L’humiliation est un outil de contrôle de l’homme sur l’homme

Strategika5100 

le 30 mai 2025

Dans un régime autoritaire, l’humiliation fait partie de la panoplie visant à broyer l’individu et à l’écraser. L’humiliation est à la fois un moyen et une fin en soi. C’est un acte éminemment politique dans une dictature brute ou déguisée.

Il existe des milliers de techniques pour détruire psychologiquement un individu et le réduire. Souvent, il s’agit d’un processus de déshumanisation par étapes avec pour aboutissement un avilissement de la condition humaine et une atteinte aux valeurs de l’individu.

Il est loin le temps des despotes éclairés du XVIIIè siècle qui savaient faire la part des choses. Le temps des dictateurs classiques désignés comme tel par un narratif adverse ou par l’histoire écrite par les vainqueurs est également révolue : c’était des hommes de caractère et de leur époque mais assez prédictibles et prévisibles. Certains avaient une attitude paternaliste bienveillante non feinte et œuvraient pour le bien-être de leur pays et de leurs populations.

Ceci est du passé.

Nous sommes actuellement confrontés à des cliques ou des coteries disposant d’un pouvoir absolu mais diffus, désignant toujours un simulacre de représentant (président, premier ministre, un Chef de l’exécutif voir un phénomène de téléréalité ou d’effets d’annonce pour le buzz sur les réseaux sociaux sinon un simple cadre à accrocher sur un mur) dont la paranoïa et l’intolérance dépasse celle de la racaille ou valetaille hurlant à l’autodafé ou au supplice d’un clerc. Et dans le pousse-au-crime, l’intolérance et la haine, certaines femmes sont plus extrémistes que le plus fanatique des hommes. Sur ce point précis, François Marie Arouet, dit Voltaire (1694-1778), avait parfaitement raison.

Détrompez-vous : les grands méchants ne sont pas toujours ceux que l’on croit. Ils sont souvent cachés sous des slogans appelant à l’inverse de ce qu’ils professent en public. Certains pays se plaignant de la traite des esclaves sont poussés par une idéologie racialiste réductrice tout aussi sectaire que le racisme; tel pays ayant voulu paraître pendant un moment comme le champion de l’anti-impérialisme et de l’anticolonialisme, n’avait fait que transposer le système colonial en remplaçant un colon par un autre en gardant le système des deux collèges sous un déguisement pseudo-égalitaire ayant abouti à la prise du pouvoir par la racaille; d’autres monarchies n’ont fait que maquiller un féodalisme archaïque en l’adaptant aux tendances du monde postmoderne tout comme les pays prônant la liberté et l’égalité sont en fait aux antipodes de ces « valeurs ».

L’humiliation n’a d’impact que sur un individu disposant d’un égo.

C’est également un rappel à l’humilité. L’humain importe peu. Il a toujours été peu de choix et d’un point de vue purement mathématique, il n’existe pas [en se basant sur moyenne de durée de vie de 80 ans ou cycles de la terre autour du soleil, la vie d’un individu tend vers le 0 sur une fuite du temps vers l’infini].

Thomas Hobbes avait raison : les humains sont par nature des êtres méchants. Il existe des exceptions qui confirment la règle. Ils sont vite broyés par leurs congénères bipèdes aussi nuisibles qu’une anophèle en quête de sang chaud.

Être un détenu d’opinion réduite à un statut plus bas que l’esclavage pour ses idées devrait être une consécration. Nous savions tous que cela devait fatalement arriver un jour ou l’autre quand on vit dans le mensonge permanent et que l’on célèbre des mythes construits de toutes pièces établies en nouvelles idoles.

Ils pourront nous humilier et nous mepriser autant qu’ils voudront. Ils ne tueront jamais cet esprit critique dont la flamme éclaire la plus épaisse obscurité du fin fond du puits dans lequel ils nous ont jeté.

C’est un dilemme que l’on doit subir. Être pris entre la haine primale, égoïste et vulgaire de la plèbe et la botte impitoyable du puissant fait partie de la condition humaine chez tout homme un somme petit peu honnête ou partiellement éveillé.

A bove ante, ab asinus retro, a stulto undique caveto*.

Un XIV


*Prends garde au bœuf par devant, à l’âne par derrière et à l’imbécile par tous les côtés.

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