Chaude alerte sur la dette japonaise , tout le monde est concerné

Le marché obligataire japonais est en pleine implosion : le rendement des obligations d’État japonaises à 30 ans a officiellement atteint son plus haut niveau historique, à 3,15 %.

Pendant des décennies, le Japon était réputé pour ses faibles taux d’intérêt à long terme. Aujourd’hui, il est confronté à une forte inflation, à des perspectives politiques instables et à un ratio dette/PIB colossal de 260 %.

De plus, le Japon détient 1 100 milliards de dollars de dette américaine, ce qui en fait le plus grand détenteur étranger de dette américaine. Hier, le Premier ministre japonais Ishiba a qualifié la situation de « pire que celle de la Grèce ». Que va faire le Japon dans ce contexte ?

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Le marché des obligations souveraines japonaises vient d’envoyer un coup de semonce mondial Le rendement des obligations d’État japonaises à 30 ans a dépassé les 3,13 %, un mouvement historique qui marque le rendement à long terme le plus élevé que le Japon ait connu dans les temps modernes.

Il ne s’agit pas seulement d’un échec de la politique intérieure.

C’est un signal de stress structurel pour l’ensemble du marché obligataire mondial.

Voici ce que cela signifie : Pendant des décennies, le Japon a été le point d’ancrage de la dette souveraine à faible rendement et à faible volatilité. La politique de contrôle de la courbe des taux de la BOJ a supprimé les coûts d’emprunt à long terme artificiellement , avec un ratio dette/PIB stupéfiant de 260 %.

Cet échafaudage est en train de s’effondrer.

Le côté long des taux se libère parce que le côté court ne peut pas bouger.

La BOJ reste piégée : • Si elle augmente les taux pour défendre le yen ou plafonner l’inflation, elle risque de déclencher une spirale budgétaire via l’explosion des coûts du service de la dette.

Si elle maintient les taux bas, le marché obligataire impose sa propre discipline en réévaluant violemment le risque de duration.

Cette cassure sur le 30 ans n’est pas un pari sur la croissance ou l’inflation. Il s’agit d’une prise de conscience du marché qui intègre maintenant la fragilité du crédit souverain, et ce dans un pays longtemps considéré comme immunisé.

Pourquoi c’est important à l’échelle mondiale ?

Le Japon détient plus de 1 100 milliards de dollars de bons du Trésor américain. Si les institutions japonaises sont désormais contraintes de vendre des actifs étrangers pour financer leur dette intérieure à des rendements en hausse ou pour défendre le yen contre une baisse désordonnée, cela devient également le problème des États-Unis.

La demande étrangère structurelle pour le segment long américain commence à s’éroder. Il ne s’agit pas d’un événement isolé. Il s’agit de la première révolte obligataire des marchés développés dans un monde où l’endettement n’est plus soutenable sans répression des banques centrales.

Le Japon risque de devenir le test de ce qui se passera lorsque le marché attaquera un État souverain sur la viabilité budgétaire.

À surveiller ensuite :

La Banque du Japon va-t-elle réintervenir sur le segment long avec un assouplissement quantitatif furtif ?

Les assureurs et les fonds de pension japonais vont-ils commencer à se débarrasser massivement des bons du Trésor américain ?

Est-ce le début d’un cycle plus vaste de réévaluation/devalorisation des obligations souveraines ?

La dette mondiale approche-t-elle de ses limites endogènes?

Ht EG M

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