviennent importantes, ils doivent être prêts à produire selon certaines normes/goûts étrangers…
Mais cela a probablement été possible parce que cet accord visait à annuler des mesures exécutives et non des tarifs imposés par le Congrès, et donc l’accord n’a pas besoin de passer par le Congrès…
Et les États-Unis n’ont apparemment pas obtenu cet accord pour les poulets biologiques élevés en liberté… seulement pour le bœuf.
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