Les rendements à long terme ne sont pas à leur prix, ils sont toujours artificiellement sous-estimés d’environ 50 pbs!-Howell

La liquidation obligataire mondiale est alimentée par la hausse des primes de terme (le rendement supplémentaire exigé par les investisseurs pour détenir de la dette à long terme), alors que les déficits budgétaires post-COVID, le vieillissement démographique et la forte augmentation des émissions de dette alimentent les inquiétudes quant à la durabilité.

Si les États-Unis restent relativement résilients (avec des primes de terme en hausse de seulement 10 pbs contre 37 pbs en Allemagne et au Royaume-Uni), leurs rendements sont toujours artificiellement sous-estimés d’environ 50 pbs en raison du « QE indirect » (émissions de dette à court terme), ce qui signifie que les bons du Trésor à 10 ans devraient déjà rapporter plus de 5 %.

La dégradation des perspectives d’endettement du Japon et l’assouplissement budgétaire européen amplifient les pressions mondiales, obligeant le Trésor américain à orienter ses émissions vers des échéances plus courtes et, par conséquent, à accroître la liquidité.

La hausse des primes de terme pourrait soutenir les actifs à risque (actions, or, Bitcoin) si elle est alimentée par des injections de liquidités, mais une flambée désordonnée des rendements ou une perte de confiance dans la dette souveraine (par exemple, l’épisode Gerald Ratner au Japon ) présente des risques systémiques.

Les investisseurs devraient se préparer à des rendements plus élevés tout en surveillant les vents favorables liés à la liquidité qui profitent aux actions et aux couvertures monétaires contre l’inflation, comme l’or et le Bitcoin

EN PRIME

Le commentaire de Waller selon lequel la Fed « n’achètera pas d’obligations lors des adjudications primaires » est un exemple magistral de langage techniquement exact, mais stratégiquement trompeur.

Certes, la Fed ne soumet pas d’offres compétitives lors des adjudications de bons du Trésor. Mais il omet intentionnellement de préciser qu’elle achète régulièrement des allocations supplémentaires via les offres non compétitives de SOMA, intégrées à l’avance aux modèles de dimensionnement des adjudications de bons du Trésor.

Il ne s’agit pas de bribes de dernière minute, mais de flux pré-modélisés fonctionnant comme un mécanisme d’absorption furtif, permettant à la Fed de soutenir discrètement les émissions sans déclencher les signaux d’alarme politiques d’un assouplissement quantitatif manifeste.

La nuance ici réside dans le fait que le raisonnement de Waller vise à rassurer le public et les observateurs étrangers sur le fait que la Fed ne « monétise pas la dette », tout en permettant au Trésor d’émettre massivement des obligations face à une offre privée en baisse.

Il ne s’agit pas d’assouplissement quantitatif au sens traditionnel du terme : il n’y a pas d’expansion du bilan, mais d’une forme d’échafaudage monétaire.

Le risque ? Qu’en s’efforçant de se distancier de toute intervention, la Fed sape la confiance des marchés, alors même que la fragilité des adjudications et la volatilité des primes de terme augmentent.

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